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Vous êtes ici : Accueil > Technique > Mémoires > Le JDF ou Job Definition Format Révision : 05 octobre 2007  
Le JDF ou Job Definition Format
 
             François-Xavier BRAULT et Clément PENEAU

Étudiants Licence Professionnelle
 Mai 2007
Mis en ligne en Octobre 2007
 

       
     
  Plan  
I - Qu'est-ce que le JDF ?
II - Étude de marché et perspectives d'évolution
III - Étude technique
IV - Conclusion
V - Glossaire
VI - Bibliographie - Webographie
     
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I - Qu'est-ce que le JDF ?
Plan 

I-1. Historique du Job Definition Format (JDF)

   
  Voir aussi : 

Le concept d’un Job Ticket (ticket de travail) standardisé est né dans les années 90. La Coopération Internationale pour l’Intégration du Prépresse, Presse et Post-presse (CIP3) a développé un standard afin d'intégrer une production prépresse, presse et post-presse. Lors de la Drupa 2000, les normes CIP3 ont été largement soutenues par la plupart des vendeurs de la communication graphique. De là, quatre membres du CIP3 Adobe, Agfa, Heidelberg et MAN Roland ont joint leurs efforts pour développer un format unique nommé Job Definition Format qui est en réalité un dossier de fabrication électronique.

Le JDF est une base XML de standards pour tous les échanges d’informations de travail entre les différents systèmes et applications. C’est un format ouvert, extensible, créé sur la base XML du Job Ticket du CIP3 (Print Production Format PPF) et du Portable Job Ticket Format d’Adobe (PJTF). Le JDF est capable d’automatiser toutes les étapes d’un travail imprimé, de la création à la distribution. Il rend possible la communication entre différents systèmes de différents vendeurs et fait un lien avec un système de management des informations (le MIS) dans une production avec flux numérique.

Le JDF a pris de la force et le CIP3 attirant de plus en plus de membres participants est devenu CIP4 (Coopération pour l’Intégration des Processus de Prépresse, Presse et Post-presse) en 2000. Le CIP4 est une association à but non lucratif basé à Zürich (Suisse). Il compte aujourd’hui environ 300 membres qui forment une vingtaine de groupes de travail. L’objectif du CIP4 a toujours été l’établissement d’une norme couvrant toutes les étapes de la production et combinant l’automatisation existante avec les réseaux en place.

Depuis deux décennies, les industries graphiques subissent un véritable bouleversement : baisse des tirages, raccourcissement des délais, travaux de plus en plus complexes, augmentation de la concurrence, guerre des prix, nouvelles technologies numériques et généralisation de l’Internet. C’est dans ce contexte que le JDF a pu voir le jour car il possède les outils pour pouvoir lutter face à ces nouvelles "menaces".

Chronologie du JDF

Aujourd’hui, le JDF a atteint une certaine maturité mais continue d'évoluer, le CIP4 compte chaque année de plus en plus de membres ce qui apporte de nouvelles évolutions et un meilleur consensus.

I-2. Le principe du JDF

I-2-1. Management Information System (MIS) : système de gestion de l’information

Le Management Information System est l’une des particularités du JDF par rapport au système CIP3. En effet, grâce au MIS, le JDF ne se limite plus à l'automatisation des tâches de la production, il permet également un suivi complet de cette dernière. Chaque opération effectuée est rapportée au MIS. Celui-ci constitue et contrôle les flux de production. Pour ce faire, il décompose les instructions JDF en données qu’il stocke dans une base. Il peut ensuite composer, lire, écrire et valider des fichiers JDF à partir de ses bases de données. Le MIS garde en mémoire les caractéristiques et les paramètres des ressources de l’atelier, ce qui lui permet de composer les flux de production. Ce système comprend, lit et écrit des messages JMF format de communication entre les équipements développés dans la prochaine partie. Il peut ainsi envoyer des informations aux différentes ressources de l’atelier mais aussi en recevoir, de telle sorte qu’il puisse suivre la production en temps réel. Le MIS est en fait un logiciel de devis couplé à un logiciel de GPAO (Gestion de Production Assistée par Ordinateur) auxquels sont ajoutées des briques d’XML.

                Le MIS, part prédominante dans l'architecture du JDF      
  Le Management Information System (MIS)
constitue une part prédominante dans l'architecture du JDF
 
     

Ayant la capacité de suivre l’évolution de la production en temps réel et de recevoir l’ensemble des informations de chaque ressource de l’atelier, le Management Information System peut intégrer ou communiquer avec d’autres systèmes d’information. Ainsi, il peut influer sur le devis, le planning, le stock, la facturation et le e-commerce. La gestion de la production en est facilitée car le calcul des coûts de production, des matières premières et des temps de production, se fait automatiquement.

Le MIS représente donc une évolution majeure par rapport au système du CIP3.

I-2-2. Les trois grandes fonctions du JDF

Le JDF n’est ni un produit ni un logiciel. C’est un langage d’échange des données entre tous les systèmes et les applications. Le Job Definition Format a trois grandes fonctions :

a. Dossier de fabrication interactif

Cette fonctionnalité du JDF est assurée par le Job Ticket. Celui-ci offre un langage unique qui décrit toutes les étapes de la réalisation du produit imprimé. Le Job Ticket comporte des informations liées à la nature des travaux et à la technique qui permet de les réaliser. Il contient deux types d’informations : les informations d’intention et les informations de fabrication. Grâce à cette fonctionnalité, le JDF évite les saisies multiples. Une fois le style de document réalisé, ses caractéristiques d’intention et de fabrication sont envoyées au MIS qui les stocke dans sa base de données. Par conséquent, lorsqu’un nouveau produit du même type arrivera à la production, tous les réglages seront déjà acquis, évitant ainsi la multiplication des saisies.

                JDF Job Ticket : collecte et transmission des informations tout au long de la chaîne de production      
  JDF Job Ticket : collecte et transmission des informations tout au long de la chaîne de production  
     

Ce Job Ticket résulte de l’union du Job Ticket du CIP3 avec le Portable Job Ticket Format d’Adobe (PJTF). Le format PJTF complétait le fichier PDF (Portable Document Format). Ce format définissait les diverses variables de production, mais il avait l’inconvénient d’être différent d’un fournisseur à l’autre car aucun consensus n’avait été établi pour ce produit. L’union de ces deux tickets de travail ainsi que l’amélioration de leurs fonctionnalités et de leurs compatibilités avec les différents fournisseurs a permis l’émergence de ce nouveau dossier de fabrication électronique dont est doté le JDF.

b. Commande, contrôle et configuration des automatismes

Le JDF est un format de définition de travail qui permet d’automatiser les procédures de production dans la chaîne graphique. Il commande, contrôle et configure les automatismes de l’atelier, des flux et de la production. Dans les industries graphiques, un travail est un processus industriel renouvelé à chaque dossier. L'objectif du JDF est de pouvoir assembler des tâches distinctes pour créer à chaque fois un flux automatique spécifique à chaque travail imprimé.

Chaque étape de travail est représentée par un node ou nœud. C'est une tâche générique ou une opération. Ainsi, la succession de node représente une production complète. Dans sa description d’une tâche générique, le node rassemble à la fois des produits et des processus, il fait l’assemblage de différentes opérations. Il se caractérise par des ressources d’entrée (Input) et par des ressources de sortie (Output). Une ressource est une entité physique ou logique modifiée ou employée par un nœud JDF (node). Chaque procédure implique des ressources d’entrées et de sorties. La sortie d’une procédure devient l’entrée de la suivante, c’est pourquoi entrées et sorties sont désignées par le terme collectif de "ressources".

Le node peut aussi décrire un projet ou une intention de travail, on parle alors de Intent Node : il est utilisé pour un projet de travail dont le client a pris connaissance. C’est indépendant du processus : le client sait ce qu’il veut mais ne sait pas comment cela est fabriqué. Les nodes combinés rassemblent plusieurs fonctions dans une seule tâche. L’assemblage de plusieurs nœuds peut être assimilé à un arbre qui fait une description complète du flux de travail (workflow).

                Exemple de node : finition en ligne en impression numérique (imprime, plie, coupe, utilise du papier et de l'encre)      
  Exemple de node : finition en ligne en impression numérique
(imprime, plie, coupe, utilise du papier et de l'encre)
 
     

Le node présenté ci-dessus assemble et génère plusieurs ressources (autrement appelé pool de ressources). Le process ne sera donc possible que si toutes les ressources utiles sont disponibles. Un node contient des notions de contrôle ainsi que des informations sur le client, sur le node lui-même et sur les ressources. Les ressources sont reliées entre elles par des liens appelés ressources links.

Dans le schéma JDF, il existe 160 ressources classifiées. Quatre types de ressources sont distinguées :

c. Partage d'un langage de commande

Partager un langage de commande commun à tous les périphériques de l’atelier est l'un des objectifs majeurs du CIP4. Tous les fournisseurs de la chaîne graphique éditeurs de logiciels, prépresse, presse, print on demand, e-commerce doivent partager le même langage. Cela devient possible car le JDF est basé sur XML, dont les règles sont fixées par le consortium CIP4 (actuellement dans la norme JDF 1.3). Ce langage de commande est assuré par le Job Messaging Format.
Le JMF est une structure XML légère qui évite le transfert de tout le dossier de fabrication entre les postes. Ce format de communication est doté d’un contrôleur JMF qui permet à un équipement d’authentifier l’équipement dans le flux géré par le MIS, d’échanger des informations avec le MIS, de remonter des informations de l’équipement avec le MIS tel que le statut de l’équipement, l’état d’avancement du travail et toutes les statistiques résultant d’une production. Le contrôleur JMF peut également communiquer avec un autre contrôleur JMF ce qui permet d’échanger des données entre la presse numérique et la finition en ligne pour reprendre l’exemple précédent ou encore de gérer des files d’attente.

Ces trois grandes fonctions du JDF ne sont pas isolées : c’est bien leur union qui forme le Job Definition Format. Pour résumer, l’architecture JDF décrit et organise un flux de production. Le Management Information System compose et contrôle ce flux issu d'une combinaison de nodes eux-mêmes constitués, précédés et suivis de ressources. Chaque nouvelle ressource marque la fin d’une opération. Cette dernière commence lorsque le node suivant est prêt à accepter une nouvelle ressource.

II - Étude de marché et perspectives d'évolution
Plan 

II-1.  Diagramme de Porter

                Le diagramme de Porter analyse l'intensité concurrentielle du JDF      
  Le diagramme de Porter analyse l'intensité concurrentielle du JDF  
     

Le JDF a déjà atteint une certaine maturité même si certains points restent à améliorer : le CIP4 travaille encore sur des problèmes tel que l’interopérabilité pour les entreprises possédant des matériels hétérogènes. La norme JDF en est à la version 1.3. Une version 1.4 devrait voir le jour d’ici peu de temps, l’évolution sera d’ailleurs principalement basée sur l’interopérabilité.

II-2.  Matrice de Swot

II-2-1. Les variables essentielles

L’introduction du JDF sera facilitée par son atout principal à savoir une productivité accrue grâce à la simplification du transfert de données entre les services générant un gain de temps et une réduction des coûts de production. Cette simplification provient de l’automatisation des procédures : allocation des ressources optimisées, élimination des saisies multiples.
En revanche, l’implantation du JDF sera affaibli par les bouleversements occasionnés dans l’organisation de l’entreprise qui souhaite intégrer le JDF. En effet, il implique de lourds changements dans les méthodes de travail et des modifications voire des réductions de postes (par exemple, une personne affectée à l’imposition verra ses fonctions réduites puisque cette tâche peut être automatisée par l’implantation d’un flux JDF).

II-2-2. Stratégie des principaux acteurs

Les principaux acteurs du JDF sont en fait les fondateurs et, aujourd'hui encore, les leaders du consortium CIP4 :

Décrire une stratégie commerciale à proprement parler pour le JDF est difficile car c’est le fruit d’un consortium de différents constructeurs de matériels et de flux pour les industries graphiques. Le CIP4 est en fait une association à but non lucratif basée en Suisse qui compte 308 membres dont une vingtaine de groupes de travail. Le CIP4 essaye de mobiliser un maximum d’entreprises autour du JDF afin de le développer et de l’introduire plus facilement et efficacement. La promotion commerciale du JDF se fait plutôt par l’intermédiaire des fournisseurs qui vendent des solutions de flux ou de MIS intégrant le JDF.

Forces Faiblesses
  • Automatisation des tâches
  • Intégration d’une interface Web pour l’entreprise
  • Diminution de la gâche
  • Meilleur contrôle des coûts de
    production réels par rapport aux
    coûts de production estimés
  • Réduction des coûts de production
  • Réduction des temps de production
  • Problèmes d’interopérabilité avec certains matériels
  • Complexité de la mise en place de la solution tout JDF
  • Difficulté de communication autour du JDF
  • Investissement lourd pour la société
Opportunités Menaces
  • Gain de productivité
  • Fiabilité
  • Meilleure communication avec les clients
  • Meilleure gestion des stocks
  • Réduction des effectifs
  • Augmentation du chiffre d’affaire
  • Bouleversement dans l’organisation de l’entreprise : changement des
    méthodes de travail, suppression de postes devenus inutiles
    et formation nécessaire du personnel
  • L’investissement peut devenir plus important que les bénéfices engendrés
  • Manque de connaissance du JDF de la part des professionnels
  • Certains professionnels ne sont pas sûrs de l’avenir du JDF.

III - Étude technique
Plan 

III-1. Interopérabilité du JDF avec les outils de production

Le JDF est un format XML ouvert et extensible. De ce fait, il devient vulnérable à la notion de compatibilité car si tout imprimeur ou constructeur peut enrichir le JDF, le format devient propre à chacun et perd tous ses aspects d’interopérabilité. C’est pourquoi quelques groupes de travail du CIP4 se réunissent régulièrement pour des sessions d’interopérabilité. Leur but : harmoniser les codes XML et standardiser leur écriture pour parvenir – dans l'idéal... – à l'interopérabilité totale. Le futur standard JDF 1.4 devrait déjà comporter davantage de points sur ce sujet.

III-1-1. Qu'est-ce que l'interopérabilité ?

L’interopérabilité désigne le fait que plusieurs systèmes, qu’ils soient identiques ou radicalement différents, puissent communiquer sans ambiguïté et opérer ensemble. Les divers systèmes, appareils et éléments utilisés doivent pouvoir interagir sans heurts.

Compte tenu du fait que ces éléments sont produits par des constructeurs divers, avec des méthodes variées, et qu’ils répondent à des besoins spécifiques, l’idée la plus simple consiste à définir une base explicite, une norme ou un ensemble de normes, que chaque élément va implanter dans son propre fonctionnement.

Cette norme joue un double rôle. En premier lieu, c'est un indicateur de la façon dont le dialogue entre les différents éléments doit s’opérer : elle cristallise donc les besoins en la matière. En second lieur, c'est une passerelle de communication qui peut éventuellement s’adapter aux besoins changeants des éléments : la norme est alors la base de conception des interfaces.

Pour définir plus exactement ce qu’est et n’est pas l’interopérabilité, il faut en premier lieu la distinguer de la compatibilité. Cette dernière relation est binaire et concerne un ensemble fini de systèmes.
A et B sont compatibles, ou pas, si leurs constructions respectives leur permettent, ou pas, de communiquer et travailler ensemble.
A et B sont interopérables si, grâce à une ou plusieurs norme(s) externe(s) qu’ils respectent, ils en viennent entres autres à pouvoir être compatibles.

L’interopérabilité n’est pas par elle-même un élément concret ou un critère défini. Il est possible de déterminer dans quelle mesure des systèmes sont interopérables en jugeant de leur respect de la norme qui a donné lieu à une interopérabilité. On comprend alors qu’on puisse parler d’interopérabilité partielle : par exemple, si un logiciel ne respecte qu’une partie d’une norme, il ne pourra peut-être pas dialoguer correctement avec un autre programme, voire pas du tout. Dans l’absolu, seul le respect strict d’une norme donnée conduit à une interopérabilité réelle, mais cette situation est assez éloignée de la réalité.

C’est pour répondre à ce besoin de normalisation que le CIP4 a créé l’Interoperability Conformance Specification (ICS). La première Base ICS a été publiée le 19 février 2006.

III-1-2. Niveaux d’interopérabilité suivant la Base ICS

La Base Interoperability Conformance Specification a été publiée par le CIP4 au début de l’année 2006 dans le but d’amener un produit JDF à être interopérable avec un autre produit JDF. Cette spécification est opérationnelle à partir du JDF 1.2. L’ICS définit les rôles du Manager et du Worker, incluant l'aptitude des processus et des ressources à lire (manager) et à écrire (worker) du JDF.
N.B. : les termes manager et worker seront utilisés tout au long de cette partie car ils font partie du vocabulaire technique du JDF et n’ont pas d’équivalents propres en français).

L’ICS spécifie trois niveaux d’interopérabilité qui diffèrent en fonction de la possibilité de communiquer entre les systèmes. Pour appliquer un niveau d’interopérabilité à un produit, celui-ci doit :

Les niveaux suivants présentent les qualités requises pour obtenir ce même niveau d’interopérabilité.

Niveau 1 (Base ICS Level 1)

Pour être conforme au niveau 1, le Manager doit être capable de :

Pour être conforme au niveau 1, le Worker doit être capable de :

Niveau 2 (Base ICS Level 2)

Pour être conforme au niveau 2, le Manager doit :

Pour être conforme au niveau 2, le Worker doit :

et être capable de :

Niveau 3 (Base ICS Level 3)

Pour être conforme au niveau 3, le Manager doit :

et être capable de :

Pour être conforme au niveau 3, le Worker doit :

et être capable de :

Niveau 0 (Base ICS Level 0)

L’ICS définit également un niveau 0 d’interopérabilité qui correspond à un échange unidirectionnel du JDF du Manager vers le Worker. Le niveau 0 est l’équivalent du niveau 1 sauf pour les points suivants qui relèvent du retour du JDF, du Worker vers le Manager.

L’ICS est incrémenté en différents niveaux. Le Manager ou le Worker doit se conformer au meilleur niveau dont il est capable pour interopérer avec un Worker ou un Manager.

III-1-3. Exemples d'application

À ce jour, il est difficile d'indiquer les niveaux d’interopérabilité des différents produits présents sur le marché car l’ICS est un document très récent et peu de systèmes ont pu donner leur niveau. Cependant, le Networked Graphic Production (NGP) – un groupe dissident du CIP4 qui cherche à réaliser un JDF simplifié fait une liste croisée de ses membres afin de montrer dans quelle phase d’interconnections ils se trouvent. Bien entendu, cette liste n’est pas exhaustive car elle compte uniquement les membres du NGP. En outre, elle ne donne pas le niveau d’interopérabilité défini par le CIP4, mais elle donne une vision de la difficulté de l’interopérabilité entre les différents systèmes, et l’on comprend que cela freine l’implantation du JDF dans les entreprises (cf. Matrice d'interopérabilité du NGP).

L’interopérabilité est une notion qui trouve toute sa signification dans le JDF. Ce point particulier doit encore être travaillé, d’autant qu'il est l’un des facteurs expliquant la lenteur de l'implantation du JDF dans les imprimeries. C’est pourquoi des groupes de travail du CIP4 se réunissent afin d'améliorer cet aspect et d'inclure l’interopérabilité dans la norme JDF.

III-2. Étude de différents MIS

Le Management Information System (MIS) est une partie fonctionnelle d’un flux de production JDF qui supervise toutes les procédures et la communication entre les composants du système. Le MIS peut désigner le système de flux et de gestion de production, de gestion de l’atelier d’impression, mais aussi des systèmes d’impression. L’emploi de MIS au sein de JDF n’implique pas l’édition de tableaux de bord, l’informatique liée à la finance et à la comptabilité et autres fonctions requises dans l’usage de MIS au sens large.

Aujourd’hui, il existe différentes solutions de MIS proposées par de multiples fournisseurs tels que Heidelberg, Graphisoft, EFI, Tharsten ou encore Optimus. Les MIS sont généralement décomposés en différents progiciels intégrant ses différentes fonctionnalité comme la le calcul de devis, la fabrication et la gestion des stocks.
Deux solutions sont présentées : MIS Prinnect d’Heidelberg et Integrale de Graphisoft.

III-2-1. Graphisoft : Integrale

Integrale de Graphisoft est un système de transmission de l’information quantitative et qualitative en temps réel, dans l’entreprise. Cette information, qu’elle soit commerciale (suivi clientèle), technique ou de contrôle de qualité (ISO 9002), est gérée en temps réel par Integrale qui devient ainsi le moyen de capitaliser et de redistribuer dans l’entreprise les connaissances et les compétences acquises. Integrale est composé de progiciels :

                Solution Integrale de Graphisoft      
  Solution Integrale de Graphisoft  
     
Graph’e-mail

C’est le premier maillon du concept d'Integrale. E-mails reçus ou envoyés avec pièces jointes, fax, messages internes, notes, comptes rendus commerciaux, relances de devis, factures...  toute information circulant dans le système sera enregistrée. Tous les e-mails entrants peuvent être reliés automatiquement soit à un client si l’expéditeur est connu , soit à un devis, une commande,... si une référence est reconnue dans le texte du message.

Graph’e-mail est un outil pour gérer les comptes rendus commerciaux, l’historique des contacts, les relances de devis ou de factures, les en-cours clients, les mailing et e-mailing clients ou prospects, mais également l’historique des informations liées aux commandes, les BAT client, les demandes des sous-traitants et fournisseurs. Il intègre de nombreuses fonctionnalités d’édition, fiche de relances, gestion d’informations internes, et bientôt un agenda. Il sera compatible avec les standards de téléphonie.

Ses fonctions sont :

Graphiplus

À partir du paramètrage correspondant à l’imprimerie (données techniques et coûts) et du descriptif du document à réaliser, Graphiplus calcule toutes les solutions techniquement réalisables et propose la meilleure. L’optimisation se fait depuis le prépresse, en passant par le papier, l’impression, jusqu’au façonnage. Le calcul est réalisé en quelques secondes, avec une vitesse de l’ordre de 100 solutions explorées par seconde avec un processeur Pentium.
L’utilisateur peut orienter la solution en éliminant ou en imposant des choix techniques. Le devis simplifié permet de modifier ponctuellement les données d’un devis optimisé déjà calculé sans modifier les données de base avec un recalcul automatique.

Une fois le devis validé, il est possible d’éditer :

L’enregistrement de la commande par pointage du devis correspondant permet l’édition :

Graphiplus est également un outil complet pour éditer les factures des commandes enregistrées avec modifications possibles (quantités supérieures ou inférieures...), avec rappel des coûts prévus et coûts réels pour l'aide à la facturation (avec l’option gestion de production).
Il est également possible de lui ajouter des options comme des modules de calcul pour gérer l’impression sur machines rotatives et machines en continu.

Graphifab

À la transformation du devis en commande, le logiciel transfère automatiquement toutes les informations enregistrées pour leur gestion dans un tableau de charge et un planning mural.
Le tableau de charge permet de visualiser les dossiers avec le temps prévu (ou restant) pour chaque poste. Il est possible d’intervenir sur les dossiers : modifier les temps restants, saisir les temps réels, gérer les opérations en sous-traitance, créer de nouveaux dossiers et de nouvelles fiches de travail.
Les travaux sous-traités sont visualisés avec les dates d’envoi et de retour.

Le planning mural permet de voir et de modifier par l’intermédiaire d’une interface graphique, la planification des fiches de travail à réaliser sur les différents postes de travail de l’atelier. Cela permet de déterminer dans quel ordre les fiches de travail doivent être exécutées, cette information étant répercutée aux utilisateurs des terminaux de l’atelier (le transfert d’information se fait en temps réel). De plus, le planning mural permet d’avoir une vue globale du travail dans l’imprimerie et une estimation de la date de traitement des fiches de travail. Les coûts d’achat et de sous-traitance seront validés ou modifiés par rapport aux achats prévus par fournisseur.

Listes et statistiques disponibles
En ce qui concerne les dossiers :

Pour les postes :

Pour les employés :

Graphifab propose une option temps réel (Graphifabplus). À leur arrivée, les employés valident à l’écran leur nom, ce qui permet au système d’enregistrer les dates et heures d’arrivée et de départ. Le programme propose à chacun le poste de travail, les dossiers à réaliser suivant l’ordre prévu. Ensuite par un simple pointage du dossier et de l’opération, le compteur se met en route, et s’arrêtera lors du pointage du prochain événement.

Graphistock

La gestion des stocks permet de gérer des articles, papiers, produits finis, consommables,... La création et la codification de ces articles peut être automatique à partir du fichier papier du devis Graphiplus.
À la transformation du devis en commande, le logiciel propose la préparation automatique des pièces de réservation sur stock ou pièces de commande des matières. Il est possible de visualiser l’état du stock pour valider ou modifier ces mouvements (changement de papier prévu par exemple, car plus disponible en stock). La pièce enregistrée pourra être modifiée ou validée et pourra être compensée par les mouvements à venir (entrée, sortie, facturation,...). Cette compensation évitera toute ressaisie.

Il est possible de gérer plusieurs stocks (stocks clients ou autres possesseurs) en quantité et en valeur (prix moyen pondéré).
La gestion des stocks permet également de gérer les commandes fournisseurs, les réservations atelier, et de déterminer et de préparer :

L’enregistrement des mouvements permet d’éditer :

Il est également possible d’intégrer des options à Graphistock comme le module de gestion par lots. Celui-ci permet de gérer, grâce aux codes barres, les lots pour les articles désignés. Il permet d’identifier les entrées en les classifiant par lots et de faire les sorties correspondantes. Chaque lot a une quantité et un emplacement, et peut être suivi par un état de stockage. La valorisation se fait par prix moyens pondérés.

III-2-2. Heidelberg : Prinect

Prinect est le MIS développé par Heidelberg. Comme Graphisoft, il se compose de différents modules présentés plus loin. Il offre une constante vue globale sur les données de production et commerciales. Il lie la partie production et la partie gestion d’une entreprise ce qui permet à l’utilisateur de prendre des décisions à propos de la production, du processus, des goulots d’étranglement, des coûts, des prix directement à partir des données réelles qui sont plus fiables plutôt qu’à partir des données estimées.

Prinect Integration System

Le système d’intégration de Prinect fonctionne comme un centre de contrôle qui interconnecte le flux complet dans une imprimerie. Il contrôle, coordonne les données du flux. Dans le même temps, il centralise et enregistre toutes ces informations. Il travaille comme un serveur JDF pour le prépresse, l’impression, le post presse et la partie gestion économique. Les données ne sont saisies qu’une seule fois à travers tout le processus aussi bien commercial que technique. La production devient plus rapide, plus transparente et donc plus fiable.

Prinect Prinance

Le module Prinance permet d’intégrer complètement tout les processus du flux. Ce système de gestion des informations les transmet à la production et intègre de façon transparente tous les processus possibles d’une imprimerie. Cela encourage fortement l’entreprise à fournir les efforts nécessaires pour améliorer les relations avec les clients, augmente la compétitivité et la justesse des coûts, de la préparation, de la production, du planning et des décisions au niveau de la gestion.

Prinect Data Control

C’est le système d’information et de production pour le réseau de l’imprimerie qui promet une optimisation à long terme des processus. Comme un composant central du concept de réseau de Prinect, il combine des presses et des flux dans un système ouvert pour former une solution intégrée afin de gérer le planning de l’entreprise. Le résultat est l’obtention de séquences optimisées et une communication irréprochable entre les opérateurs et les équipements tout au long du flux de production.

Prinect Signa Station

L’imposition et le flashage des pages sont des étapes-clé dans le processus d’impression. La nouvelle version Signa Station aide l’utilisateur dans ces étapes grâce à ses outils easy-tounderstand, son interface d’utilisation facile d’accès et une imposition fiable. Dans l’imposition, les pages à plier et à imprimer sont séparées des autres opérations ce qui permet une meilleure flexibilité. Cette différenciation autorise à reconfigurer le travail d’une presse à une autre en très peu de temps. Ce module propose aussi de mettre automatiquement les repères : ils sont dynamiquement adaptés à la dimension de la page en fonction de la taille du papier ou de la zone imprimable de la presse. Pour réduire les temps de mise en route, au niveau de la presse et du post-presse, Signa Station fournit des informations pré-enregistrées à la coupe, le pliage et le collage.

Prinect Printready System

Prinect Printready représente la nouvelle génération des flux automatisés, modulaires et transparent avec des interfaces ouvertes. Il constitue un flux qui permet d’automatiser toutes les étapes de la production prépresse, de l’entrée des données via le PDF, de la prévisualisation et l’imposition jusqu’à l’épreuvage et la gravure des plaques.

Prinect Pressroom Manager

Pressroom Manager est l’un des premiers systèmes de gestion de l’impression au monde adapté entièrement au JDF. Il contrôle toutes les opérations dans l’imprimerie et gère les informations centralisées. Les information sont collectées en temps réel en provenance de la presse dans le Job Ticket et sont aussitôt retransmises au système de gestion de l’atelier impression, au pupitre de l’imprimeur ou encore à la presse elle-même.

Prinect CP2000

Prinect CP2000 est un pupitre de contrôle pour les presses Heidelberg qui réunit toutes les fonctions incluant les opérations d’impression et les commandes à distance de l’encrage et d’enregistrement. Il offre aussi l’option de capture des données de production et de renvoi dans un autre service de l’imprimerie (par exemple, au service prépresse pour flasher à nouveau une plaque défectueuse). Un écran tactile permet d'entrer les données et de gérer la presse.

Prinect Online Kit

Il coordonne l’interaction entre les presses variées d’un atelier et est pourvu d’une solution d’intégration simple. Cela permet à toutes les presses équipées d’un pupitre CP tronic/CPC 1-04 d’être intégrées sous forme de modules dans le flux numérique de l’imprimerie. Cela revient à dire que l’imprimeur équipé des pupitres CP2000 peuvent créer un processus tout numérique.
Le Prinect Online Kit permet, pendant qu’un travail est en train de se réaliser, de préparer le prochain. Il contient une mémoire qui peut contenir 5000 gabarits standard ou peut répéter un travail déjà effectué avec tous les réglages correspondants de la presse pouvant être téléchargés quand ils sont requis. Il propose aussi une connexion avec l’interface prépresse et  avec celle de la gravure de plaque ce qui entraîne une réduction des temps de mise en route et de la gâche papier. Le conducteur a accès à une aide en ligne à tout moment pour répondre à tous les problèmes qui se présentent.

III-2-3. Conclusion

Les deux MIS présentés précédemment sont composés de différents modules qui constituent les étapes du flux de production. La solution Prinect peut être considérée comme un flux numérique. Toutefois, elle est un MIS à part entière car elle présente toutes les caractéristiques de ce type de matériel.
Les deux solutions proposées semblent être les plus utilisées dans les imprimeries aujourd’hui. Cependant, il existe sur le marché plusieurs MIS tout aussi complets.
Le MIS reste un élément majeur d’un flux JDF et c’est cette fonction qui représente la principale évolution par rapport aux solutions CIP3.

IV - Conclusion
Plan

Dans le contexte d'un secteur graphique évolutif, toujours en quête d’une meilleure productivité, la solution JDF semble être l’outil indispensable pour assurer une production d’imprimés de qualité. Le Job Definition Format permet d’optimiser les temps et les coûts de production grâce à l'automatisation des tâches répétitives et à une meilleure estimation des travaux entrepris. Cet outil permet également un suivi clientèle plus efficace en utilisant des bases de données.

En dépit de quelques problèmes relatifs à l’interopérabilité, le JDF semble convenir à l’ensemble des entreprises l’ayant déjà adopté. Toutefois, son installation demeure coûteuse et sa mise en place est assez conséquente. Cela explique que cette solution s’adresse principalement aux grandes entreprises et encore plus aisément à celles qui possèdent déjà une solution CIP3.

Tous nos remerciements à nos différents contacts pour les renseignements qu'ils nous ont fournis :

V - Glossaire
Plan 

CIP3   Acronyme de International Cooperation for Prepress, Press, and Postpress (Coopération internationale pour le prépresse, la presse et le postpresse). Ce consortium est le prédécesseur de CIP4 ; il est à l’origine du format PPF (Print Production Format)
CIP4   Acronyme de International Cooperation for the Integration of Processes in Prepress, Press and Postpress (Coopération internationale pour l’intégration des procédures de prépresse, de presse et de postpresse). CIP4 est une association à but non lucratif fondée à Zurich, Suisse, en 2001 ; son objectif est d’encourager l’intégration informatique de toutes les procédures présentes dans l’industrie des arts graphiques et à spécifier les standards
Interopérabilité   Le fait que plusieurs systèmes puissent communiquer entre eux sans ambiguïté et opérer ensemble
ICS   Interoperability Conformance Specification. Document en annexe de la norme JDF visant à définir les différents niveaux d’interopérabilité
JDF   Job Definition Format : format de définition de travail. Nom générique des spécifications définies par l’association CIP4 pour l’automatisation des procédures de production dans la chaîne graphique
JMF   Job Messaging Format : format de messagerie et de communication entre périphériques. Le JMF est un format de communication aux capacités multi-niveaux, langage de commande et de contrôle intégré à JDF. Comme pour JDF, il existe un élément JMF au niveau supérieur de JDF. Les spécifications de JMF sont définies dans JDF; il ne s’agit pas d’un standard CIP4 distinct
Manager   Terme employé dans le JDF pour désigner un élément envoyant des informations dans le flux JDF
MIS   Management Information System : partie fonctionnelle d’un flux de production JDF qui supervise toutes les procédures et la communication entre les composants du système
Node   Nœud : type d’élément JDF détaillant les ressources et les procédures requises pour la fabrication d’une ressource ou d’un produit fini ou intermédiaire. Le node JDF peut aussi être comparé à une opération de fabrication
PJTF   Format Portable Job Ticket Format d’Adobe Systems, directement lié à JDF dans la spécification JDF
PPF   Print Production Format : format défini par le CIP3, employé intensivement dans les systèmes de préréglage des encriers et maintenu par le CIP4
Ressource   Entité physique ou logique modifiée ou employée par un nœud JDF. Chaque procédure implique des ressources en entrées et de sorties
Worker   Terme employé dans le JDF pour désigner un élément recevant des informations dans le flux JDF
XML   Extensible Markup Language : langage universel de communication entre les systèmes. Ce langage est extensible, donc capable d’intégrer des données supplémentaires au fil du temps et des évolutions

VI - Bibliographie - Webographie

Plan 

O’BRIAN Gareth   JDF without the geek-speak   American Printer, septembre 2006, vol.123, n°9, p.36-42
BAILEY Martin   Le JDF pour les petits ateliers de prépresse   Nouvelles Graphiques, août 2004, vol.54, n°14, p.12-15
ROPER Dean   Le JDF pourrait tarder à trouver sa place dans les journaux   Techniques de Presse, mai 2004, p.16-18
WALKER Jess   JDF: not if, but when   The Seybold Report, 11 janvier 2006, vol. 5, n°19, p.15
MITTELHAUS Michael   How DRUPA 2004 became JDF DRUPA   The Seybold Report, 18 août 2004, vol. 4, n°10, p.26-28
    Agfa : contrôler l’ensemble des activités   Revue du Papier Carton, mai 2004, n°71, p.40
Campus XML       www.campusxml.org
Graphisoft       http://www.graphisoft.fr/
Agfa France       http://www.agfa.com/france/
Dalim Software       www.dalim.com
Wikipedia       www.wikipedia.com
Heidelberg       www.heidelberg.com
Networked Graphic Production       www.ngppartners.org
EDSf (The Electronic Document Systems Foundation)       www.edsf.org
CIP4       www.cip4.org
     
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