Accueil | Technique | Liens | Actualités | Formation | Emploi | Forums | Base de données
DOSSIER cerig.efpg.inpg.fr 
Vous êtes ici : Accueil > Technique > La typographie du web > Le rôle du système informatique
      J.C.Sohm        Révision : 14 novembre 2001
 
LA TYPOGRAPHIE du WEB
4- Le rôle du système informatique
 
 Introduction : le système n'est pas indifférent

Version PDF
pour impression

En affichant la même page web sur l'écran d'un Mac et sur celui d'un PC, on constate en général que le texte apparaît plus flou, que les caractères sont plus petits, et que les couleurs sont plus claires, sur le premier que sur le second. La plate-forme joue donc un rôle notable dans la reproduction de la typographie d'une page web.

 

En affichant la même page web sur l'écran d'un portable et sur celui d'une machine de bureau (les deux ordinateurs utilisant le même système d'exploitation), on constate que les caractères sont un peu plus nets sur le premier, et les couleurs beaucoup plus vives sur le second. La technologie du moniteur joue donc également un rôle dans la reproduction de la typographie d'une page web.

 
 

En affichant la même page web sur les moniteurs de deux ordinateurs de bureau utilisant le même système d'exploitation, on peut constater des différences importantes dans le rendu de la couleur. Le réglage du gamma par voie logicielle joue un rôle important dans la reproduction de la couleur, et donc de la typographie lorsque le texte et/ou le fond sont colorés.

 
 

Enfin, le navigateur peut également jouer un rôle dans l'affichage du texte. Certains sites ont une bien meilleure typographie quand ils sont affichés grâce à une version récente du navigateur de Netscape. C'est le problème des polices dynamiques.

 
  Cela nous amène à examiner tour à tour :  
 
    le lissage des caractères sur Mac, puis sur PC ;
  le passage du point au pixel ;
  la gestion de la couleur sur le web ;
  les polices dynamiques.
 
 
 Le lissage des caractères sur le Mac : ATM

Le système d'exploitation du Mac comporte l'utilitaire ATM (Adobe Type Manager). On y accède via le menu pomme, à la rubrique "Tableaux de bord".

 

Dans son réglage par défaut, ATM lisse les polices PostScript à l'écran, quelle que soit leur taille. Pour supprimer ce lissage ou le rétablir, il suffit d'agir sur la case à cocher intitulée "Disable Smoothing at Screen Font Point Sizes" (figure 1). L'opération ne nécessite pas le redémarrage de la machine, ce qui est fort commode.

 
Adobe Type Manager Figure 1 : l'utilitaire ATM du Mac
 

Sur le Mac, les navigateurs utilisent par défaut la police Times comme police proportionnelle. Comme il s'agit d'une police PostScript, cela donne un aspect un peu flou au texte affiché par les navigateurs sur le Mac -- lorsqu'on ne modifie pas les réglages d'origine d'ATM et/ou des navigateurs. Si l'on aime, tant mieux. Si l'on n'aime pas, en quelques clics de souris, on supprime l'effet.

 
 

Dans la liste des polices communes Mac/PC (chapitre 3), seul Symbol est une police PostScript sur le Mac ; la police Times New Roman ne l'est pas. Par défaut, les navigateurs affichent en Times, qui est une police PostScript.

 
 
 Le lissage des caractères sur PC

Le système d'exploitation du PC ne comporte pas ATM. Le lissage éventuel des caractères affichés à l'écran est réglé par le système d'exploitation Windows. Un clic droit sur le bureau ouvre un menu contextuel dans lequel on choisit "Propriétés". La boite de dialogue "Propriétés de Affichage" apparaît : on choisit l'onglet "Effets", et on coche la case "Lisser les polices d'écran" (figure 2). En regardant le nouvel aspect du bureau, on peut avoir un coup au cœur : tout dépend du moniteur que l'on possède !

Propriété de l'affichage Figure 2 : lissage des polices sur PC
 

Lors de son affichage à l'écran, le texte n'est lissé que si la taille des caractères est assez grande. Le tableau V précise ce point dans le cas des polices communes Mac/PC, et pour les tailles permises par le HTML. Par défaut, les navigateurs utilisent Times New Roman comme police proportionnelle sur PC.
 

 
Police Lissée par Windows si :
Arial taille > 3
Arial Black taille > 3
Comic Sans MS taille > 2
Courier New taille > 6
Georgia taille > 3
Impact taille > 4
Symbol taille > 3
Times New Roman taille > 3
Trebuchet MS taille > 3
Verdana taille > 3
Webdings taille > 5
Tableau V : lissage des polices sur l'écran d'un PC
 
 Du point au pixel
Le Mac et le PC n'affichent pas les caractères de même taille (exprimée en points) avec les mêmes dimensions. Ainsi :
 
    sur le Mac, la règle est "un point = un pixel" ;
  sur le PC, le réglage par défaut est "un point = 4/3 pixel". C'est la raison pour laquelle certains auteurs écrivent que le Mac a une dpi de 72 et le PC une dpi de 96. Tout dépend de la définition du "dot" de dpi (pixel ou point).
 
 

Le même texte apparaît donc plus petit sur Mac que sur PC, comme le montrent les tableaux II, III et IV du chapitre 3.

 
 

En fait, la situation réelle est encore un peu plus complexe, et dépend du type de moniteur utilisé. À l'aide d'une loupe de grossissement moyen, on peut faire les observations suivantes :

 
 
    pour les ordinateurs portables, qui sont équipés d'écrans à cristaux liquides, l'affichage est effectivement constitué de petits carrés adjacents (un carré = un pixel, à moins que l'on ne règle la résolution à une valeur inférieure). Chaque carré est divisé en trois bandes verticales, qui constituent les trois luminophores (un rouge, un vert et un bleu) ;
  pour les autres ordinateurs, qui sont équipés d'écrans à rayon cathodique (CRT : Cathode Ray Tube), l'unité d'affichage est la triade, groupe de trois luminophores dont la forme (ronde, carrée, rectangulaire, etc.) varie d'un constructeur à l'autre. Contrairement au cas précédent, les triades ne sont pas adjacentes, et les pixels ne sont pas matérialisés. La distance moyenne entre les triades (pitch) est de l'ordre du quart de millimètre.
 
 

Sur un écran CRT, afficher les pixels à partir des luminophores implique un sérieux lissage de la part du système. Il faut en effet simuler des pixels, c'est à dire des carrés d'un tiers de millimètre de côté, distribués dans deux directions rectangulaires, à l'aide de luminophores distants d'un quart de millimètre, distribués suivant un dessin en nid d'abeille. L'opération est effectuée par le processeur de la carte graphique (le ramdac). Il en résulte que les caractères n'apparaissent jamais parfaitement nets, quelle que soit la plate-forme et sa configuration. Bien entendu, le passage des luminophores aux pixels n'arrange pas l'aspect des caractères, on s'en doute ! Comme les luminophores n'ont pas la même forme sur tous les écrans, et que le motif de leur répétition varie d'un fabricant à l'autre, un oeil exercé décèlera que les mêmes caractères s'affichent de manière légèrement différente sur des moniteurs de marques distinctes. Les plus mauvais résultats sont obtenus avec les moniteurs CRT dont les luminophores ont la forme de bandes verticales, moniteurs pour lesquels il est parfois préférable de désactiver le lissage des caractères.

 
 
 Le problème de la couleur

Les couleurs affichées par le moniteur d'un Mac sont généralement plus claires que celles affichées par le moniteur d'un PC, et cela s'applique aussi bien au texte qu'aux images. La différence provient principalement d'un réglage différent de la correction du gamma sur les deux plates-formes (le coefficient gamma caractérise la non-linéarité des moniteurs). D'autres facteurs jouent un rôle dans l'affichage de la couleur : le réglage de la luminosité et du contraste, l'espace chromatique du moniteur, et les conditions de son emploi. Pour plus de détails, on pourra consulter la note technique du CERIG sur ce sujet.

 

Les couleurs affichées par le moniteur d'un portable sont plus fades que celles affichées par le moniteur d'un ordinateur de bureau, le même système d'exploitation étant utilisé dans les deux cas. En d'autres termes, l'espace chromatique du premier moniteur est plus petit que celui du second. Cela tient au fait que les deux moniteurs n'utilisent pas la même technologie : cristaux liquides pour le premier, tube à rayonnement cathodique (CRT) pour le second.

 
 
 Les polices dynamiques

Un fichier de police complet pèse typiquement 150 à 300 Ko. Voici quelques exemples, provenant d'un PC : Arial (266 Ko), Courier New (290 Ko), Garamond (181 Ko), Times New Roman (315 Ko). D'où viennent de pareilles tailles, alors que les caractères sont définis comme des images vectorielles ? Du fait que les grandes polices classiques contiennent les 635 caractères de la WGL4 (Windows Glyph List 4). Cette liste, qui a été établie par Microsoft, comporte tous les caractères utilisés en Europe occidentale (caractères accentués inclus), plus les caractères grecs, turcs et cyrilliques. Chaque lettre existe sous forme majuscule et sous forme minuscule, chaque caractère est représenté dans les quatre styles (normal, italique, gras et gras italique). Enfin, des formules permettent d'affiner localement certaines lettres pour l'affichage dans les grandes tailles. Une police complète, c'est un monde !

 

Il est évidemment impensable d'accompagner le téléchargement d'une page web -- dont on tente de limiter la taille à 50 Ko -- de celui d'un ou de plusieurs fichiers de polices pesant chacun plusieurs centaines de Ko. De fait, il est rarissime de voir l'auteur d'une page web proposer aux internautes le téléchargement d'une police spécifique.

 
 

Bien entendu, on n'utilise jamais qu'un petit sous-ensemble de tout ce que contient une police complète. Plusieurs éditeurs de logiciel ont donc imaginé de ne transmettre avec la page web que les caractères effectivement utilisés. Le procédé s'appelle "font embedding" ou "dynamic font" en anglais, et "police dynamique" en français. Bitstream est le plus connu des éditeurs de logiciel permettant cette opération. Pour contempler quelques exemples et s'informer sur le plan technique, il faut se rendre sur le site Truedoc, et non sur celui de l'entreprise.

 
 

Pour afficher les polices dynamiques, le navigateur a besoin du module externe (plug-in) de Bitstream, intitulé "Web Font Player". Les versions 4 postérieures à 4.2 du navigateur de Netscape sont automatiquement dotés de cet afficheur de polices (pour le vérifier, utiliser la rubrique "Aide/A propos des afficheurs de polices"). Pour les versions 6 par contre, rien n'est prévu pour le module externe : ni installation d'origine, ni téléchargement. Pour IE, le module externe prend la forme d'un "Contrôle ActiveX" qui s'installe dans le répertoire "C:\WINDOWS\Downloaded Program Files", sous le nom "TDServer Control". Il est donc facile d'en vérifier la présence sur une machine. Si vous ne possédez pas ce module, et si vous vous rendez sur le site de Truedoc, son téléchargement vous sera proposé, comme le montre la figure 3 ci-dessous.

 
Avertissement de sécurité (module externe) Figure 3 : téléchargement du module
externe de Bitstream (polices dynamiques)
 

L'éditeur Microsoft a développé une technique appelée WEFT (Web Embedding Fonts Tool), qui permet de transmettre une police de caractère avec une page web. Cette technique ne s'est pas développée, parce qu'elle est spécifique du navigateur Internet Explorer. La version 3 est proposée gratuitement sur le site de l'éditeur.

 
 

Remarque : il existe de nombreux sites web où l'on peut télécharger des polices, gratuites ou payantes selon le cas, mais cette offre n'est pas liée à l'affichage d'une page web particulière. Il s'agit en fait d'une opération FTP.

 
Chapitre précédent
Chapitre précédent
        Retour au sommaire
Retour au sommaire
        Chapitre suivant
Chapitre suivant
  Accueil | Technique | Liens | Actualités | Formation | Emploi | Forums | Base de données  
 

Copyright © CERIG/EFPG 1996-2000