Accueil | Technique | Liens | Actualités | Formation | Emploi | Forums | Base de données
DOSSIER cerig.efpg.inpg.fr 
Vous êtes ici : Accueil > Technique > Nouvelles technologies > L'encre et le papier deviennent électroniques 2
         Mai/juin 1999
L'encre et le papier deviennent électroniques...
 Jocelyne Rouis - EFPG/CERIG
(Mai/Juin 1999)
III - Papier réinscriptible, écologique

D’autres développements, sur le thème papier, tendent à permettre la réutilisation à volonté de ce matériau. Grâce à différents systèmes, l’impression sur le papier disparaît le laissant prêt pour une nouvelle utilisation. Dans un contexte de réglementation environnementale et de réduction des coûts, ce concept pourrait très bien trouver des débouchés chez le particulier ou au bureau.

III - 1 - Un "papier écologique" : les recherches de Toshiba

Au Japon, de récentes études ont montré que seulement 54 % du papier est aujourd’hui recyclé, du fait d’obstacles techniques et budgétaires. Pour " sauver leur forêt ", des ingénieurs de Toshiba ont eu une idée géniale, inverser le processus qui fait qu’un texte (ou des images) apparaissent sur du papier thermique. Ils ont ainsi mis au point une encre décolorable qui présente d'énormes potentialités d'applications (journaux, magazines, stylos, toners pour photocopieurs). Tous les procédés d'impression existant seraient susceptibles d'être concernés moyennant juste un changement de l'encre. Dans cette optique, l'encre décolorable contribuerait au recyclage du papier sans apporter de profondes modifications aux équipements d'impression et aux  pratiques qui en découlent.

Avec le papier thermique, le leucocolorant (précurseur de la couleur) est contenu dans des microcapsules dont la taille est comprise entre quelques micromètres et 10 micromètres au maximum, qui vont réagir avec les produits de développement (révélateur et activateur). Tous ces constituants se retrouvent dans une couche superficielle à la surface du papier. Sous l’effet de la chaleur produite par une tête d’impression pilotée par un ordinateur, les microcapsules explosent. Les particules de leucocolorant ainsi libérées se combinent aux produits de développement et deviennent colorées. Elles font ainsi se dessiner les textes et/ou les images d’un document.

La phase de décoloration du  papier écologique de Toshiba fonctionne presque à l’inverse de ce procédé. Le couple révélateur-leucolorant, qui donne la couleur se désunit si la température est élevé au-dessus de 120°C ou si il est exposé à certains solvants organiques provoquant la disparition de l’impression couleur et un agent décolorant est chargé de bloquer les molécules de révélateur afin de maintenir cet état décoloré. Le papier est alors de nouveau blanc, prêt à une nouvelle utilisation. La décoloration peut avoir lieu soit sous l'action de la chaleur ou des solvants induit des résultats différents. En effet, le procédé qui met en jeu une élévation de la température est une option rapide, économique nécessitant peu d'équipement. Il est parfaitement adapté à une réutilisation du papier à la maison. Le procédé qui met en jeu des solvants organiques permet d'atteindre une décoloration complète du texte et des images, mais il demande plus de temps et est plus couteux que le précédent.

Cette nouvelle génération d'encre, encre décolorable qui ne contient pas de carbone, va apporter une dimension très intéressante au recyclage du papier. Le fabricant japonais espère commercialiser rapidement cette technologie écologique.

III - 2 -  Un "papier" électronique réinscriptible : les études du MIT

Les laboratoires du MIT travaillent également au développement d’un "papier électronique réinscriptible" qui est imprimé et effacé à volonté par passage dans une imprimante électromagnétique. Ce "papier électronique" n’a, en fait, rien à voir avec du papier puisqu’il n’est constitué que de feuilles ultra minces de plastique. Ces pages comportant une couche d’encre électronique en surface sont introduites dans une imprimante spéciale qui fera apparaître ou disparaître un imprimé. Une fois effacée, la page redevient blanche et est prête pour une nouvelle utilisation. Et cette opération est garantie pour des millions de fois. Une séquence vidéo sur le site Internet du MIT montre les possibilités de ce papier.

Actuellement, les inconvénients de ce procédé se manifestent lors de la manipulation du papier. Le fait de le toucher avec les doigts provoque des décharges électrostatiques qui vont modifier l’impression par une inversion de la couleur au point de contact. La société E-Ink travaille actuellement sur ce problème.

 
 
Chapitre précédent Sommaire  Chapitre suivant 
 
 
  Accueil | Technique | Liens | Actualités | Formation | Emploi | Forums | Base de données  
 
Copyright © CERIG/EFPG 1996-2001