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Révision : 13 mai 2009
Secteur graphique : les chemins de la valeur
 
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Pas facile de rester lucide et optimiste en 2009. Le secteur graphique français et européen vit la tourmente économique et sociale actuelle au même rythme que d’autres secteurs industriels. Peut-être un peu moins brutalement que certains, comme l’automobile ou la chimie, dont les surcapacités sont bien plus grandes que celles du papier.

Jacques de Rotalier (Mai 2009)

Papier carton : une carte "verte" à jouer pour sortir de la crise

   
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Cela fait déjà quatre à cinq ans que les réductions de capacités papetières sont en cours aux États-Unis d’abord, en Europe ensuite. On aura probablement dépassé cette année les 11 à 12 millions de tonnes supprimées sur les deux continents. On n’est plus très loin de 10 % des capacités totales concernées. Difficile de savoir quand l’équilibre offre/demande se refera : la durée et la profondeur de la crise sont encore mal connues.

De toutes façons, la croissance à venir sera plus verte et plus vertueuse. Et là, le papier carton redéploiera tous ses atouts : biomasse et recyclage ne peuvent que se développer dans le cadre d’une économie circulaire soucieuse de moins gaspiller les ressources naturelles de la planète.

Pour l’imprimerie, c’est plus compliqué à suivre, mais cela suit la même tendance. La diminution se fait naturellement par de nombreux départs à la retraite et, moins naturellement, par une augmentation des défaillances d’entreprises (+ 44 % sur le premier trimestre 2009, en France). Là aussi, il y a des secteurs qui font pire, si l’on peut dire.

Quelques signes encourageants pour l’avenir…

Aux États-Unis, il s’est créé en 2008, 110 magazines papier, il s’en est fermé définitivement 95. Dans le même temps, Internet voyait la création de 16 magazines virtuels. Les éditeurs qui ont abandonné un peu vite leurs éditions papier se demandent s’ils n’ont pas fait erreur : la valeur de leurs actifs a terriblement fondu et ils n’arrivent toujours pas à être rentables.

Autre nouvelle, cette fois, chez nous : le site Figaro.fr devient payant. Cela veut dire, à mon avis, que l’on commence à pressentir les limites du tout gratuit : ce soi-disant modèle n’a profité qu’aux vendeurs de tuyaux ou à Google et You Tube qui ne se préoccupent en aucune manière de ce que contiennent ces tuyaux. C’est l’un des enjeux du débat autour de la loi HADOPI (Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des Droits sur Internet) : les créateurs ont besoin d’être reconnus, donc payés à leur juste valeur. L'un des paradoxes de l’affaire est que certains opposants à cette loi qui essaie de réguler Internet sont les mêmes qui prônent, à juste titre, la régulation de la finance !
Il est possible qu’on ne trouve pas facilement la régulation adéquate mais le fait d’en débattre est déjà bon signe pour tous ceux qui sont sensibles à la valeur de la création.

L’imprimé à la croisée de quatre chemins !

Le premier chemin est celui de la Création Graphique, acte artistique dont l’originalité doit être reconnue et valorisée. On oublie trop souvent de le reconnaître et donc de le valoriser. (Voir ci-dessus).

Le deuxième chemin est l’Artisanat : reproduire une œuvre originale à quelques centaines d’exemplaires est l’œuvre d’une personne respectueuse de la création de quelqu’un d’autre. Cela demande du soin et de la compétence : la reproduction doit être la plus fidèle possible à l’original. C’est beaucoup plus difficile qu’on ne l’imagine.

Le troisième chemin est l’Industrie : l’outil sur lequel travaille l’imprimeur vaut rarement moins de 300 K€, c’est donc un outil industriel qu’il doit bien maîtriser. Heureusement pour lui, se développent des logiciels puissants de standardisation, de normalisation qui vont lui permettre d’optimiser l’utilisation de ses machines et ainsi, de répondre aux exigences toujours plus fortes de rapport qualité/prix de ses clients.

Le quatrième chemin est le Service : nous sommes là devant une exigence un peu nouvelle pour un métier ancien, habité par une haute conscience de sa valeur, de sa riche histoire. Le problème est que nous sommes désormais dans un monde où l’image et l’écrit sont répandus sur tous les écrans : le monopole de l’imprimé a bel et bien disparu. Par chance, un outil nouveau est apparu récemment porteur de proximité et d’échanges, c’est Internet : tous ceux qui savent s’en emparer avec et pour leurs clients trouvent des voies nouvelles pour faire rendre à l’imprimé le service qu’attend le client.

Il n’y a donc pas à les opposer, ils sont complémentaires : valeur et profondeur pour l’imprimé, souplesse et interactivité pour Internet.

Conclusion provisoire

Le monde est désormais multimédia, plus soucieux qu’auparavant de ses ressources naturelles. L’imprimé n’a aucune raison de disparaître : il doit jouer de sa modernité, sans complexe. Il est porteur de valeur et, basé sur un matériau renouvelable, il est recyclable. On note d’ailleurs, ici et là, une évolution du discours ambiant : moins souvent stigmatisé par certains, l’imprimé reprendra bientôt des couleurs nouvelles !
Bon courage à tous.

Contact

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation, en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers impression-écriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique et comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente,...).

 
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