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Révision : 03 février 2012
Crise et opportunités
 
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Alors que deux nouveaux séismes viennent d’atteindre la filière graphique, à savoir les faillites de Manroland et de Kodak, les professionnels français du papier carton (Copacel) ont présenté leur bilan de l’année 2011. Leur constat est lucide, sans concession. 2011 a été décevante : après un premier semestre encourageant, le deuxième semestre papetier a connu la même rechute que l’économie générale. Les établissements papetiers français représentent 10 % des établissements industriels français (même proportion qu’en Europe). Ils vivent les mêmes difficultés que l’industrie en général : la désindustrialisation a ainsi amené l’arrêt de huit établissements, quatre supplémentaires sont menacés. Cette industrie a pourtant plein d’atouts : forêts bien gérées et collecte de papiers recyclés en augmentation permettent l’abondance de fibres vierges et recyclées sur place. Le savoir-faire technique des usines est reconnu par tous les pays voisins. Les centres de recherche sont de niveau mondial. Le pays est un bon carrefour géographique en Europe. Tous ces atouts doivent être repris en main et la participation de l’industrie papetière à la Conférence Nationale de l’Industrie devrait aider à renforcer la compétitivité et la vision future du secteur.
Il y a grande urgence !

Jacques de Rotalier (Janvier-Février 2012)

2000-2011 : évolution de la consommation papetière

   
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  Jacques de Rotalier
Jacques de Rotalier
     

La profession tient ses statistiques à jour de manière constante et cohérente depuis plusieurs décennies. Je vous propose de faire un petit retour sur la décade passée.

En France

Globalement, la consommation totale de papiers cartons est restée quasiment stable entre les années 2000 et 2007 mais depuis 2008, il y a décroissance. Décroissance assez forte dans les papiers graphiques (journaux, magazines, publicité, bureautique, éditique). Décroissance faible dans l’emballage (papiers cartons). Croissance raisonnable dans tout ce qui concerne l’hygiène. C’est le seul secteur qui a vu l’installation de machines sur notre territoire, ces dernières années. Et... perspectives intéressantes dans les usages nouveaux : industriels, environnementaux, chimie verte, électronique imprimée,...

En Europe de l’Ouest

J’ai fait un petit sondage sur deux secteurs que les lecteurs de cette lettre connaissent bien (chiffres 2005/2011).

Les papiers couchés sans bois (papiers glacés) destinés à la publicité de qualité ont baissé de 20 % (meilleur ciblage, moindre gaspillage..). Les papiers non couchés sans bois destinés à la bureautique et à l’éditique ont baissé de 12 %. La suppression des feuilles de sécurité sociale, d’impôts, la mise en place sur le Web des portails administratifs et d’entreprises amènent un progrès réel à la circulation des documents... mais diminuent l’usage du papier, bien sûr.

Et dire qu’il y a encore des grands groupes de presse français qui écrivent que la consommation papetière continue d’augmenter fortement et insistent sur le gaspillage qui en résulte. Le gaspillage diminue, les chiffres ci-dessus le montrent. Il faut bien entendu continuer les efforts en cours liés à de meilleurs ciblages permis par le numérique, ainsi qu’à une meilleure collecte (malheureusement le papier recyclé récolté est insuffisamment transformé en France).

Et pendant ce temps, le gaspillage numérique continue d’exploser. Il serait très important et très urgent d’en prendre conscience !

Comment sortir de l’épuisement numérique ?

J’ai participé récemment à un débat organisé dans une grande librairie parisienne. Thierry Crouzet, grand blogueur devant l’Eternel (auteur de "Le cinquième pouvoir") y présentait son livre "J’ai débranché", édité chez Fayard. Il y explique comment il a failli crever tellement il était accro à Internet et il a décidé de se déconnecter complètement pendant six mois. Du coup, il a redécouvert sa femme, sa famille, la nature, la vie simple et le silence. Et où explique-t-il cela ? Dans un livre dont l’écriture l’a aidé à se retrouver, en pleine profondeur et richesse. Dans une (et des) librairie(s), pleine(s) de livres dont il redécouvre la puissance évocatrice. Avec ses copains blogueurs qui commencent à se rendre compte qu'Internet, c’est bien, mais qu’il y a bien d’autres choses dans la vraie vie.

Cette petite histoire authentique me fait dire que si les jeunes accros à Internet prennent du recul, ils redécouvriront que l’imprimé a aussi des vertus qu’ils avaient peut-être un peu oublié.

Conclusion provisoire

Il paraît qu’en chinois, "crise" et "opportunité" sont un même mot. La filière graphique se met progressivement dans cet état d’esprit. La cure d’amaigrissement qu’elle subit pourrait lui être salutaire si elle lui permet de mieux courir et d’agir plus intelligemment dans un monde où agilité et intelligence sont des atouts précieux.

Contact

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation, en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers impression-écriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique et comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente,...).

 
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