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Révision : 04 avril 2011
Tunisie, Japon, France : tour d'horizon du rôle du média imprimé
 
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Les premiers mois de l'année 2011 ont vu une accélération intéressante de l'Histoire qui aura certainement des conséquences sur le rôle des médias et par conséquent de l'imprimé.

Jacques de Rotalier (Mars-Avril 2011)

 

 

Le cas tunisien

   
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  Jacques de Rotalier
Jacques de Rotalier
     

Commençons par un pays qui nous est proche, la Tunisie. Un événement, commencé comme un fait divers tragique (un suicide par le feu) dans une partie retirée du pays, s'est transformé peu à peu en changements politiques majeurs.

Les nouvelles technologies, utilisées par une jeunesse bien formée, ont joué un rôle capital pour créer un bouleversement inimaginable il y a seulement trois mois. La réactivité et l'interactivité permises par Internet ont totalement surpris et abattu le pouvoir en place.

Et maintenant ? Il faut construire quelque chose de neuf, sans trop casser les structures anciennes. Il faut faire appel aux expériences des uns et des autres, échanger entre générations. L'écran ne suffira plus, il faudra des relectures au calme, de la profondeur dans la réflexion. Je suis persuadé que l'imprimé – journaux libres, magazines ouverts aux débats, livres d'histoires – jouera un rôle important dans la reconstruction, forcément lente et difficile, du pays.

 

Le cas japonais

Plus lointain est le Japon qui vient d'être atteint par trois catastrophes simultanées, inimaginables par leur ampleur et leur interaction dans le temps. Comme tout le monde, j'ai été frappé par le calme de la population, mais plus spécialement par le communiqué du 20 mars 2011 de l'ambassade du Japon en France demandant aux médias français " de faire preuve de pudeur dans le choix des images qu'ils diffusent sur les effets du séisme et du tsunami qui ont frappé l'archipel". C'est intéressant cette demande de pudeur de la part d'un pays hautement technologique qui a chez lui le journal le plus diffusé au monde et a su garder des usages du papier très spécifiques dans l'habitat, dans le domaine de l'art (origami) et dans la vie quotidienne.

Nous sommes restés scotchés à nos écrans (télé et Internet) pendant des journées entières revoyant les mêmes images pendant des heures. Est-ce propice à la réflexion ? Ne risquons-nous pas de devenir des voyeurs ? Quels impacts psychologiques ont ces images sur nous et surtout sur les plus fragiles d'entre nous ?Telles sont quelques unes des questions que pose le caractère immédiat des informations délivrées par les nouvelles technologies.

Sur le terrain, il est encore trop tôt pour mesurer l'impact de ces catastrophes sur les marchés du papier et de la pâte. Ce que l'on peut dire c'est que dix usines de papier-carton se trouvent dans la zone atteinte. Ce sont des usines intégrées (fabrication de la pâte et du papier sur le même site). La zone asiatique devrait donc être directement affectée. Néanmoins, comme elle commence à être en surcapacité, les effets sur l'Europe devraient être limités. À vérifier tout de même...

Le cas français

De retour en France, quelles sont les nouvelles ?

Le 21 mars, le Salon du Livre, doté d'une nouvelle formule concentrée sur quatre jours, a fermé les portes de son édition 2011. La qualité des contacts et des conférences, ainsi que les ventes sur place ont été appréciées. 180 000 visiteurs y sont passés, ce qui donne une fréquentation journalière en hausse par rapport aux dernières années. Je suis toujours impressionné par le nombre de petits éditeurs présents. De plus, cette année, il y avait des auteurs pouvant présenter directement leurs œuvres. Grâce aux facilités offertes par Internet et par l'impression numérique, il est possible de présenter directement un livre au grand public. J'en ai repéré une bonne vingtaine ! C'est un bon signe pour la création littéraire.

Autre bon signal pour l'imprimé : le développement de revues et magazines mensuels et trimestriels. La plus emblématique d'entre elles, la revue XXI, tire désormais à 45 000 exemplaires...

Enfin, dernier constat : l'édition est la seule industrie culturelle et l'une des rares industries tout court à avoir passé la crise des dernières années sans dégâts majeurs. C'est encourageant, même si cela ne présage pas du futur et de la manière dont seront relevés les défis technologiques à venir. Mieux vaut tout de même les affronter en bonne santé !

Risquons un scénario. Les catastrophes japonaises vont amener (ou alors, nous sommes sourds et aveugles !) à débattre profondément de l'avenir de des usages énergétiques dans nos vies personnelles, familiales, professionnelles, urbaines, citoyennes. Si cela se met en place, la logique voudrait que les médias s'en emparent à peu près dans l'ordre suivant :

    Télévision et radio lancent le débat (puis passent assez vite à autre chose !).
Internet prend rapidement le relais, mais le débat se durcit (les blocs de blogs s'affrontent sans merci).
  Les journaux interviennent et permettent une meilleure lecture des arguments des uns et des autres : un peu de souplesse s'installe, les arguments s'affinent davantage.
    Ensuite, les magazines hebdomadaires, mensuels ou trimestriels suscitent une lecture et des échanges plus profonds : les experts entrent dans le débat.  
    Viennent alors, les techniciens, les sociologues, les philosophes, les politiques qui écrivent des livres puis vont dans les médias de l'audiovisuel les expliquer, les vendre et débattre de tous les aspects du problème !  

La boucle médiatique (idéale !) est alors bouclée : elle laisse encore pas mal de place à l'imprimé !

Bon courage à tous.

Contact

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation, en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers impression-écriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique et comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente,...).

 
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