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Révision : 31 mars 2015
Printemps 2015
 
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En Europe, cela fait dix ans que la crise profonde vécue par les différents maillons de la chaîne graphique remet en cause les perspectives, habitudes, marchés et produits proposés. J’ai l’impression que nous sommes peut-être en train de sortir de cet hiver.

Quelques faits et évènements vont essayer d’étayer cette impression.

 

Jacques de Rotalier (Avril 2015)

Un nouveau type de raffinerie

   
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  Jacques de Rotalier
Jacques de Rotalier
     

Le 5 mars dernier, à Lappeenranta (Finlande), le Président de la République de Finlande Sauli Niinistö, son épouse, le Roi Carl Gustav XVI et la Reine Silvia de Suède ont visité la première bioraffinerie produisant du carburant à partir de déchets du bois, dont l'activité a démarré en janvier 2015.

Le groupe UPM est l’initiateur et le réalisateur du projet. Pour 175 millions d’euros, cette bioraffinerie produira 120 millions de litres par an d’un biodiesel, UPM BioVerno, qui réduit les émissions de gaz à effet de serre de 80 % par rapport au diesel traditionnel. Mise en œuvre dans les temps impartis, l'usine devrait avoir des petites sœurs dans toute l’Europe car ce type de projet s'inscrit tout à fait dans la stratégie verte et industrielle de l’Union européenne.

De fait, un projet similaire a été largement documenté et préparé près de Strasbourg sur le site de Stracel, l'ancienne usine graphique d’UPM reconvertie (avec succès) en usine pour papier d’emballage. Ce site a fait partie de la compétition pour être le premier à accueillir la bioraffinerie mais assez logiquement, le groupe finlandais a privilégié son territoire. Au cœur d’un beau massif forestier, adossé à une usine papetière, au centre de l’Europe, il y a là un projet moderne qui ne demande qu’à exister. En le réalisant, nos deux premiers déficits commerciaux – déficit énergétique et déficit de la filière bois – seraient réduits.

Imprimer à la demande

Le Président français François Hollande et son Premier Ministre Manuel Valls ont visité (séparément) le Salon du Livre (Paris, 20-23 mars 2015). Ils ont marqué un arrêt prolongé au stand des Presses Universitaires de France (PUF), un éditeur de taille moyenne célèbre pour sa collection "Que sais-je ?". Qu’allaient-ils donc y voir ? Les vedettes du Salon (paraît-il) : le programme Ireneo et l’Espresso Book Machine, imprimante de faible encombrement (6 à 8 m2), permettent d’imprimer à la demande, en moins de 10 minutes, un livre aux caractéristiques variées (couverture, papier, etc.).

 
[Fablab Ireneo]
     

Ce programme Ireneo de l'Institut de Développement et d'Expertise du Plurimédia (IDEP) a noué un partenariat avec les Presses universitaires de France. Cet éditeur est à la tête d’un fonds exceptionnel de 4000 titres en philosophie, sociologie et psychologie : Freud, Bachelard, Bergson, Deleuze sont quelques-uns de ses grands auteurs. Toutefois, les ventes diminuent peu à peu et les livres risquent de disparaître : 8 à 10 % du fonds PUF sont dans ce cas, chaque année. Grâce à l’Espresso Book Machine et une autre solution d'impression à la demande, Orséry, présentée sur le stand de La Martinière, cette disparition pourra être évitée. Mieux : contrairement à la situation actuelle, on saura qu’un livre produit est un livre vendu.

Le modèle économique n’est pas encore clair. La logique voudrait que ce type d'équipement soit placé au plus près de l’acheteur donc chez le libraire. Or, avec un prix de 80 000 à 100 000 euros, seuls quelques grands libraires pourraient se l’offrir. D’autres solutions collectives sont donc à imaginer dans la chaîne graphique et dans d’autres lieux de culture comme les universités et les grandes bibliothèques publiques, par exemple. Quand on sait que l’actionnaire majoritaire des PUF est SCOR dont le Pdg est Denis Kessler, on peut penser qu’il ne va pas en rester là ! Cela devrait secouer, comme on dit ! En combinant la faculté d’imprimer à la demande avec les possibilités offertes par l’impression numérique pour les courts tirages, le champ d’expansion de l’auto-édition s’ouvre de manière énorme tandis que le pilon, fléau de l’édition d’hier, devrait considérablement se réduire.

Il y a des moments où je dis "Vive le numérique !"

De la recherche aux actes

Cette lettre d’information se fait souvent l’écho de ce qui se passe à Grenoble. Deux centres de recherche de la filière, le Laboratoire Génie des Procédés Papetiers (LGP2) (à Grenoble INP-Pagora) et le Centre Technique du Papier (CTP), participent activement au foisonnement d’idées, de projets et de start-up avec des laboratoires voisins aussi prestigieux que le CEA, le Cermav et le CNRS.

Il ne se passe pas de trimestre sans que soit annoncé un évènement soulignant l'innovation de notre filière. Pour ne pas faire de jaloux, je vais vous parler des deux centres.

Le prix du "Meilleur démonstrateur issu d’un projet collaboratif" a été remis par l'Organic Electronic Association (OE-A) à l'A3ple, un projet que le CTP a coordonné et dont l'objet est de créer une étiquette sécurité. Sur ce démonstrateur, le capteur de gaz, les résistances, les capteurs, les afficheurs et toutes les lignes conductrices sont entièrement imprimés sur du papier. Cette étiquette est un dispositif à usage unique qui délivre un message visuel (on/off) en présence de gaz dangereux. Grâce aux méthodes d'impression traditionnellement utilisées dans l’industrie graphique, le coût de fabrication des futurs produits est très compétitif. Leurs recyclabilité et biodégradabilité ont également été démontrées. Les résultats de ce projet pourront être transférés à d'autres fonctionnalités afin de créer de nouveaux produits à la demande avec des circuits électroniques imprimés sur papier. Une affaire à suivre !

Concernant le LGP2, il s’agit du démarrage d’une start-up, InoFib, qui produit des microfibrilles de cellulose à l'échelle industrielle. Voici ce qu’en dit son créateur, Karim Missoum : "Nous avons déjà des contacts avec plusieurs industriels, dont un spécialiste de l’emballage qui entend utiliser cette technique pour remplacer les couches d’aluminium et de polyéthylène contenus dans les packs cartonnés utilisés pour le lait par exemple". D’autres applications sont également envisagées dans divers domaines : "Nos microfibrilles peuvent être intégrées dans des vernis, type vernis à ongles, ou même dans des yaourts comme agents texturants complètement naturels". Déjà lauréat du concours Oséo 2013 dans la catégorie Émergence, InoFib est de nouveau lauréat du même concours dans la catégorie Création-Développement. Sa production pourrait sortir sur le marché d’ici quelques mois.

Ceci dit, nul besoin d’être à Grenoble dans un milieu innovant pour être créatif. Près de Valence, en 2006, un concepteur de machines spéciales entré dans une famille d’imprimeurs, Impressions Modernes, a créé une plateforme Web, Tag&Play, afin de développer des contenus numériques sur les supports imprimés par l’entreprise (livres, affiches, etc.). QR Codes, RFID et NFC ont été progressivement intégrés dans les process. En parallèle, une machine originale de fabrication de tags NFC et une ligne de personnalisation RFID permettent une offre technique et commerciale de haut niveau technologique qui fidélise les clients sur une durée bien plus longue que les documents imprimés standards. Cette activité représente 15 à 20 % du chiffre d'affaires de l’entreprise et a vocation à passer à 40 % du total. Le numérique et l’imprimé ont donc bien besoin l’un de l’autre.

J’ai rencontré les représentants de cette société lors de l'intelligent colloque "Excellence et diversification, clés d’une filière graphique transformée" (Paris, 26 mars 2015). Dans un guide publié pour l’occasion – "Imprimerie : les modèles gagnants, la stratégie de trente imprimeries passée au crible" –, trente imprimeurs ont témoigné sur leurs parcours variés, parfois faits de hauts et de bas mais au final gagnants. Le Groupement des métiers de l'Imprimerie (GMI), la Fédération des Scop de la Communication et l’IDEP ont demandé à Philippe Frémeaux, administrateur de la Scop Alternatives Économiques, de rencontrer ces trente témoins de la vitalité de la profession. Ce sont trente manières de faire vivre l’imprimé avec rigueur, créativité et dynamisme.

Printemps de la solidarité

Nous avons vécu un hiver douloureux, spécialement début janvier. L’association Xplor France, qui regroupe des acteurs du document numérique et imprimé, a eu la bonne idée d’inviter à sa brillante soirée des Trophées 2015, Michel Catalano et sa femme de l'imprimerie CTD, à Dammartin-en-Goële. Ils se remettent peu à peu du terrible choc qu’ont représenté l’intrusion des terroristes dans leur entreprise et les énormes dégâts subis. Leur simplicité, leur dignité et leur courage ont été chaleureusement salués et font honneur à toute la profession.

Bon printemps à tous...

Contact

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation, en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers impression-écriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique et comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente,...).

 
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