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Révision : 14 février 2011
2010 : le rebond papetier
 
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Des chiffres rendant compte de la santé du secteur papetier en 2010 ont été publiés. Tour d'horizon statistique de la production et de la consommation de papier-carton dans le monde et commentaires des tendances actuelles.

Jacques de Rotalier (Février-Mars 2011)

 

En France

   
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  Jacques de Rotalier
Jacques de Rotalier
     

La croissance de la consommation de papier est de 3,2%. Elle est un peu plus forte pour les papiers d'emballage (+4,8 %) que pour les papiers à usage graphique (+3,1%). C’est un peu un soulagement, car le recul des années 2008-2009 – quasiment 15% de moins – faisait craindre une descente aux enfers !

Du côté de la production hexagonale, là aussi, il y a un rebond : +5,3% après quatre années de chute et plus de 20% de perte de tonnage. Néanmoins, la production française, au 4ème rang en Europe, n’est pas à la place où elle pourrait être alors qu’elle dispose de la plus grande surface forestière du continent ainsi que d'un taux de récupération des vieux papiers excédant largement nos capacités nationales de transformation des papiers-cartons. Ces atouts ne sont pas assez valorisés et un certain manque de compétitivité propre à toute l’industrie française est ainsi souligné.

En contrepartie, il semble bien que la prise de conscience politique de l’intérêt de préserver nos industries sur notre territoire concerne aussi la filière graphique dont le papier-carton est le support quasi-exclusif. Souhaitons que les efforts politiques, au sens large du terme, aident vraiment les acteurs de la filière à mieux préparer l’avenir. Il n’y a plus de place pour la déception. Après, il sera probablement trop tard.

L’avenir n’est ni facile, ni tracé d’avance. Nous ne reviendrons pas aux taux de développement des années 1950-2000. La communication sera de plus en plus multicanal. Les emballages seront de plus en plus remis en question quant à leur utilité sociale et leur empreinte environnementale.

Néanmoins, toujours grâce au papier-carton, la filière dispose d'atouts précieux : la recyclabilité de ce matériau la fait parfaitement entrer dans l’économie circulaire, d'autant que la fibre de bois est abondante et renouvelable. L’arrivée des nanotechnologies sur la fibre de bois ouvre des perspectives que l’on n’imagine pas encore. Enfin, le papier comme support de communication n’a pas dit son dernier mot : le concept de papier intelligent lui permettra de supporter de la parole et de l’image tout en assurant plus de sécurité et de fiabilité que les supports numériques.

Sur tous ces sujets, nos centres de recherche à Grenoble (laboratoire LGP2 à Grenoble INP-Pagora et Centre Technique du Papier) travaillent en collaboration avec les centres de recherche scandinaves et ceux des groupes papetiers ou d’impression, sans oublier certains groupes chimiques.

En Europe

Le schéma industriel de l’Europe de l’Ouest ressemble au modèle français, avec toutefois une particularité allemande : l’industrie papetière allemande a profité des subventions européennes pour développer ses capacités en papier d’emballage, notamment à l’Est. Les industriels des pays voisins en sont un peu amers.

L’Europe de l'Est a un schéma semblable à celui des pays émergents, avec un bon développement de la consommation et un renforcement des capacités de production (en Pologne, notamment).

En Amérique du Nord

Je l'ai déjà mentionné dans une précédente lettre : en 2009, les États-Unis ont perdu leur titre de premier producteur mondial au profit des Chinois et l’écart s’est accentué en 2010.

États-Unis et Canada connaissent un rebond de la consommation de papier-carton après cinq ans de déclin (-7,5% par an, quand même !). Toutefois, il est vrai que l’Amérique du Nord a longtemps été la championne du monde du gaspillage. Il faut noter que, dans ces deux pays, un accord a été passé entre les pouvoirs publics, les ONG et les industriels afin de réduire l’impact environnemental des usines – qui datent souvent des années 70-80 –, à l’instar de ce qui se fait en Europe depuis une dizaine d’années.

En Amérique du Sud

Cette zone a acquis une grande importance (10% de la production mondiale) pour la fabrication et l’exportation de pâtes, grâce aux forêts cultivées (pins radiata et eucalyptus) du long Chili et du géant brésilien. Mais cette médaille a un revers : la zone est devenue importatrice de papiers pour répondre au développement de sa consommation. La logique économique et écologique conduira à la construction de machines à papiers sur place. À noter également : la Cour Internationale de Justice a validé la construction d’une usine de pâtes ultra-moderne à la frontière de l’Argentine et de l’Uruguay, après un long conflit politique, social, économique et écologique. La Cour a estimé que les bénéfices économiques, sociaux et écologiques de l’usine dépassent largement les inconvénients dus à son activité industrielle.

En Asie

La consommation de papier-carton est tirée principalement par le développement de l’Inde et surtout de la Chine. Le groupe Asia Pulp & Paper (APP) a réaffirmé sa volonté de devenir le premier producteur mondial de pâtes, papiers et cartons, et il présenté un important programme de recherche & développement axé sur l’impact environnemental de ses activités. Nous suivrons tout cela avec attention...

La Chine a besoin de papiers récupérés et de bois pour fabriquer son papier. Elle va ainsi aspirer, d’ici 2014, douze millions de tonnes de papiers-cartons récupérés issus des poubelles du monde entier ! Cela tendra les prix de ces matières qui sont désormais majoritaires dans l’approvisionnement des usines de papiers-cartons.

Un accord vient d’être passé entre l’Indonésie et l’Organisation des Nations Unies (ONU) concernant la protection des forêts primaires indonésiennes. Une négociation est en cours sur l’utilisation de leurs forêts secondaires.

Quelles perspectives mondiales pour 2010-2015 ?

Je ne dispose pour le moment que des projections mondiales fournies par Pulp & Paper International, portant sur les papiers à usage graphique. Globalement, les zones développées devraient voir leur consommation diminuer légèrement (-1,5%) tandis que celle des zones émergentes devrait augmenter de 4 à 5%. La fusion de ces chiffres donnerait un supplément de consommation mondiale de 2,5 à 3% l’an : on est loin du développement exponentiel du numérique !

Les chiffres de l’emballage devraient être un peu plus élevés. Une autre prévision, impressionnante, celle-là : en 2010, le taux mondial d’utilisation des papiers-cartons récupérés est de 56%. En 2025, il devrait passer à 65%, soit un tonnage passant de 220 millions à  400 millions de tonnes ! C'est une illustration frappante de ce qui s’appelle l’économie circulaire dans laquelle le papier-carton joue et jouera de plus en plus un rôle essentiel.

Contact

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation, en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers impression-écriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique et comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente,...).

 
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