Accueil Recherche | Plan Technique | Liens | Actualités | Formation | Emploi | Forums | Base
NOUVELLE Cerig 
Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Nouvelles > Bruxelles - Marseille
Révision : 17 décembre 2013
Bruxelles - Marseille
 
Nouvelle précédente Liste des nouvelles Nouvelle suivante

Fin 2011, ma lettre L’Europe, aujourd’hui, demain, après-demain ? faisait part du défi lancé par la Commission Européenne aux industriels : réduire leurs émissions de CO2 de 80% d’ici 2050. Les papetiers européens, représentés à Bruxelles par la Confederation of European Paper Industries (CEPI), avaient été le premier secteur industriel à présenter un plan proposant de relever ce challenge. Il signalait que, dans une première étape (15 à 20 ans), il était possible d'arriver à une baisse de 40 à 50%. Cependant, parvenir à 80% de réduction nécessitait de trouver de nouveaux modes de production voire de pensée.

Autrement dit, une ou des ruptures dans la manière de penser et d’agir étaient probablement indispensables.

Jacques de Rotalier (Décembre 2013-Janvier 2014)

Bruxelles : CEPI

   
Partagez sur Facebook

Rejoignez-nous

En savoir plus...
  Jacques de Rotalier
Jacques de Rotalier
     

Du coup, l’an dernier, la CEPI a lancé le Two Team Project demandant aux chercheurs et innovateurs de bâtir des propositions de technologies de rupture (ou ruptures technologiques) permettant d’atteindre ces objectifs.

Huit projets ont été présentés en novembre 2013 : idées neuves ou idées reprises à d’autres industries pouvaient concourir. Le projet gagnant consiste à transformer de la biomasse en éléments constitutifs de pâte à papier, le tout à température ordinaire (pardon pour la simplification !)... Bien entendu pour une industrie énergivore, c’est tout à fait révolutionnaire.

Certains projets couvrent les méthodes de travail voire la méthode de fabrication, la même depuis trois millénaires ! Le commissaire européen chargé de l’Environnement Janez Potočnik et la commissaire chargée de l'Action pour le climat Connie Hedegaard ont salué ce travail de défrichage qui s’inscrit bien dans une continuité persévérante.

On ne le dit et on ne le sait pas assez : le travail fait par la majorité des industriels européens, souvent stimulés par les instances communautaires, pour essayer de garder leur leadership dans les domaines d’impacts environnementaux mériterait d’être mieux connu et soutenu par les opinions publiques.

Marseille : Culture Papier

À l’occasion du 3e Colloque annuel de Culture Papier, j’ai eu la possibilité de passer quelques jours dans la cité phocéenne, Capitale européenne de la culture, en plein renouveau culturel et redynamisation économique et scientifique.

Au Musée des civilisation de l'Europe et de la Méditerranée (MuCEM), l'exposition Le Noir et le Bleu. Un rêve méditerranéen... (7 juin 2013-6 janvier 2014) associe peintures, photos, sculptures, manuscrits, livres rares, revues affiches, supports audiovisuels et installations contemporaines.

 
Visite virtuelle : "Le noir et le bleu" au MuCEM de Marseille
[YouTube]
     

Elle questionne en douze moments clés l’ombre et la lumière, la souffrance et l’espoir d’une Méditerranée vue de tous bords, au-delà des clivages Orient-Occident. Inutile de vous dire la place fondamentale de l’écrit, de l’imprimé et du papier dans cette exposition, sauf dans l’évocation des 20 ou 30 dernières années où la place primordiale accordée à l’audiovisuel donne l’impression que ce passé récent glisse, passe et devient furtif. J’émets donc une hypothèse (qui n’étonnera personne !) : tant que ces évènements n’auront pas été analysés dans des livres, numériques ou imprimés, il manquera la prise suffisante pour bien les comprendre. En témoigne l'expérience de Gilles Kepel citée plus loin.

 
   

Le Colloque de Culture Papier, sur le thème Le papier, support des cultures savantes et populaires, a réuni le 6 décembre dernier une centaine de professionnels de la filière graphique au Château de la Buzine – Le Château de ma Mère de Marcel Pagnol – à Marseille. Après l’introduction de Laurent de Gaulle, trois tables rondes et une intervention de Jacques Krabal ont bien rempli la journée.

Laurent de Gaulle, président de l'association, a resitué l’action (le combat ?) de Culture Papier dans le contexte de la préservation de la nature et du développement de la culture, des enjeux mondiaux pour lesquels le papier et l’imprimé ont encore des mots forts à exprimer. Des mots comme partage, échange, sobriété, simplicité sont tout à fait adaptés à cette matière naturelle qui a été et demeure un support important du développement de la démocratie, de la culture et de la communication.

La première table ronde a d’abord donné la parole à deux éditrices : Françoise Nyssen, présidente du directoire d’Actes Sud, et Martine Lemalet, directrice générale des Éditions Le Manuscrit. L'une et l’autre ont plaidé avec talent et fougue pour une complémentarité des usages du numérique et du papier. Elles ont aussi beaucoup insisté sur le rôle crucial des libraires dont les conseils, les choix et la mise à disposition des livres peuvent continuer à assurer une chaîne humaine entre les écrivains et les lecteurs.

François Prévost, élu local de Forcalquier, a montré ce que sa communauté de communes met à disposition des acteurs du livre et de l'écriture dans son Pôle d’Excellence Rurale : maison des métiers du livre, résidence d’écrivains, pôle de lecture publique, etc.

Quant à Véronique Drai-Zerbib, chercheur au Laboratoire des Usages en Technologies d'Information Numériques (LUTIN) de la Cité des Sciences et de l'Industrie, elle a fait part des derniers travaux sur la perception cognitive comparée entre différents supports. Le papier et l’imprimé restent des valeurs sûres d’une perception claire, forte et ordonnée des messages imprimés.

La deuxième table ronde avec les universitaires Ahmed Youssef, Nabil El-Haggar et Tourya Guaaybess, a montré la prégnance incontournable de l’écrit dans les civilisations du pourtour méditerranéen. Le politologue Gilles Kepel, grand témoin de ce débat, a fait part de son expérience récente qui l’a conduit à visiter plusieurs fois les pays concernés par les révolutions en cours. Il a pris beaucoup de notes, rencontré beaucoup de témoins et, grâce au numérique, passé beaucoup de temps sur Internet. Toutefois, au bout du compte, il a fallu mettre ces expériences en perspective : pour cela, le livre est un outil indispensable, d'abord pour l’auteur, puis pour ses lecteurs (Passion arabe, Gallimard, Paris, 2013).

La troisième table ronde a permis à Bettina Laville, avocate et professeure associée en développement durable, de souligner combien le papier, œuvre industrielle, est aussi un support essentiel de culture et de communication. Eric Bazin, journaliste, a rappelé que, dans le cadre des Ateliers de la Terre, les coopérations avec ses partenaires fabricants lui ont permis de progresser et de les faire progresser vers l'amélioration des impacts écologiques. Benjamin Mattely du Service Environnement de l'UNIC, et Guillaume Sainteny, maître de conférences en développement durable à l'École Polytechnique, ont ensuite ouvert la voie à François-Michel Lambert, président de l’Institut de l’économie circulaire, pour rappeler que le papier et l’imprimé ne peuvent que s’inscrire encore plus dans ce nouveau type d’économie qui s’efforce de moins emprunter à la planète...

Pour résumer le tout, le député Jacques Krabal, président du groupe d’études Papier et Imprimés de l'Assemblée Nationale, a confirmé son engagement total auprès de Culture Papier. La rédaction d’un Livre blanc consacré au secteur graphique permettra de mieux en mesurer les enjeux économiques, culturels, sociaux et environnementaux. Sa rédaction est en cours. Il sera présenté au Premier Ministre au cours du premier semestre 2014. Bien entendu, vous serez tenus informés du travail en cours, de ses conclusions et surtout de sa diffusion. En effet, il ne faudrait pas qu’il reste "lettre morte", comme on disait autrefois !

Bonnes fêtes à tous !

Contact

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation, en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers impression-écriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique et comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente,...).

 
Nouvelle précédente Liste des nouvelles Nouvelle suivante
Nouvelle précédente Liste des nouvelles Nouvelle suivante
   Accueil | Technique | Liens | Actualités | Formation | Emploi | Forums | Base   
 
Copyright © Cerig/Grenoble INP-Pagora
 
Mise en page : A. Pandolfi