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Révision : 15 décembre 2014
2015 en vue
 
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Je m’étonne encore d’entendre parler du numérique comme d’une industrie parfaite voire vertueuse... Avez-vous vu récemment les reportages évoquant la guerre qui sévit en République Démocratique du Congo pour la conquête des mines de coltan, métal indispensable à la fabrication de nos milliards d’écrans ? Les atrocités perpétrées valent parfois celles largement rapportées au Moyen Orient.

Jacques de Rotalier (Décembre 2014)

Un lourd bilan

   
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  Jacques de Rotalier
Jacques de Rotalier
     

Sur le plan écologique
Avez-vous vu les reportages sur les régions entières de Chine ou d’Afrique polluées par les dépôts de déchets électroniques ? La consommation électrique de l’écosystème numérique (data centers, transfert et sécurisation des données, usages personnels) représente déjà 10% de la consommation mondiale. Elle pourrait passer rapidement à 15%, annulant ainsi largement les progrès réalisés avec les appareils électriques traditionnels.

Sur le plan social
Si les ouvriers chinois qui fabriquent les PC, smartphones et autres tablettes deviennent trop gourmands, Apple, par exemple, change de fournisseur quasiment sans préavis. Quant aux conditions de travail chez Amazon, n’en parlons pas...

Sur le plan de la citoyenneté
Profitant de leur agilité, les géants du numérique ont acquis de nombreux savoir-faire dont celui, bien particulier, de l’optimisation fiscale qui leur permet de payer le minimum d’impôts possible.

Le bilan est suffisamment lourd pour devoir s’améliorer à l’avenir sous la double pression de l’opinion publique et d’un marché très porteur pour un certain temps encore. Face à ce constat, on voit mal comment certains peuvent encore arguer que remplacer de l’imprimé par du numérique est écologique : l’imprimé n’est pas parfait bien sûr, mais au moins il est fait avec des matériaux renouvelables et recyclables ! En outre, l’industrie papetière est pionnière de l’économie circulaire en Europe. Enfin, à ma connaissance, la filière graphique mondiale paie correctement ses salariés... et ses impôts !

Une pierre de plus pour consolider la filière

Serge Bardy a bien œuvré pour faire connaître son rapport et préparer sa suite. Une Marianne d’Or lui a d’ailleurs été remise au Salon des Maires et Collectivités Locales, reconnaissance d’un travail profond et sérieux. Selon lui, 20% de ses recommandations sont d'ores et déjà en cours de mise au point. Cependant, pour que ce rapport – qui a permis aux acteurs de la filière graphique de s’impliquer et de s’expliquer – ne soit pas vain, il faut reconnaître que filière, même imparfaite, il y a, et surtout que si elle ne prend pas à bras le corps les nombreux défis à venir, elle va disparaître des radars médiatiques, économiques et politiques. Le scepticisme bien français n’est plus de mise : nous avons des atouts, il n’y a que nous qui puissions les jouer...

Qui a dit que les jeunes ne lisent pas ?

En tout cas, pas les éditeurs de littérature jeunesse : ce segment représente 25% du marché du livre et a gagné 7% cette année. 115 millions de livres imprimés à destination des jeunes ! Il n’y a pas de raison de baisser les bras, le livre papier a de l’avenir si une partie de la jeunesse l’aime encore.

Un trimestre sous le signe de la créativité

La campagne Culture Papier Laissons le papier nous faire du bien en a surpris plus d’un. C’était bien son but avec son choix d’adopter une posture positive, de faire appel à l’émotion et de lier papier et rapport au monde sensible. Cette campagne essaie de mobiliser sur l’idée que Le papier est l’allié idéal pour des moments sereins et des actes réfléchis. Ce n’est pas forcément dans l’air du temps mais justement, avec ce décalage, le message n’en est que plus fort. Le paradoxe est que ce sont d’abord les réseaux sociaux qui s'en sont emparés ! Aux médias traditionnels de prendre le relais.

Autre moment de créativité dans la filière : le salon La Presse au futur, les 26 et 27 novembre dernier à Paris. Sa fréquentation a augmenté de plus de 15%, et a permis, à travers de nombreuses conférences plénières et ateliers, des rendez-vous utiles à tous pour préparer, connaître et acheter des solutions adaptées au monde hybride de demain. Une brillante soirée au siège de l’Unesco a couronné ce salon. Il s’agissait de remettre 10 Trophées de l'Innovation Presse 2014. Le jury n’a pas chômé et l’intérêt des propositions qui lui ont été soumises montre que les complémentarités numérique et imprimé sont de vrais facteurs d’accélération de la créativité dans la presse comme ailleurs (publicité, marketing direct, édition de livres, etc.). De plus, Patrick Thuot et son équipe ont récompensé par un Trophée d’honneur un grand acteur de ce que j’appelle "la ténacité créative", à savoir Claude Perdriel qui, depuis 1964, œuvre à renouveler la presse française face aux défis successifs qu’elle a dû surmonter.

Conclusion

Je propose que nous travaillions tous à construire les complémentarités non seulement utiles mais aussi créatrices du monde de demain entre l’imprimé et le numérique. On voit combien que cette fertilisation croisée, comme on disait il y a quelques années, peut être fructueuse.

Bonnes fêtes à tous.

Contact

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation, en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers impression-écriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique et comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente,...).

 
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