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Vous êtes ici : Accueil > Technique > Mémoires > Papier peint, entre tradition et renouveau Révision : 26 avril 2016  
Papier peint, entre tradition et renouveau
 
             Mélanie BAY et Alizée GLASSER

Élèves ingénieurs 2e année
Mai 2015
Mise en ligne - Mars 2016

Avertissement
Ce mémoire d'étudiants est une première approche du sujet traité dans un temps limité.
À ce titre, il ne peut être considéré comme une étude exhaustive comportant toutes les informations
et tous les acteurs concernés.

       
  Plan  
I - Introduction
II - Qu'est-ce que le papier peint ?
III - Opportunités et développement
IV - Perspectives
V - Conclusion
VI - Bibliographie-Webographie
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I - Introduction

Plan

   
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            Papier peint      
  Figure 1 - Papier peint
(Mues Design) [A3P]
 

Apparu au XVIIe siècle en Europe, le papier peint remplace progressivement les tapisseries des habitations bourgeoises. Il est composé de feuilles mises bout à bout, imprimées en taille-douce ou à la planche de bois et qui comportent parfois également des parties peintes à la main. Certaines encres utilisées contiennent des pigments métalliques (argent, cuivre, or), ou même de la poudre de laine, ce qui génère les papiers peints en velours floqué. Produit luxueux, le papier peint se développe au cours du XVIIIe siècle pour devenir à la mode sous le règne de Louis XVI et représente alors des scènes panoramiques.

Le papier peint prend peu à peu le pas sur les autres décorations murales grâce à sa rapidité de fabrication : une journée suffit à en imprimer plusieurs mètres à la planche de bois alors qu'elle ne permet de tisser que quelques centimètres d’une tapisserie.

Dans les années 1830, apparaît le papier peint mécanique : des motifs répétitifs sont imprimés en continu au moyen de cylindres sur des bandes de papier à pâte mécanique, et non plus sur des feuilles fabriquées à partir de chiffons. C’est l’âge d’or du papier peint : la quantité imprimée en une journée augmente fortement, ce qui baisse son prix de revient et favorise sa démocratisation.

Ces dernières années, le secteur du papier peint semble en perte de vitesse avec 50 millions de rouleaux vendus en 2005 contre 100 millions en 1970. Image désuète, support perçu comme difficile à poser... le papier peint est à la peine.

Cependant, en 1999, l’apparition de l’intissé, qui présente entre autres l’avantage d’être facile à appliquer, provoque un regain d’intérêt pour ce support décoratif. Le secteur connaît une augmentation des ventes de 40% en deux ans. L'implication de designers permet de proposer sur le marché des papiers peints adaptés aux tendances et aux goûts des consommateurs avec un large éventail de motifs et de finitions [Figure 1 & vidéo 1]. D'ailleurs, les enseignes commerciales se saisissent de cette opportunité pour mettre en valeur leurs produits en vitrine.

                     
  Vidéo 1 - Le papier peint, un art à part entière ?
"Faire le mur. Quatre siècles de papiers peints". 
Exposition : Musée des Arts Décoratifs, Paris, 21 janvier-12 juin 2016
[YouTube]
 
     

Aujourd’hui, de nouvelles caractéristiques, comme la fonctionnalisation et la personnalisation, participent à la relance du papier peint. De plus, des techniques innovantes concernant actuellement d’autres domaines de la papeterie ou des arts graphiques pourraient être adaptées au secteur.

II - Qu'est-ce que le papier peint ?

Plan

II-1 - Types de papier peint

Les papiers peints se distinguent notamment selon leurs matériaux constitutifs qui leur confèrent différentes propriétés

II-1-1 - Papier peint à base papier

Entièrement constitué de papier, il peut être lisse, en relief ou froissé, et comporter plusieurs couches de papier. Il est classé selon son grammage, du papier léger (<110 g/m²) au papier lourd (>140 g/m²). Le moins cher de tous, il est cependant fragile et ne résiste pas à l’humidité : il n’est donc pas adapté à toutes les pièces (salle de bain). Concernant la pose, la colle s’applique au dos du rouleau et un temps d’imprégnation est nécessaire. Il en va de même pour tous les autres papiers peints à base d’une couche de papier.

II-1-2 - Papier peint intissé

Constitué de cellulose et de fibres textiles ou polyester, il possède une grande stabilité dimensionnelle et est infroissable. Cela le rend particulièrement adapté aux endroits difficiles à tapisser, d’autant plus que lorsque son grammage est élevé, il masque les irrégularités de surface du mur. En outre, il est difficilement inflammable. Bien que perméable à l’air et à la vapeur d’eau, une couche de vinyle peut le rendre imperméable. La colle est applicable au choix sur le dos du papier peint – dans ce cas, sans temps d’imprégnation – ou sur le mur, d'où un gain de temps appréciable : deux heures seulement sont nécessaires pour tapisser une pièce de 20 m² en encollant le mur contre plus du double en encollant le papier peint. Enfin, le papier peint intissé s’enlève facilement à sec.

II-1-3 - Papier peint vinylique

Il se décline en trois possibilités : avec support papier, avec support intissé – une couche de vinyle est déposée sur le support – ou bien sans support. Le principal atout de ce papier peint est d’apporter un effet texturé au matériau : lisse ou grainé – ce qui le rend très résistant aux griffures et aux chocs – ou bien expansé – la couche vinylique est expansée par élévation de température d’une encre gonflant à la chaleur et permet de masquer les défauts du mur (fissures, irrégularités). Dans tous les cas, il est imperméable, ce qui le rend lessivable.

II-1-5 - Autres papiers peints

Le papier peint en textile est un matériau composite constitué de fils reposant sur un support (en papier ou en non-tissé) sous forme de fines cordelettes, feutre, filasse, fibres synthétiques ou naturelles, ou même de plumes. On parle de "fils de chaîne" lorsque les fils sont collés uniquement dans le sens longitudinal sinon, de "fils croisés" ou "fils tissés".

Le papier peint en velours est une tapisserie en velours dont la méthode de fabrication est vieille de plus de trois siècles : de la colle ("mordant") est imprimée pour former un motif là où des fibres courtes naturelles (laine, soie) ou chimiques adhèrent par flockage électrostatique, les fibres en surplus étant aspirées. Rarement employé, il concerne essentiellement la rénovation de bâtiments historiques.

Le papier peint métallisé est composé d’une feuille d’aluminium contrecollée sur un support de fort grammage, en papier ou en non-tissé, sur lequel est appliqué un glacis teinté pour donner des effets cuivrés ou d'autres effets métalliques. Le glacis peut être remplacé par une attaque chimique ou une oxydation de l’aluminium. Cette technique artisanale est peu utilisée car le papier peint est très onéreux. Une solution alternative pour obtenir des effets métallisés est d’utiliser des pigments métalliques.

Enfin, il existe également des papiers peints fabriqués à partir de toutes sortes de produits naturels (herbes, feuilles, liège) nettoyés et traités, qui ont suscité l’engouement dans les années 1980 mais sont peu utilisés aujourd’hui.

II-2 - Techniques de fabrication

Le papier peint est fabriqué en trois étapes : fabrication du matériau, impression puis finitions éventuelles.

II-2-1 - Fabrication du matériau

La base papier est fabriquée à partir de pâte à laquelle sont ajoutées des fibres de verre pour la stabilité dimensionnelle. Ensuite, le papier brut est sizé afin de faciliter l’encollage ultérieur, puis couché, avec de l’amidon par exemple, afin d’améliorer l’imprimabilité. La vitesse de production peut atteindre 600 m/min. Le papier est conditionné en rouleaux, de la largeur d’un ou de plusieurs lés.

La base intissée peut être également fabriquée selon un processus papetier. Les fibres, le plus souvent cellulosiques de synthèse, sont dispersées dans un cuvier et triturées. Puis, la pâte obtenue est déversée sur une toile de formation, un matelas fibreux ("voile") se forme et l’eau est égouttée par aspiration. D’autres techniques de fabrication existent pour lesquelles le principe est toujours de former un voile de fibres orientées aléatoirement et de retirer l’eau. Ces papiers peints monocouche sont appelés "papiers simples".

Il y a également des papiers "duplex" constitués d’un frontal (en PVC par exemple) contrecollé ou appliqué à l’état fondu à l’aide d’un rouleau sur une couché dorsale de papier simple. La couche frontale a un grammage compris entre 70 et 100 g/m. Il est à noter que la fabrication du papier peint vinyle expansé diffère car le polymère en relief est alors appliqué sélectivement par des techniques d’impression.

II-2-2 - Impression du motif

Cinq procédés d’impression sont principalement utilisés : héliogravure, sérigraphie, flexographie, impression en relief et jet d’encre. D’autres techniques sont parfois employées.

Héliogravure

C'est le procédé le plus usité. Un cylindre de cuivre est sélectivement gravé (au laser par exemple) selon le motif à imprimer, puis chromé. Il barbote dans un réservoir d’encre qui remplit les alvéoles, le surplus étant enlevé par une racle. L’encre se dépose ensuite sur le papier. Le cylindre d’impression peut être gravé sur toute sa surface et ne comporte pas de zone morte : l’héliogravure permet donc d’imprimer une bande de papier en continu, ce qui fait sa force dans l’impression de rouleaux de papier peint. Ce procédé offre également une importante stabilité des couleurs, un atout important si des rouleaux ne provenant pas d’un même lot sont utilisés pour tapisser une même pièce. La vitesse d’impression peut atteindre 120 m/min [Figure 2].

                Héliogravure et cylindre gravé       
  Figure 2 - Héliogravure et cylindre gravé  
     

Sérigraphie rotative

Elle permet d'imprimer du papier peint vinylique expansé. Des granulés de PVC fondus sont mélangés à des additifs et des pigments. Cette pâte fluide est versée à l’intérieur d’un cylindre creux dont la surface est constituée d’un écran sur lequel certaines zones du maillage sont obstruées par un masque (polymère réticulé). La pâte est forcée par une racle à travers les mailles ouvertes de l’écran et se dépose sur le papier qui traverse ensuite un four dans lequel le PVC gonfle sous l’effet de la chaleur. Lorsqu’il s’agit d’une impression classique, des encres remplacent le PVC. Ce procédé permet d’imprimer en continu, à une vitesse de 120 m/min. L’écran mesure 68 cm de large et de 64 à 100 cm de circonférence [Figure 3].

                Sérigraphie rotative et écran       
  Figure 3 - Sérigraphie rotative et écran  
     

Il est également possible d’imprimer à plat avec un écran de 2 m X 10 m, ou bien par 30 m, ce qui permet d’imprimer trois rouleaux à la fois.

Flexographie

Cette technique d'impression via le dépôt d'encre sur les zones en relief d’un cliché polymère, est moins courante chez les fabricants de papier peint. Néanmoins, les pressions mises en jeu dans la zone de pincement à travers laquelle passe le papier à imprimer sont plus faibles qu’en héliogravure ou en sérigraphie. La flexographie permet ainsi d’imprimer du carton ondulé sans écraser les cannelures, ce qui lui donne un avantage dans l’impression de papiers peints en relief. La circonférence du cylindre porte-cliché est comprise entre 52 et 68 cm et les différents groupes d’encrage peuvent être en ligne ou bien satellites, avec un cylindre central de 1,2 m de diamètre [Figure 4].

                Flexographie et cliché       
  Figure 4 - Flexographie et cliché  
     

Impression en relief

Elle associe gaufrage et impression par rotogravure effectués par un même cylindre. Sous l’effet de la pression, le papier de la couche frontale est déformé entre le cylindre encré en relief négatif et le cylindre de contre-pression en relief positif en même temps qu’il est imprimé. Il est ensuite contrecollé sur la couche dorsale [Figure 5].

                Impression en relief et cylindres de gaufrage       
  Figure 5 - Impression en relief et cylindres de gaufrage  
     

Impression jet d’encre

Éjection par une multitude de buses de gouttes unitaires qui se déposent sur le papier, ce procédé numérique permet de modifier à volonté l’image imprimée et de réaliser de courtes séries ainsi que des papiers peints personnalisés [Figure 6].

                Impression jet d'encre et buses       
  Figure 6 - Impression jet d'encre et buses  
     

En marge de ces procédés industriels, certains imprimeurs, à l'instar du britannique Anstey Wallpaper Compagny, continuent d’imprimer une partie de leurs produits avec des techniques traditionnelles [Figure 7] :

                Impression traditionnelle du papier peint      
  Figure 7 - À gauche et au centre, impression surfacique et forme imprimante
À droite, impression à la planche de bois
[Anstey Wallpaper Compagny]
 
     

Concernant les encres utilisées lors de l’impression, les pigments doivent avoir une solidité lumière d’au moins 5 sur l’échelle des bleus car le papier peint sera fortement exposé au soleil. Le film d’encre doit avoir une bonne résistance à l’abrasion et aux frottements. L’encre doit généralement avoir une finition mate pour que le papier peint soit agréable à regarder et ne présente pas de reflets quel que soit l’angle d'observation, sauf si cet effet spécial est justement recherché. Souvent, dans le cas d’un papier peint à base papier, un solvant comportant une résine phénolique ou un caoutchouc chloré est utilisé. Dans le cas d’un papier peint vinylique, un solvant à base de méthyléthylcétone et de toluène est employé en héliogravure, ou un solvant ester qui convient à l’héliogravure et à la flexographie.

II-2-3 - Finition

Une fois imprimé, le papier peint est déposé en nappes sur un tapis d’accumulation puis mis en rouleaux (lés) dans une enrouleuse. Il est découpé au format de 55 cm X 10 m. Il peut également être embossé à chaud ou gaufré avant d’être enroulé. Certains constructeurs ont développé des technologies permettant de réaliser ces opérations de finition hors ligne, tout en superposant parfaitement le relief et les parties imprimées. Par ailleurs, l’embossage peut être effectué sur toute la laize de la bobine (une dizaine de mètres) si celle-ci est découpée en bobineaux.

II-3 - Acteurs traditionnels du secteur du papier peint

La filière du papier peint est constituée des créateurs ou éditeurs qui définissent l'aspect graphique du papier peint, des fabricants qui le produisent à l’aide de fournisseurs ou sous-traitants, des revendeurs et des utilisateurs finaux [Figure 8].

                Acteurs traditionnels du secteur du papier peint      
  Figure 8 - Acteurs traditionnels du secteur du papier peint  
     

II-3-1 - Créateurs ou éditeurs

Les créateurs ou éditeurs sont responsables de la création graphique des papiers peints répartis en cinq catégories :

Si de nombreux rouleaux d’entrée de gamme coûtent une dizaine d’euros, certains designers étant prestigieux, le prix du lé peut aussi atteindre une centaine d’euros.

II-3-2 - Fabricants

Les fabricants de papier peint sont souvent également des éditeurs. En France, ils sont regroupés au sein de l’Association pour la Promotion du Papier Peint (A3P). Des associations équivalentes existent à l'étranger : par exemple, en Allemagne, le Deutche Tapeten Institut, aux États-Unis, the Global Wallcoverings Association (IGI).

Parmi les fabricants, citons quelques exemples :

II-3-3 - Fournisseurs et sous-traitants

Dans la fabrication du papier peint, entrent en jeu les fournisseurs de papier – papier peint à base papier ou en vinyle et intissé à base papier –, d’intissé, de PVC, de presses conventionnelles et numériques et d’encres [Figure 9].

Quelques exemples :

                Impression de papier peint sur une imprimante grand format      
  Figure 9 - Impression de papier peint sur une imprimante grand format  
     

II-3-4 - Normes et labels

Différentes normes régissent le secteur du papier peint : elles concernent d'une part, la sécurité des clients et d'autre part, l'environnement.

Sécurité des clients

Depuis le 18 décembre 2009, la norme européenne EN 15102 définit pour tous les papiers peints fabriqués en Europe, les spécificités techniques à respecter afin d'être conformes aux exigences essentielles en matière de sécurité, de santé, d'environnement et de protection du consommateur. Elle spécifie des valeurs seuil d’inflammabilité, de dégagement de formaldéhyde, ainsi que de contenance en métaux lourds et en chlorure de vinyle. Le règlement européen pour les produits de construction requiert également l’établissement d’une déclaration des performances (DoP) récapitulant ces différents points.

Le label allemand RAL-GZ 479 définit quant à lui des seuils inférieurs de 50% aux seuils légalement autorisés.

Enfin, il faut noter que la norme européenne DIN EN 71 concernant la sécurité des jouets s’applique aussi au papier peint puisqu'il peut être installé dans des chambres d’enfants où il risque d’être léché, détaché voire ingéré.

Environnement

Les labels FSC et PEFC certifient que le papier est fabriqué à partir de bois provenant de forêts gérées durablement. Imprim’Vert indique que l’imprimeur est engagé dans une démarche respectueuse de l’environnement. L'écolabel allemand Ange bleu, RAL-UZ 35a, garantit que le papier est constitué essentiellement de matière première recyclée.

Le papier peint n’est pas recyclable, certainement à cause de la colle qui lui est appliquée et l’imprègne. Cependant, au cours de sa fabrication, la plupart de ses polluants et déchets sont recyclés (solvants) ou réutilisés (énergie) afin d’entrer dans des objectifs de développement durable.

III - Opportunités et développements

Plan

III-1 - Papiers peints innovants

III-1-1 - Innovations déjà présentes sur le marché...

Après la révolution de l’intissé, quelques innovations actuellement commercialisées apportent un renouveau au secteur du papier peint.

L’impression numérique permet d’imprimer un motif personnalisé et de produire des lés en faible quantité. Cette personnalisation peut par exemple être utile aux commerçants désireux de décorer leur vitrine avec un papier peint assorti aux produits exposés afin d'attirer l'œil du client. Autre avantage : NeoDKO propose aux particuliers de concevoir leur papier peint en ligne. Le client sélectionne d’abord le support – matériau, grammage, état de surface... – puis ses dimensions, avant de télécharger l'image et de choisir des finitions.

Scenolia utilise la technologie gigapixel pour imprimer des photographies en très grand format et à très haute résolution sur du papier peint. Elle consiste en la prise de vues multiples, généralement à l’aide d’une tête robotisée et d’un objectif macro ou un téléobjectif d’un sujet, d’un paysage ou d’un tableau, et en son assemblage de manière à augmenter la taille et la résolution de l’image finale. Théoriquement, un gigapixel doit présenter au moins un milliard de pixels (109 pixels). Une photographie en gigapixels révèle des détails invisibles à l’œil nu [Figure 10].

                Photographie en gigapixels      
Figure 10 - Une photographie en gigapixels révèle des détails invisibles à l’œil nu
[PCMag]
     

Concernant la pose, ID Numérique et Coating Développement ont mis au point un papier peint intissé constitué de fibres de cellulose et de polyester qui est pré-encollé. L’utilisateur n’a plus qu’à pulvériser de l’eau sur le papier et sur le mur. Le papier peint est repositionnable tant que le mur n’a pas séché, ce qui permet des ajustements. Tempaper va plus loin : ses papiers peints peuvent être enlevés du mur et déplacés à tout moment. Étant donné que 70 % du coût de pose dans une pièce provient de la main d’œuvre lorsqu'un particulier fait appel à une entreprise extérieure, le développement de papiers peints faciles à poser et à enlever rend l'opération plus économique et facilite le changement fréquent de décoration.

Le papier peint magnétique est également repositionnable. Une feuille magnétique adhésive est d’abord appliquée sur le mur de manière permanente. Le papier peint aimanté peut ensuite être posé, repositionné voire changé facilement. Autre intérêt : des aimants peuvent aussi être posés sur le mur. Groovy Magnets propose par exemple plusieurs types de papiers peints magnétiques, du papier peint noir au papier peint imprimé ou encore à peindre. Ils sont composés de particules de fer déposées sur une base vinylique.

III-1-2 - ... et innovations émergentes

Des innovations demeurent à l’état de projets plus ou moins avancés, attendant la commercialisation.

C’est le cas de Métapapier créé par le Centre Technique du Papier à Grenoble [Figure 11]. Ce papier peint a la propriété d’atténuer la quantité des ondes radio qui traversent les murs d’une pièce, en reprenant une technique bien connue : la cage de Faraday, structure métallique réfléchissant tout type d’ondes. Le Métapapier innove dans la sélection des ondes à filtrer. En effet, de très fines pistes d’encre conductrice à particules d’argent sont imprimées sur le papier et crée un maillage dont la taille est fonction de la longueur d’onde à bloquer. Le Métapapier cible les ondes dont la fréquence est comprise entre 2,45 et 5,5 GHz, ce qui comprend les ondes Wi-Fi (de 2,4 à 2,5 GHz) mais pas les ondes de radio FM, de la téléphonie et de l’Internet mobiles. L’exposition quotidienne aux ondes Wi-Fi, pour la plupart des internautes, implique des impacts probables sur la santé que cette technologie pourrait réduire. Par ailleurs, le Métapapier permet de limiter la portée Wi-Fi d’un boîtier Internet afin de lutter contre le piratage et également d’éviter les recouvrements de canaux. En effet, la gamme de fréquences à laquelle émettent les ondes Wi-Fi comporte treize canaux et des brouillages peuvent survenir si deux canaux trop proches sont utilisés à proximité l’un de l’autre.

                Métapapier      
  Figure 11 - Métapapier
[CTP]
 
     

Architects Paper (AS Création) a mis au point un papier peint lumineux contenant 840 LED par lé. Récompensé par le German Design Award Special Mention 2013 et par l’Interior Innovation 2012 Best of Best, il prend en compte des critères environnementaux tels que la consommation et la durée de vie des LED [Figure 12].

                Papier peint à LED      
  Figure 12 - Papier peint à LED
[Architects Paper]
 
     

En 2012, la designer Constance Guisset est primée au WallpaperLab – concours organisé par Les Arts Décoratifs et l’A3P – pour son papier peint phosphorescent [Figure 13]. Ce type de papier peint existe déjà mais la nouveauté de celui-ci est que l’encre phosphorescente n’est visible qu'en grattant une partie du PVC expansé qui la recouvre. Il est alors possible de dessiner un motif phosphorescent, visible dans l'obscurité.

                Papier peint phosphorescent      
  Figure 13 - Papier peint phosphorescent
[A3P]
 
     

La réalité augmentée intéresse les éditeurs et fabricants de papier peint. Le FabLabWall, lauréat du concours Wallpaperlab 2010, créé par Jean-Louis Frechin et Uros Petrevski de l’agence Nodesign, est un exemple de papier peint augmenté [Figure 14]. Il contient des informations numériques (images/textes) pouvant être révélés par un ordinateur ou un smartphone. La technologie utilisée s’appuie sur le principe du Flashcode qui permet la lecture, à partir d’un smartphone, des données encodées qui deviennent le motif du papier peint. Son, vidéo, images… stockés sur les murs prennent vie sur l'écran du téléphone.

                Papier peint augmenté      
  Figure 14 - Papier peint augmenté
[A3P]
 
     

Autre exemple de papier peint augmenté : Regular Switch et Le Presse Papier ont créé Wall of Sound, un papier peint interactif comprenant des QR codes qui, scannés par un smartphone ou une tablette, ouvrent un contenu augmenté : musique, vidéo [Figure 15]…

                Papier peint interactif      
  Figure 15 - Papier peint interactif
[Industries Créatives]
 
     

Enfin, l’Institut de Technologie de Karlsruhe en Allemagne a développé un papier peint antisismique [Figure 16]. Objectif : retarder l’effondrement des murs en répartissant au mieux les contraintes qu’ils subissent grâce aux fibres de verre contenues dans le papier peint qui sont orientées dans toutes les directions. Les personnes en danger gagnent ainsi un temps précieux pour sortir des bâtiments. La colle utilisée lors de la pose est constituée d’eau, de liants et de prépolymères. Elle s’infiltre bien dans les petites anfractuosités du mur avant de polymériser, ce qui lie d’autant mieux les fibres de verre au mur. Cette adhésion n’est pas fragile car le polymère ainsi formé se restructure sous l’effet d’une contrainte et reste élastique.

                Papier peint antisismique      
  Figure 16 - Papier peint antisismique
[The Future of Things]
 
     

III-2 - Pistes de développement

Le papier peint pourrait trouver quelques opportunités de développement dans des innovations émergentes qui concernent d’autres secteurs de la papeterie ou des industries graphiques.

Les encres thermochromes contiennent une substance – des leucodérivés encapsulés dans des gouttelettes de gélatine – changeant de couleur lors d’une variation de température d’au moins 3°C. Elles peuvent être imprimées sur des supports, poreux ou non, en plastique comme métalliques. Elles pourraient donc servir à l’impression de papiers peints quel que soit leur type de couche frontale (papier, PVC ou intissé). Cependant, bien que les billes thermochromes puissent être intégrées dans une matrice polymère, la température à laquelle est chauffé le PVC expansé risque de leur causer des dommages irréversibles et il serait probablement nécessaire d’adapter la formulation. Nous pourrions alors imaginer une pièce qui change de couleur en fonction de la température, avec des murs d’un blanc très pur et lumineux lorsqu’il fait sombre et, au contraire, plus ternes lorsque le soleil éclatant les frappe directement, donc plus confortables pour l'œil [Figure 17].

                Photochromie      
  Figure 17 - Photochromie : à droite, les couleurs se révèlent en présence des UV du soleil
[Urban Giants Design]
 
     

Myrine Creations avait le projet de créer un papier peint constitué d’encres photochromes, qui changent de couleur avec la lumière, représentant un érable dont tantôt les feuilles, tantôt les fleurs apparaîtraient selon la température ambiante. Ce projet n'a pas abouti.

En 2012, des chercheurs de l’Université Technologique de Chemnitz (Allemagne) ont imprimé des haut-parleurs sur du papier par un procédé d’impression spécial. Constitutés de plusieurs couches d’un polymère organique conducteur ainsi que d’une couche piézoactive, ils sont branchés sur un amplificateur audio. Il serait intéressant d'intégrer directement des haut-parleurs aux murs via du papier peint.

Autre manière de créer un papier peint sonore : s’inspirer du Drum Poster de la société britannique Novalia [Vidéo 2]. Cette affiche représente une batterie sur laquelle des capteurs imprimés, piézo-sensibles à la pression, sont reliés par des pistes conductrices imprimées elles aussi, à un module électronique émetteur de son.

                     
  Vidéo 2 - Novalia Drum Poster
[YouTube]
 
     

En 2015, l’entreprise a également fabriqué une pochette de disque vinyle interactive baptisée Printed MIDI DJ Decks [Vidéo 3]. Une table de mixage, imprimée sur une face de la pochette, est reliée par des encres conductrices imprimées sur le papier, à différents circuits électroniques. Un capteur Bluetooth permet ensuite de transmettre les informations à un téléphone portable possédant une application dédiée qui émet les sons.

                     
  Vidéo 3 - How We Made It: Printed Midi DJ Decks: Novalia for DJ QBert
[YouTube]
 
     

Lightpaper, développé par Rohinni, pourrait être une opportunité pour le secteur du papier peint [Figure 18]. L’impression via des techniques d’électronique imprimée (sérigraphie, flexographie ou jet d’encre) de diodes microscopiques sur une feuille de papier permet à celle-ci de s’illuminer lorsqu’elle est branchée. La feuille est protégée entre deux couches de polymère. Cette technologie nécessite encore des améliorations afin de permettre un dépôt homogène des diodes sur toute la surface du papier, ce qui n’est pas une mince affaire. Une fois cette difficulté dépassée, des frises de papier peint pourraient être réalisées pour illuminer une pièce de manière diffuse.

                Lightpaper      
  Figure 18 - Lightpaper
[Hitek]
 
     

À partir de micro-organismes émetteurs de lumière, Glowee développe un éclairage bioluminescent aux formes et motifs personnalisables [Figure 19]. Consommant peu d’énergie, le produit est déposé sur un adhésif applicable sur du verre. Il serait envisageable d’étendre cette idée au papier peint afin d’obtenir un produit lumineux entièrement issu de la biomasse. Toutefois, la durée de vie de l’éclairage – actuellement une journée, prochainement quelques mois – nécessite d’être considérablement augmentée.

                Éclairage bioluminescent      
  Figure 19 - Éclairage bioluminescent
[Glowee]
 
     

Les étiquettes RFID pourraient aussi jouer un rôle important dans le secteur du papier peint fonctionnel. Elles peuvent être imprimées sur des supports flexibles, ce qui est compatible avec le conditionnement en rouleaux du papier peint [Figure 20].

Un tag RFID est un dispositif récepteur composé d’une puce contenant les informations à échanger et d’une antenne permettant les échanges. Il est lu par un interrogateur RFID, dispositif émetteur d’ondes radio qui active les tags se trouvant à proximité en leur fournissant l’énergie dont ils ont besoin pour fonctionner, ainsi que des commandes pour appeler le tag à renvoyer certaines informations. Les ondes aux grandes longueurs d’onde contournent plus facilement les obstacles et fournissent un signal plus fort à un récepteur que les ondes à faible longueur d’onde. Les ondes radio sont des ondes aux moyennes voire fortes longueurs d’onde sont d'un grand intérêt en raison de leur aptitude à fournir assez d’énergie aux tags RFID pour qu’ils puissent fonctionner. En revanche, elles impliquent que la taille de l’antenne du tag soit assez importante. L’intégration d’une grande étiquette RFID dans un mur permettrait de contourner cette difficulté.

                Flexibilité du tag RFID      
  Figure 20 - Flexibilité du tag RFID
[Glowee]
 
     

En 2013, des étudiants de l’Université de Princeton ont mis au point une antenne radio géante, d’aspect similaire au tag RFID, afin de communiquer avec différents capteurs présents dans le bâtiment destinés à recueillir des informations [Figure 21]. L’antenne est imprimée sur une feuille de plastique mince : cela laisse penser qu'elle pourrait être directement intégrée dans un papier peint. À la clef, l’essor des maisons connectées favorisant l'habitat intelligent capable d’interagir avec son environnement.

                Antenne radio géante      
  Figure 21 - Antenne radio géante
[Université de Princeton]
 
     

III-3 - Modification de la dynamique du secteur

III-3-1 - Apparition de nouveaux acteurs

                Chaîne de valeur du papier peint      
  Cliquer sur l'image pour l'agrandir
Figure 22 - Chaîne de valeur du papier peint
 
     

Les caractéristiques et fonctionnalités innovantes évoquées ci-dessus révèlent la tendance qui anime le secteur du papier peint : outre les produits traditionnels, l’offre s’enrichit et se diversifie en devenant de plus en plus technique.

Les procédés classiques de fabrication du papier peint poursuivent leur modernisation en vue d’accroître la productivité. Cependant, ils ne permettent pas toujours de réaliser chacune des étapes de fabrication du papier peint fonctionnel. La technique du spray, utilisée dans la fonctionnalisation de surface en électronique organique, pourrait dans certains cas remplacer les procédés d’impression traditionnels, tandis que ces derniers s’adaptent pour imprimer des encres conductrices.

Nouvelles encres, nouveaux moyens de fabrication : la R&D joue un rôle majeur dans la fonctionnalisation du papier peint. Le diagramme de Porter ci-dessous reflète bien cette dynamique du secteur du papier peint [Figure 23]. De nouveaux acteurs ayant développé des technologies adaptables au papier peint se glissent parmi les éditeurs et fabricants déjà implantés sur le marché et les entreprises ayant déjà commercialisé quelques papiers peints fonctionnels. Cependant, il faut noter que les concurrents traditionnels du papier peint – peinture, carrelage – se sont également touchés par la fonctionnalisation. Il paraît alors primordial de déterminer les avantages concurrentiels des papiers peints fonctionnels et les événements qui pourraient jouer en leur défaveur.

                Diagramme de Porter - Papier peint fonctionnel      
  Cliquer sur l'image pour l'agrandir
Figure 23 - Diagramme de Porter
 
     

III-2-2 - Positionnement des papiers peints fonctionnels sur le marché

     
                Tendances du marché américain du revêtement mural en général et du papier peint en particulier      
  Figure 24 - Tendances du marché américain
du revêtement mural en général
et du papier peint en particulier
[I.T. Strategies]
 
     

En se basant sur l’évolution en 2011 et 2012 du marché du revêtement mural (hors peinture) aux États-Unis, le cabinet d'études I.T. Strategies a prédit son évolution de 2013 à 2016. Il ressort de son étude que le marché du papier peint représente 20 % du marché du revêtement mural. Cela correspond à des ventes comprises entre 300 et 400 millions de dollars par an. Le prix du papier peint au pied carré à l’achat augmente de manière linéaire tandis que le volume des substrats augmente également : cela confirme la tendance au développement de papiers peints à plus forte valeur ajoutée.

Le papier peint fonctionnel a-t-il les atouts nécessaires pour tirer profit de cette demande en produit haut de gamme ?

Forces Faiblesses
  • Motifs et textures variés, personnalisation
  • Matériaux biosourcés
  • Fonctionnalisations variées
  • Valeur ajoutée en plus de la décoration
  • Coût
  • Pas de recyclage actuellement
  • Matériau papier perçu comme démodés
  • Manque de visibilité
Opportunités Menaces
  • Adresser des marchés plus larges que le papier peint traditionnel
  • Développement de l'Internet des objets, intégration à l'habitat intelligent
  • Développement des procédés d'impression
  • Peinture, carrelage, toile textile fonctionnalisée
  • Peinture "verte"
  • Big Data et collecte des données

Tableau 1 - Diagnostic stratégique via la matrice SWOT

La matrice SWOT ci-dessus met en évidence les principaux atouts du papier peint fonctionnel par rapport aux autres revêtements muraux fonctionnels. Tout comme le papier peint traditionnel, le papier peint innovant peut avoir des motifs, ce qui leur confère un avantage certain sur la peinture uniforme. Il est issu de matériaux biosourcés contrairement à la peinture, produit dérivé du pétrole. De plus, la variété des fonctionnalités possibles lui permet de disposer d’une large gamme d’avantages tels que la protection aux ondes Wi-Fi.

Cependant, ce papier peint fonctionnel est encore cher à produire, ce qui se répercute sur le prix de vente et dissuade le consommateur. De plus, il souffre d’un manque de visibilité du grand public et n'est guère mis en avant chez les revendeurs.

Certains facteurs de développement peuvent être identifiés comme de véritables opportunités. Ainsi, le développement d’un matériau biosourcé, aux propriétés équivalentes à celles de la fibre de verre présente dans le papier, permettrait de remplacer cette dernière afin d'obtenir un produit totalement biosourcé, probablement recyclable, bien que le désencrage puisse demeurer problématique. L’intérêt grandissant pour les objets connectés, notamment dans le domaine de l'habitat, pourrait également offrir une piste intéressante pour favoriser le marché du papier peint fonctionnalisé. Enfin, les progrès des techniques d’impression – par exemple, des rotatives jet d’encre qui impriment plus vite, en petites séries, à des niveaux de résolution plus élevés et des coûts plus faibles  – soutiennent aussi l'aptitude du papier peint fonctionnel à se démarquer des produits concurrents.

Toutefois, la fonctionnalisation et la mise au point de produits plus écologiques sont des tendances qui touchent aussi d'autres secteurs concurrents comme la peinture (ex. peinture à base de nanocelluloses). Enfin, une réglementation plus stricte de la collecte des données pourrait freiner le développement des objets connectés.

IV - Perspectives

Plan

Imaginons trois scénarios quant à l'avenir du papier peint fonctionnel.

IV-1 - Scénario 1 - 2030 : le papier peint fonctionnel se positionne sur un marché de niche

Hypothèses

La marque Architects Paper créée en 2008 par l’éditeur et fabricant AS Création afin de proposer des papiers peints innovants (notamment lumineux grâce à l’ajout d’une multitude de LED) n’a pas suffisamment incité les fabricants traditionnels à faire de même. D’innovation en innovation, la variété de papiers peints fonctionnels disponibles sur le marché s’étend mais le caractère morcelé du secteur empêche la mise en œuvre d'une production à grande échelle. Par conséquent, leurs prix restant élevés, les papiers peints innovants et fonctionnels ne sont accessibles qu'à une clientèle fortunée.

Probabilité de réalisation du scénario : 80 %

IV-2 - Scénario 2 - 2025 : les acteurs traditionnels du papier peint s’emparent avec succès des technologies de fonctionnalisation

Hypothèses

Confrontés à la baisse des ventes et portés par le succès de l’électronique imprimée, les fabricants traditionnels décident de proposer à leurs clients des papiers peints innovants et fonctionnels, donnant ainsi une image de modernité à ce revêtement mural. La diversité des fonctionnalités envisageables permet aux papiers peints de se positionner sur des domaines variés. Bientôt, chacun possèdera chez soi des murs changeant de couleur ou à éclairage intégré qui permet par exemple d’ajuster la luminosité d’une pièce automatiquement en fonction de l’intensité de la lumière du jour sans consommer d’énergie. Par ailleurs, la technologie RFID, discrètement implantée sur chaque mur, permet de connecter les pièces entre elles et de commander à distance des fonctionnalités telles que l’éclairage, ce qui s’intègre parfaitement dans le concept de maison connectée.

Face à l’augmentation de la demande de surfaces fonctionnelles comportant des produits non naturels, la réglementation européenne se durçit pour atteindre les objectifs de développement durable fixés pour 2050. En réponse, les industriels papetiers mettent au point des techniques de recyclage du papier peint et de séparation de la colle. Le marché des peintures fonctionnelles quant à lui s’effondre faute de solutions alternatives à leurs composants pétrochimiques.

Probabilité de réalisation du scénario : 70 %.

IV-3 - Scénario 3 - 2020 : les réglementations environnementales bloquent l'insertion du papier peint fonctionnel sur le marché

Hypothèses

Les peintures écologiques à base de nanocelluloses, encore au stade de la R&D en 2015, connaissent une croissance rapide et réussissent à s’imposer dans le domaine du revêtement mural face au papier peint toujours non recyclable. Avec cet inconvénient pesant, le papier peint fonctionnel qui comporte des encres aux composés souvent nanoparticulaires et métalliques peine d’autant plus à obtenir des parts de marché.

La réglementation européenne impose à toute la filière papetière d’atteindre un taux de recyclage de 60%. Si cela est déjà le cas pour les papiers et cartons classiques, aucun papier peint ne réussit à atteindre ces objectifs.

Probabilité de réalisation du scénario : 55 %.

V - Conclusion

Plan

De nos jours, le secteur du papier peint, concurrencé par les peintures bon marché et affligé d'une image désuète, souffre d’une diminution de ses ventes. Pourtant, parallèlement à la modernisation des techniques traditionnelles de fabrication, des papiers peints d’un genre nouveau, personnalisés et fonctionnalisés, font leur apparition.

Innovants, attractifs, intrigants, les multiples propriétés de ces papiers peints de nouvelle génération leur permettent de proposer aux consommateurs des fonctionnalités à la fois ornementales (impression à la demande, incrustation de LED), ludiques (interactivité) et pratiques (barrière anti-ondes). Cette évolution des produits est principalement portée par la Recherche & Développement, et des technologies, aujourd’hui sans rapport avec le papier peint, pourraient bientôt s’y rattacher.

Ces papiers peints fonctionnels permettront-ils de relancer les ventes et de s’imposer sur le marché de la décoration murale ? La question reste en suspens car ces innovations coûtent aujourd’hui très cher et que les produits concurrents au papier peint, comme la peinture, se tournent eux aussi vers la fonctionnalisation.

VI - Bibliographie - Webographie

Plan

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    Wallcovering machinery.   Emerson & Renwick
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FALTOT R., OTTOBON G.   Les encres thermochromiques et leurs applications.   Cerig, 2002
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    Le papier peint a la fibre verte !   A3P, communiqué de presse, mars 2010
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    L’industrie papetière en chiffres.   Sessi, 2008
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    A Re-Birth for a Hard Hit Wallpaper Industry ?   I.T. Strategies, 2013
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    Le papier peint revient à la mode !   MagMaison, 31 octobre 2014
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    TECHNIQUE : Le GigaPixel.   Scenolia
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SALM J.   The world's first interactive drum kit poster is here.   The 405, 30 juillet 2013
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    Faire le mur. Quatre siècles de papiers peints. Exposition du 21 janvier au 12 juin 2016   Les Arts Décoratifs
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