Accueil Recherche | Plan Technique | Liens | Actualités | Formation | Emploi | Forums | Base
NOUVELLE cerig.efpg.inpg.fr 
Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Nouvelles > Situation économique, un léger mieux en 2006 !
Révision : 3 Avril 2007
Les pouvoirs du papier !
 
Nouvelle précédente Liste des nouvelles Nouvelle suivante

"Les Pouvoirs du Papier à l’ère du numérique", tel était le titre du colloque organisé, le 29 Mars 2007, par la Direction du Courrier de La Poste, dans le cadre des études menées par la "Mission de Recherche de La Poste" en collaboration avec l’IREPP (Institut de Recherche et de Prospective Postale).

Cette journée articulée autour de deux tables rondes, la première consacrée aux valeurs du papier et la seconde au défi du numérique, fut fort riche en interventions et très intéressante pour le chroniqueur que vous lisez.

 

Jacques de Rotalier
(3 Avril 2007)

La Poste dans tous les états ....

   
En savoir plus ...

En effet, cette journée faisait suite à une série de conférences sur les métiers des Postes dans le Monde, auxquelles j’ai participé dans le cadre de l’Université du Document qui s'est tenue lors de Xplor International, à Miami au début de cette année.
Tout d’abord, il convient de revenir sur un fait mal connu. Il existe dans le cadre de l’ONU, à Berne, ce qui s’appelle l’UPU, l’Union Postale Universelle. C’est une Agence destinée à défendre ce Service Universel qu’est la Poste. Elle est présente dans 191 pays du monde. Le patron en est d’ailleurs un Français : E. Dayan. Les moyens attribués à cette agence ne sont pas forcément à la hauteur de la tâche à accomplir, mais le symbole est intéressant !
Aux USA, état à la pointe des nouvelles technologies, il s’y distribue 600 plis par an et par personne, soit 2 fois plus qu'en France. Et savez vous comment, selon les enquêtes, les Américains nomment un moment important lié à la Poste ? C’est le "Mail moment".
En France, il y a encore "l’Heure du Facteur", en effet selon les études de notre Poste, 99 % (!!) des Français relèvent régulièrement leur boîte aux lettres. Autrement dit, même si vous êtes malade, mourant, si vous avez les 2 jambes cassées vous allez chercher votre courrier ! (Commentaire personnel : comme en plus, il arrive au facteur d’être en retard, vous le guettez !)

On a déjà dit dans cette lettre combien le sort de la Poste est lié au papier (et réciproquement), il était donc intéressant que la Poste se penche sur ce qui est un support sensuel et qui, de plus, est un média au contenu symbolique et historique extrêmement fort. Pourtant malgré son histoire, il reste des inquiétudes comme celle relative à l'attitude des nouvelles générations face au média papier. Ne vont-elles pas rapidement remiser au placard l’imprimé ?

Il ne semble pas que ce soit le cas. Les générations de nos enfants ont une capacité fascinante à intégrer les nouveaux médias et même à les combiner. Dans leur imaginaire il semble qu'il y ait encore une place pour le papier. Les exemples du succès des mangas et des quotidiens gratuits sont encourageants à ce titre. Les jeunes ont par exemple été les promoteurs du succès des BD de M. Satrapi. Dessin noir et blanc, coup de crayon original sans être très esthétique ont donné une force incroyable à la description de sa jeunesse en Iran, puis de son arrivée difficile en Europe. Par ailleurs,il faut bien le reconnaitre, on n’a pas, (encore ?) trouvé de support d’acquisition des connaissances plus efficace que le papier.

Le papier a nombreux atouts cependant ...

Bien, ayant maintenant évacué (semble-t-il !) une inquiétude, nous pouvons souligner, de nouveau, les atouts du papier.
Selon les publicitaires interrogés et les études psychologiques menées par la Poste, l’imprimé, qui reste le premier support du média publicitaire, (chiffres médias + hors médias) a le meilleur taux de fixation des messages, bien supérieur à celui de l’écran. Le rapport au temps semble donc en faveur de l’imprimé. Il fixe le temps, le mouvement.
Aviez- vous remarqué que quand Tintin court, il ne touche pas le sol ! Et pourtant on le voit courir !
Les Américains, eux, disent : Print speaks to us patiently ! Tout ceci devrait aller dans le sens de la différenciation, de la valorisation. Cela n’apparaît pas forcément encore, tellement le papier est partout, léger, souple, au point d’en apparaître transparent, voire muet face aux autres médias. Il est également perçu  comme un déchet, c’est l’envers de la médaille du taux de recyclage élevé de la filière papier et carton qui vient de passer le cap des 60%.
Et c’est vrai qu’il y a, là comme ailleurs, du gaspillage, mais justement, grâce aux technologies numériques, il est possible désormais de mieux cibler ses messages (contenus et destinataires) et d'éviter le gaspillage.
Enfin la ressource en bois a beau être abondante et renouvelable et les industries papetières européennes exemplaires dans leurs procédés de fabrication (selon P.M. de Biasi, Directeur de recherche au CNRS), il existe encore des zones où les forestiers sont moins responsables. c'est pourquoi le soutien à la certification forestière est vraiment indispensable. Mais même si tous les forestiers irresponsables disparaissaient, les hommes avec près de 8 à 9 milliards d’habitants en 2050, devront faire des choix d’utilisation de leurs ressources et il n’est pas sûr qu’il y ait assez de matière première pour tous les usages du papier.

Un Observatoire Courrier et Papier ...

La Poste a donc proposé la création d’un Observatoire Courrier et Papier pour continuer à analyser et suivre ces évolutions (atouts, défis à relever) qui vont plutôt dans un sens positif : le papier et l’imprimé ont un avenir dans le monde multimédia de demain, lié à la qualité de cette relation.
Mais il faut le préparer ensemble. Les acteurs de l’imprimé commencent ont ouverts cette voie comme le montre le document "Avenir de l’imprimé" réalisé par le SICOGIF, la campagne filière initiée par la FICG ou la campagne de la COPACEL…

D’autres initiatives (françaises et européennes) sont en préparation : elles sont les bienvenues, car les acteurs sur le terrain sont souvent à la peine. Les restructurations en cours, liées aux défis technologiques et aux nouvelles exigences des marchés sont difficiles à vivre au quotidien.

Raison de plus pour saluer l'initiative d’un acteur majeur de cette filière.

 

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers Impression/Ecriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique, ainsi que comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente, ...).
e-mail : rotajac@noos.fr

 
 
Nouvelle précédente Liste des nouvelles Nouvelle suivante
Nouvelle précédente Liste des nouvelles Nouvelle suivante
   Accueil | Technique | Liens | Actualités | Formation | Emploi | Forums | Base   
 
Copyright © CERIG/EFPG 1996-2007
 
Mise en page : J.Rouis