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Apple : la situation stabilisée

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Jean-Claude Sohm
(11 mars 1998)

 

La société Apple a réalisé un bénéfice (4 M$) au quatrième trimestre de 1997. Ce résultat résulte essentiellement d'une compression des dépenses (celles relatives au personnel en particulier), car le nombre de machines fabriquées par trimestre (un peu plus de 600.000), le chiffre d'affaires correspondant (environ 1,6 B$), et la marge brute (20 %) sont quasiment stables depuis plus de six mois. La société est maintenant repliée sur ses deux principaux marchés, les arts et industries graphiques d'une part, l'enseignement d'autre part, et son déclin semble enrayé. Toujours prudent, son directeur financier ne prévoit pas d'accroissement sensible du chiffre d'affaire avant le mois de juin.

Mais cette stabilisation a coûté cher à Apple. En quelques années, sa production est passée de 4,5 à 2,5 millions de machines, et sa part mondiale du marché des micro-ordinateurs de 10 à 3,5-4 %. Hier troisième constructeur mondial de micro-ordinateurs, Apple est aujourd'hui devenu le neuvième ou le dixième. Les observateurs ont noté qu'à l'exposition MacWorld du mois de janvier dernier, la foule était nettement moins nombreuse que les années précédentes, ainsi que les développeurs intéressés par la plate-forme. Il faut dire que beaucoup d'entre eux ont dû, pour survivre ces dernières années, travailler sur la plate-forme Windows.

Dernière rationalisations récentes opérées par Apple :

    Abandon de la fabrication du Newton et du eMate, qui se vendaient mal ;
  Démantèlement de la filiale Claris, qui ne garde que son activité FileMaker (un SGBD). La commercialisation du système 8 et de Claris Works reviennent à la maison-mère. Le sort des autres produits est encore incertain.

La stabilisation de la situation financière d'Apple va de pair avec la commercialisation de produits qui paraissent solides :

    Les nouvelles machines G3 ont d'ores et déjà acquis une bonne réputation. Leur prix est un peu élevé (par comparaison avec les PC de performances équivalentes), mais Apple vient d'annoncer des baisses substantielles ;
  Le système 8 s'avère plus stable et plus rapide que son prédécesseur. A partir de la version 5, le système 7 s'est montré lent et instable sur plusieurs types de machines, et il était temps pour la réputation d'Apple que cette situation cesse. La version 8.1 vient d'être publiée aux États-Unis.

Lors du déclin d'Apple, le segment du marché qui a le mieux résisté est celui des arts et industries graphiques, dont Apple détient 70 % à l'échelle mondiale (50 % aux États-Unis). L'offensive des PC dans ce secteur, annoncée courant 1997, ne semble pas s'être produite -- même si certaines entreprises ont pris leurs précautions en achetant des PC et en les regroupant avec des Macs dans un réseau hétérogène. Dans le secteur de l'enseignement, par contre, la part de marché d'Apple est passée de 50 % environ, à moins de 40 % : c'est un recul, mais l'effondrement pronostiqué par certains journaux ne s'est pas produit.

La société Apple doit maintenant s'atteler à la reconquête des parts de marché perdues -- une tâche ardue. Une opportunité s'offre dans le domaine de la bureautique, avec la publication imminente de la nouvelle version de Mac Office, dont tout le monde s'accorde à dire qu'elle sera nettement mieux adaptée au Mac que la précédente. Cette dernière version est le fruit du rapprochement entre Apple et Microsoft, opéré par Steve Jobs à la mi-97-- sous les huées des "mac maniaques", dont le discernement en matière de stratégie industrielle n'est certainement pas le point fort.

Sur le marché le plus dynamique actuellement -- celui de l'ordinateur domestique -- la part de marché d'Apple ne cesse de décroître (elle vaut 3 à 4 % actuellement aux États-Unis), et on voit mal comment la situation pourrait s'inverser. Apple n'a pas dans sa gamme (le modèle le moins cher coûte environ 1.400 $) de machine qui puisse rivaliser avec les PC à moins de 1.000 $, lesquels représentent environ 40 % du marché actuel. Par ailleurs, les éditeurs de CD-ROM favorisent la plate-forme PC : de nombreux titres sont publiés en retard -- ou ne paraissent jamais -- sur la plate-forme Mac, et le public en est de plus en plus conscient. Aux États-Unis, des cinq succursalistes spécialisées en informatique ayant passé des accords avec Apple, un seul (CompUSA) vend encore des Macs dans ses 148 magasins à grande surface. Il faut le dire franchement : pour le grand public, acheter un Mac ne consiste généralement pas à faire le bon choix.

Le marché des serveurs est également très dynamique, mais Apple -- qui n'a jamais vraiment brillé dans ce domaine -- l'a abandonné l'an dernier. La société vient d'y rentrer de nouveau avec deux petits serveurs, qui sont destinés au marché de l'éducation, et non à celui des entreprises. Si le futur système d'exploitation Rhapsody est un succès, Apple aura un bon argument en main pour se réintroduire l'an prochain sur ce marché. Il faut cependant noter que, dans ce domaine, la concurrence est de plus en plus vive, surtout depuis que les principaux fabricants de PC ont mis sur le marché des serveurs utilisant le processeur Pentium Pro et le système d'exploitation Windows NT Server.

Le bruit avait couru l'an dernier, qu'Apple se lancerait sur le marché du NC (Network Computer) au début de 1998, et la présence d'un chaud partisan de ce dispositif dans le conseil d'administration (L.Ellison) avait accrédité cette rumeur. Pour l'instant, le NC ne perce guère sur le marché, et la rumeur a disparu.

Dans le domaine du logiciel, la publication de Rhapsody est toujours prévue pour le milieu (ou la deuxième moitié) de l'année, et Apple y joue en partie son avenir. Personne, pour l'instant, ne se risque au moindre pronostic, mais le ton n'est pas au pessimisme.

Enfin, comme chacun sait, Apple n'a toujours pas de PDG. Une situation qui dure depuis si longtemps que personne n'y fait plus attention.

 
 
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