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1 juillet 1997

Le CD réinscriptible arrive pour de bon

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Jean-Claude Sohm
(27 juin 1997 ; révisé le 1 juillet 1997)
 

Annoncé depuis des années, le CD réinscriptible (CD-RW) est arrivé sur le marché américain le 19 mars dernier, lorsque la société Ricoh a délivré le premier appareil. Référencé MP6200, il est revendu sous différents noms (MediaMaster, Playwrite), en modèle interne ou externe, avec une interface SCSI, et plus ou moins accompagné de logiciels divers. On trouve ses spécifications sur un serveur Internet ainsi qu'une idée des coûts de vente entre 500 et 800$.

En France, les premières publicités sont apparues dans les périodiques d'informatique du mois de mai dernier. Un rapport de test vient d'être publié dans le dernier numéro de PC Computing, et dans une page web pittoresque, où un heureux acheteur du nouvel appareil raconte ses tribulations.
 

Principe de fonctionnement

On formate le CD-RW vierge à l'aide d'un utilitaire spécial, qui attribue une lettre de lecteur au disque (comme pour un disque dur). On sauvegarde ensuite les données sur le disque comme on le ferait sur un autre média, à partir du logiciel d'application en cours d'utilisation. L'appareil enregistre à la vitesse 2X et lit à la vitesse 6X. Il fonctionne aussi en graveur de CD-R.

Comme annoncé, les CD ainsi gravés ne peuvent être lus sur les lecteurs courants de CD-ROM.

Les CD-RW fonctionnent sur le principe du changement de phase, ce qui conduit à un contraste nettement inférieur à celui des CD-ROM classiques. Les nouveaux lecteurs de CD-ROM, appelés "multiread", sont capables de relire les CD-RW, grâce à un amplificateur de signal (technologie AGS, Automatic Gain Control). Cinq constructeurs les commercialisent depuis peu : Hitachi, Panasonic, Plextor, Samsung et Toshiba. Heureusement, le graveur fonctionne aussi en lecteur !

Ce qui n'était pas prévu, par contre, c'est l'impossibilité d'effacer sélectivement un fichier, en récupérant la place correspondante.

Pour récupérer cette place, il faut effacer le disque entier, et pour ce faire, il faut le reformater. Selon le constructeur, l'opération peut être répétée un millier de fois : il semble me souvenir qu'on nous avait promis beaucoup plus... Le constructeur assure qu'il s'agit d'un problème de logiciel, et que l'on pourra bientôt supprimer sans problème le fichier de son choix, comme sur un média classique, lorsque la version 2.0 du logiciel DirectCD (d'Adaptec) sera disponible.

L'institut IDC s'est livré à des prévisions sur ce qu'il adviendrait du CD-R, du CD-RW, et de leurs homologues DVD-R et DVD-RW (encore appelé DVD-RAM), au cours des cinq prochaines années.
 

Le DVD-RW éliminera-t-il ses concurrents ?

Il semble qu'il y ait beaucoup de confusion dans ces spéculations, où l'on mélange média et matériel, sauvegarde et archivage. Examinons d'abord le support : le CD-RW, qui est réinscriptible, est destiné à la sauvegarde, alors que le CD-R, que l'on grave de manière définitive, et qui est nettement moins cher, est réservé à l'archivage. Quant à leurs concurrents au format DVD, ils ne seront pas sur le marché avant 1998, et nous ne savons pas quelles (bonnes ou mauvaises) surprises ils nous réservent.

Examinons ensuite le matériel : le graveur de CD-RW, qui grave aussi les CD-R, peut chasser le graveur de CD-R du marché, si la différence de prix entre les deux appareils devient faible -- ce que nous ne saurons pas avant quelque temps. On notera cependant que HP et Ricoh ont annoncé qu'ils retireraient bientôt leurs graveurs de CD-R de la vente.

L'appareil de Ricoh ne restera pas longtemps seul sur le marché : Hewlett-Packard, Nomai, Philips, Sony, et Yamaha ont annoncé la sortie prochaine de produits similaires -- l'appareil CRW4001 de Yamaha arrive ces jours-ci. De son côté, Ricoh annonce des variantes de son appareil initial : un modèle à tampon renforcé (2 Mo au lieu de 1 Mo), et un modèle à interface IDE (standard ATAPI).

Notons pour terminer que l'écriture de données par petites quantités ("packet writing") sur un CD-R, ou un CD-RW, est devenue possible depuis l'adoption en 1996 par les principaux constructeurs, et leur association OSTA (Optical Storage Technology Association), d'un nouveau système de fichiers appelé UDF (Universal Disk Format), remplaçant le système ISO 9660 désuet.

La technique "packet writing" élimine en plus le risque de voir la gravure échouer parce que le tampon de mémoire est vide (buffer overrun). Il faudra donc veiller à l'avenir à ce que les lecteurs et graveurs que l'on achète soient bien "packet enabled", ainsi que le logiciel qui les accompagne, sous peine de rencontrer quelques douloureuses incompatibilités.

Conclusion : la concurrence fait encore défaut, et la technologie balbutie un peu : mieux vaut attendre avant d'acheter un graveur/lecteur de CD-RW -- à moins d'être un passionné de nouvelles technologies, et de ne pas avoir peur d'essuyer les plâtres.  

 
 
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