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Révision : 02 Novembre 2005
Innover ou disparaître
 
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Au moment où la hausse annoncée des prix de l’énergie s'ajoute aux inquiétudes des industriels du secteur aux prises avec une crise qui dure déjà depuis 4 ans, je propose de faire un petit retour en arrière sur les années d’après guerre. Deux périodes de 30 ans se détachent.
1945-1975 : La reconstruction, le plan, les débuts de l’Europe,  les 30 glorieuses : des années où les producteurs de matières (dont le papier et l’imprimé) étaient plutôt les maîtres du jeu.
1975-2005 : Les crises énergétiques donnent naissance aux préoccupations écologiques. Le pouvoir passe progressivement du côté des consommateurs. L’Europe se déploie. La mondialisation prend forme. De nouvelles technologies apparaissent et conduisent à la quasiment disparition quasi définitive du monopole de l’imprimé.
2005- et après : Ceux d’entre nous qui pensent cycles, comme on en a vécu durant cette dernière période font, à mon avis, fausse route. On ne peut plus attendre des temps meilleurs. S’il y en a,  ils seront très différents de ceux que l’on a connu. La mondialisation et les nouvelles technologies (le numérique pour le secteur graphique) imposent de nouvelles règles dans un jeu qui sera probablement celui de la communication hyper individualisée et mondialisée, tout à la fois.

Jacques de Rotalier
(02 Novembre 2005)

Le papier, une technologie des plus moderne !

   
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Il faut avancer en partie dans l’inconnu, être à l’écoute des changements, y participer, sinon le monde aura changé … sans nous. Vous en voulez un signe ?
La consommation de papiers graphiques aux USA a diminué de 10 % depuis l’an 2000. En Europe, il y a un papier qui résiste assez bien,  c’est le papier de bureau (+ 5 %). Ce développement (à confirmer tout de même) est lié au développement de l’informatique dans les PME et les foyers. Son format A4,  seul format universel, lui permet de voyager dans le monde entier, mais du coup il est l’objet de  fortes pressions sur ses prix qui ne permettent pas de rémunérer correctement les énormes efforts technologiques réalisés pour le fabriquer. 
En effet, il y autant de technologies embarquées dans une feuille A4 que dans une de nos industries parmi les plus modernes : l’aéronautique (automatisme, chimie, colorimétrie, mécanique des fluides et des solides, optique, électrotechnique, etc).
Une différence tout de même : le flux de pâte qui devient papier ne défile qu’à 90 km/h sur la machine à papier qui fait jusqu'à 100 et 150 mètres de long. Cet outil ultra moderne vaut d'ailleurs le prix de 3 Airbus 340 ! pour ne rester que dans une comparaison aérienne.
L’excellente conférence bi-annuelle EMGE qui s'est tenue à Paris début Octobre a bien montré combien le papier de bureau était un enjeu technique, commercial, marketing, écologique crucial pour les papetiers. C’est un produit certes ancien mais il participe pleinement à la modernité.

Et l'innovation !

Cette année, les Rencontres Internationales des Industries Papetières "IP 2005" se déroulaient à Grenoble. Elles en étaient à leur 12e  édition et de nombreuses manifestations entouraient un plateau de 140 fournisseurs dédiés à cette industrie :

    Conférence COPACEL
  Congrès ATIP (3 jours, 30 conférences)
  Conférence ATIP sur les transports
  "EFPG Days" sur le blanchiment des pâtes à papier et la modification des fibres
  Journée ECRIN sur le traitement de surface

De nombreuses solutions innovantes furent présentées sur presque tous les stands. Toutes visaient à améliorer la productivité, à économiser l'eau, l'énergie, les fibres vierges et recyclées, les charges minérales, et à mieux retraiter les eaux usées pour améliorer la qualité des produits.

Par ailleurs, 10 projets innovants ont participé au "Forum de l’Innovation" pour tenter d’être distingués. Parmi les projets, je soulignerai, un peu chauvinement, les projets présentés par l’Ecole Française de Papeteries et des Industries Graphiques (EFPG) sur la simulation en 3D de la structure du papier, et celui du CTP (Centre Technique du Papier) qui a développé un système d’observation par caméra rapide (4 000 images/seconde) de toutes les interactions liquide/support. L’ensemble des projets soumis à ce concours illustre bien l’orientation commerciale actuelle des fournisseurs : innover ou disparaître. Comme nous sommes dans une industrie extrêmement  complexe, les champs de l’innovation sont vastes, reste à en trouver les financements !

A noter également parmi les idées intéressantes présentées à IP : le camion laboratoire du CTP destiné à tester sur site, l'air et l'eau. A l'origine dédié aux usines de papier et carton, ce camion peut intervenir de la même façon dans les imprimeries.  Des propositions curatives et préventives sont réalisées sur place en quelques heures ou quelques jours.

De plus, Grenoble qui accueillait ces journées IP 2005 vient d’être désigné comme Pôle Mondial de Compétitivité par le gouvernement pour mener à bien le projet MINALOGIC, pour MIcroNAnotechnologies et LOgiciel Grenoble-Isère Compétitivité (www.minalogic.com).

Les industriels des micros et nanotechnologies, de l’électronique, de l’informatique, du papier-carton se rassemblent pour faire de Grenoble un centre mondial de recherche dans ces domaines. Pour le papier et le carton, cela va avoir des conséquences considérables sur l’étude de la structure (à l’échelle atomique) de la fibre de bois et donc sur les papiers. CTP et EFPG ont déjà développé des projets de recherche sur le sujet. La création du pôle ne peut qu’accélérer leurs travaux. Parallèlement, d'autres recherches sont réalisées sur le concept de papier intelligent, autrement dit du papier ou carton intégrant des nano ou micro-capteurs.

Tout ce contexte d'innovation devrait aider l’industrie papetière régionale et nationale à trouver les nouvelles voies, les nouveaux usages du papier qui ne manqueront pas d’apparaître au fur et à mesure que se développera la recherche. L’adaptabilité a toujours été le point fort de ce matelas fibreux appelé papier/carton.

Conclusion

Lors d’un dîner professionnel privé organisé par Xplor France, en marge du premier Forum de l'Editique (Octobre 2005), Jacques Attali  a comparé l’époque actuelle à celle des grands changements de la fin du XVe siècle qui a vu naître l’imprimerie. En effet, l’imprimerie a bouleversé la diffusion du savoir, développé l’esprit critique, bousculé les pouvoirs en place. Difficile de prévoir ce que vont donner les mutations technologiques actuelles, notre interlocuteur s’en est  bien gardé : il connaît les ruses de l’histoire !

Néanmoins, il ne prévoit pas la disparition de l’imprimé, de l’écrit, mais un re-positionnement sur ses fondamentaux : l’écrit est un outil de la sédendarité  alors que  l’homme est à la fois nomade et sédentaire.

L’écrit et l’imprimé ne survivront alors que s’ils digèrent à leur profit, les nouvelles technologies pour rester créatifs et compétitifs. C’est un peu le sens de tous les tâtonnements que l’on regroupe sous le mot innovation dans la chaîne graphique.

 

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers Impression/Ecriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique, ainsi que comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente, ...).
e-mail : rotajac@noos.fr

 
 
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