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6 octobre 1997

Les avatars du DVD ne sont pas terminés

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Jean-Claude Sohm
(6 octobre 1997)
 

Rappels

Le CD (disque compact), support d'information numérisée, date du début des années 80. Dans sa première version, il ne contenait que de la musique (CD-audio), puis on l'utilisa pour des données informatiques (CD-ROM), des films compressés au standard MPEG-1 (vidéo-CD), des photos (photo-CD), etc. Le CD-R est un disque compact vierge que l'utilisateur peut graver lui-même, et le CD-RW un disque réinscriptible. Tous ces disques sont identiques, au format des données près.

Le DVD est un disque compact dont la capacité a été multipliée par un facteur 7 grâce à une gravure plus fine. Il est donc issu d'une évolution technique normale, et non d'une révolution comme le prétendent les journalistes en mal de sensationnel. Depuis le début des années 80, la technologie du disque compact était restée inchangée : qu'elle finisse par être perfectionnée ne constitue donc pas une surprise.

Comme son ancêtre le disque compact, le DVD peut être utilisé à plusieurs fins. Trois applications sont actuellement envisagées, auxquelles correspondent trois types de DVD :

    le vidéo-DVD (ou DVD tout court) sert à enregistrer des films, comme le vidéo-CD, mais avec un son et une image de qualité supérieure (MPEG-2 vidéo and Dolby AC-3 audio) ;
  le DVD-ROM, comme le CD-ROM, est utilisé en informatique. Il contient des données et des programmes ;
  le DVD-RAM, comme le CD-RW, est réinscriptible, contrairement aux deux précédents.

A ces différents DVD correspondent différents standards, qui sont définis par le "Consortium DVD". Cet organisme regroupe une dizaine de grandes entreprises de l'informatique et de la production cinématographique ; elles ont des intérêts divergents, et leurs disputes ont alimenté la chronique des revues informatiques durant toute l'année 1996. Le DVD a fini par apparaître sur le marché au début l'année 1997, mais son développement est plus lent que prévu, pour des raisons que nous analysons ci-dessous.
 

Le vidéo-DVD

Le sort du vidéo-DVD est entre les mains des grands producteurs cinématographiques, ce qui ne constitue pas une situation enviable. A Hollywood, on gagne beaucoup d'argent, on est très conservateur, et on craint le piratage comme la peste : on a donc pris un luxe de précautions pour encrypter les données. Comme les films sont distribués à des époques différentes suivant les pays, on a rajouté un indicateur géographique, avec la conséquence qu'un DVD vendu aux Etats-Unis est inexploitable sur une platine acquise hors du continent américain -- à titre d'exemple. Enfin, les producteurs de films se méfient des nouveaux médias, si bien que le nombre de films disponibles sur DVD est actuellement inférieur à la centaine. Jusqu'à son revirement très récent, la société Disney, le plus gros producteur de films sur cassettes VHS, refusait d'utiliser le DVD.

Devant la lenteur du développement du DVD, la tentation est grande de créer son propre standard, et quelques entreprises y ont succombé. La dernière en date est la société Digital Video Express, qui a imaginé de rajouter un indicateur de temps au standard défini par le Consortium. Le nouveau système, baptisé Divx, permet de limiter à quelques jours la période d'utilisation d'un vidéo-DVD (les cinéphiles apprécieront !). Inconvénient : un DVD standard pourra être lu sur une platine Divx, mais pas l'inverse...

Tout cela rappelle fâcheusement l'histoire du DAT, un système d'enregistrement numérique du son sur bande magnétique, qui aurait pu remplacer avantageusement les minicassettes (où le son est enregistré sous forme analogique). Craignant le piratage et les copies domestiques, les éditeurs de musique enregistrée ont multiplié à plaisir contrôles, retards et tracasseries, si bien que le DAT est resté confiné au marché professionnel. Ainsi s'explique, selon certains, la coexistence étonnante du CD-audio (numérique, et d'excellente qualité) et de la minicassette (analogique, et de qualité médiocre). Le vidéo-DVD peut-il se développer si on lui impose trop de contraintes ? Certains spécialistes en doutent sérieusement.
 

Le DVD-ROM

Le DVD-ROM est le successeur logique du CD-ROM, et son avenir paraît plus assuré que celui du vidéo-DVD. Mais il souffre pour l'instant de quelques maladies de jeunesse :

    les lecteurs de DVD de première génération lisent les CD-ROM, mais pas les CD-R ni les CD-photo ;
  les lecteurs et les disques des diverses marques ne sont pas tous compatibles entre eux.

Ce dernier point a été mis en évidence par une étude menée cet été par la société Intel, avec la participation d'entreprises d'informatique, de fabricants de lecteurs et d'éditeurs de logiciel. Environ 25 lecteurs et 40 titres furent testés. La conclusion de ce travail est que le standard relatif à l'enregistrement de logiciels sur DVD-ROM devra être revu.

Sur CD-ROM, la vidéo encodée au standard MPEG-1 a d'abord été décodée à l'aide de cartes dédiées. Puis, grâce à la montée en puissance des microprocesseurs Pentium, le décodage logiciel est devenu praticable. Sur DVD-ROM, la vidéo encodée au standard MPEG-2 va suivre le même chemin. On sait déjà qu'un micro-ordinateur à processeur Pentium II permet le décodage logiciel, mais les machines moins puissantes devront être équipées d'une carte décodeur.

Conséquence : les fabricants de micro-ordinateurs renâclent à incorporer un lecteur de DVD à leurs nouveaux modèles, et les éditeurs de logiciel ont une position attentiste vis-à-vis du DVD en tant que support de leurs produits. Le meilleur conseil que l'on puisse donner à l'acheteur éventuel d'une machine, est de la choisir dotée d'un lecteur de CD-ROM, qu'il sera possible de remplacer plus tard (c'est à dire à la fin de cette année ou au cours de l'an prochain) par un lecteur de DVD-ROM de deuxième génération. Les fabricants de ce périphérique ont d'ailleurs revu à la baisse leurs prévisions de ventes pour 1997 : environ 1/2 million d'appareils, contre plusieurs millions prévus initialement. A plus long terme, par contre, tout le monde reste optimiste, et persuadé que le DVD-ROM remplacera un jour le CD-ROM. Chez Intel, on s'affirme persuadé que l'avenir du DVD est dans le logiciel plus que dans le cinéma, et qu'il se vendra plus de lecteurs à insérer dans les ordinateurs que de platines dédiées.

Conséquence de la contraction de son marché, et des incertitudes de sa politique, la société Apple a eu un peu de mal à trouver un sous-traitant qui consente à fabriquer un lecteur de DVD-ROM compatible avec le Macintosh. Rappelons que le premier Mac équipé d'un lecteur de DVD devrait apparaître sur le marché d'ici la fin de l'année.
 

Le DVD-RAM

Le DVD-RAM devrait être le successeur logique du CD-RW. Ce dernier est arrivé il y a quelques mois sur le marché, accompagné d'un logiciel un peu rudimentaire. Les choses semblent aller mieux, et des appareils mixtes -- graveurs de CD-R, graveurs de CD-RW, lecteurs de CD -- apparaissent sur le marché à des prix voisins de 4 KF HT, soit environ 1 KF de plus qu'un graveur/lecteur de CD-R. Rappelons que le frein au développement du CD-RW provient du fait que les lecteurs de CD-ROM ne lisent pas les CD-RW, à l'exception de certains appareils récents.

Le DVD-RAM devait apparaître sur le marché à la fin de cette année, avec une capacité de 2,6 Go, selon un standard défini par le Consortium DVD. A la mi-août, trois sociétés du consortium (HP, Philips et Sony) décidèrent de définir leur propre standard, doté d'une capacité de 4,7 Go. La société NEC, qui ne fait pas partie du consortium, annonçait alors son propre système, avec une capacité de 5,2 Go. En bref, il n'y a plus de standard du tout, et personne ne se hasarde plus à faire le moindre pronostic sur l'avenir du DVD-RAM pour l'instant.

Cette situation n'a rien d'alarmant : le CD-RW est depuis peu sur le marché, et il doit encore faire ses preuves. Son successeur, le DVD-RAM, peut attendre un peu. De plus, le Consortium DVD n'en est plus à une péripétie près.

 
 
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