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Révision : 15 décembre 2011
L’Europe, aujourd’hui, demain, après-demain ?
 
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Pendant que le monde entier se demande si l’euro va survivre à la crise actuelle, l’Europe économique et écologique prépare l’avenir en élaborant une feuille de route pour évoluer vers une économie sobre en carbone d'ici 2050, à l'instar de l'initiative prise par la Confédération des industries européennes du papier (Cepi).

Jacques de Rotalier (Novembre-Décembre 2011)

 

Vers une économie sobre en carbone

   
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  Jacques de Rotalier
Jacques de Rotalier
     

La Commission européenne a émis en mars 2011 une Feuille de route pour transformer l’UE en une économie sobre en carbone d’ici à 2050 (Roadmap for moving to a competitive low-carbon economy in 2050).

La Confédération des industries européennes du papier (CEPI) a été la première à proposer sa feuille de travail. Le Parlement européen s’est fait l’écho de cette réactivité ! Cette proposition est faite sous l’intitulé The Forest Fibre Industry : 2050 Roadmap to a low-carbon bio-economy pour bien rappeler que le bois (cellulose, hémicellulose, lignine) est à la source de toutes leurs activités. Rappelons que la cellulose est le polymère naturel le plus abondant sur terre.

L’enjeu carbone en chiffres est clair. Aujourd’hui, les industries concernées émettent 60 millions de tonnes de CO2. Il faudra passer à 12 millions de tonnes en 2050... À noter, là encore, que le chiffrage rapide de cet objectif a été rendu possible par le travail d’analyse effectué depuis une dizaine d’années par le secteur. Derrière ces chiffres, il y a des efforts considérables à envisager rapidement, voire des ruptures technologiques à prévoir (donc à préparer dès maintenant) pour 2030.

Durant la European Paper Week qui s'est tenue à Bruxelles du 15 au 17 novembre dernier, cette feuille de route a été appuyée par quatre des principaux dirigeants du secteur. Elle a ensuite été présentée et discutée par plusieurs centaines de cadres et ingénieurs du métier. 200 000 entreprises, 1,9 millions d’emplois pour un chiffre d’affaires de 75 milliards d’euros : tel est le périmètre économique et social concerné par le défi.

L’économie circulaire dans laquelle nous entrons utilisera de plus en plus de fibres végétales et, à l’intérieur de ces dernières, la cellulose peut jouer un rôle clé. Elle est (encore ?) abondante, renouvelable, recyclable et travaillée depuis des siècles : construction, ameublement, papier, carton, chauffage,...

De nouvelles perspectives, énormes et encore peu inventoriées, s’ouvrent à ces fibres : biocarburant, biomatériaux, chimie verte,... C’est dans ce cadre élargi que l’on peut envisager une économie faible en usage carbone : on fait durer la vie du CO2, en le réutilisant X fois !

Le territoire français est déjà engagé dans cette voie. En effet, une quinzaine de centrales biomasse sont déjà installées ou en cours d’installation chez les fabricants de papier carton. C'est une première étape dans la bonne direction. L’usine de Tembec Tartas a complètement dédié sa production de pâtes et produits dérivés cellulosiques aux produits destinés aux industries chimiques et cosmétiques (ligno-sulfates). Ces produits assurent une valeur ajoutée notable à l’usine, en pérennisent l’activité pour une longue période.

Les deux centres de recherche du secteur situés à Grenoble – le laboratoire LGP2 de Grenoble INP-Pagora et le Centre Technique du Papier – en liaison avec d'autres centres de recherche européens dédiés (CNRS, CEA, etc.), sont totalement impliqués dans des directions d’avenir : électronique imprimée, emballages intelligents, chimie verte, matériaux biocomposites,...

Un test important est en train de se jouer autour de l’usine de Stracel (UPM Kymmene). Son groupe actuel a bâti un projet biomasse-bioraffinerie pour lequel une décision finale est attendue au cours du premier semestre 2012. La position centrale du site en fait un vrai projet européen dans lequel les Allemands, les Français et leurs voisins sont concernés.

Encore une fois, tout reste à faire mais clarifier les enjeux, les défis et les atouts devrait permettre à l’industrie européenne du papier carton de rester en tête dans la course mondiale à l’efficacité écologique, énergétique et économique.

Savoir choisir ?

Les observateurs présents à la 63e édition de la Foire du Livre de Francfort (12-16 octobre 2011) ont généralement été frappés par l’explosion (attendue) du numérique. Ce n’est pas un hasard si les principaux éditeurs français ont signé récemment des accords avec Amazon et Google.

C’est inévitable mais on peut regretter que ces accords aient été conclus en ordre dispersé au risque d’hypothéquer réellement le renforcement des grands groupes européens dans l’édition de livres et de magazines. La puissance de feu financière des quelques grands groupes qui vivent (bien !) du numérique pourrait bien déstabiliser les acteurs historiques importants de la culture et du savoir que sont les éditeurs.

La profondeur et la richesse des fonds éditoriaux devraient être préservées, parfois rénovées, mais attention aux pillages facilités par le numérique ! Ce secteur doit absolument faire un travail sur le long terme, un peu à l’image de ce qu’est en train de faire la "Forest Fibre Industry".

La bataille qui se joue est cruciale. La civilisation que nous bâtit le numérique a des avantages – accès rapide et large à l’information, échanges facilités – mais les acteurs de cette bataille ne nous laissent pas beaucoup de liberté. Faudra-t-il bientôt choisir son monde ? Je ne veux pas choisir entre le monde Apple, le monde Google ou le monde Facebook. Je veux continuer à vivre à mon rythme, celui de la liberté que me donne l’imprimé, lu chez moi ou ailleurs, quand je veux et où je veux.

Pour nous y aider, il existe même un papier décor qui garantit une grande "tranquillité électromagnétique" si l’on est dans une salle de spectacle, un hôpital, voire une chambre à coucher, en filtrant les ondes jusqu’à 30 ou 60 dB ! Le Centre Technique du Papier et ses partenaires – l'Institut de Microélectronique Électromagnétisme et Photonique et le Laboratoire d'Hyperfréquences et de Caractérisation (IMEP-LAHC) et le Laboratoire de Conception et d’Intégration des Systèmes – l’ont mis au point. Il est désormais produit industriellement.

Les centres de recherche travaillent aussi sur des matériaux biosourcés destinés à remplacer les matériaux issus du pétrole. Ainsi, il est sérieusement envisagé de fabriquer du matériel numérique bioplastique contenant des polymères renouvelables dont la cellulose. Comme quoi, il n’y a pas de fatalité. Rien n’est inéluctable !

Bon courage à tous, on en aura encore besoin...

Contact

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation, en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers impression-écriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique et comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente,...).

 
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