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         Révision : 21 novembre 2000
Les presses numériques dans l'imprimerie
Éliane Rousset, Jocelyne Rouis et Jean-Claude Sohm - EFPG/CERIG
(06 novembre 2000)
II - Les presses monochromes

Les systèmes qui ont accompagné la naissance et les premiers développements de l'impression numérique, utilisent la photographie physique (par opposition à la photographie chimique, encore appelée argentique), ou électrophotographie. Le principe de fonctionnement de ces systèmes -- déjà utilisé dans les copieurs depuis près de quarante ans -- est le suivant.

Un cylindre, recouvert d'un matériau photoconducteur, est chargé de manière uniforme par effet Corona, grâce à un fil porté à une tension de 7 à 8.000 volts. Dans l'obscurité, le photoconducteur est isolant. Dans les zones où il est rendu conducteur par un rayonnement lumineux (souvent issu d'un laser), il se décharge. L'image latente électrostatique est ensuite révélée par un toner de charge opposée, fixé au papier par chauffage.

Avec un seul de ces dispositifs, on crée une presse  qui imprime en noir et blanc, et que l'on appelle presse monochrome. Pour se faire une place sur le marché actuel, une telle machine doit accepter les fichiers PostScript en entrée, et imprimer à une résolution de 600 dpi.

 
II-1 Les presses numériques monochromes de Xerox

Le pionnier en matière d'impression numérique noir et blanc est Xerox avec la série de machines Docutech 2000, des presses laser destinées au marché de l'impression à la demande. La première machine, la Docutech 90, date de 1990. Elle produisait 90 pages A4 par minute (ppm) avec une résolution de 600 dpi, mais n'est plus commercialisée aujourd'hui.

En 10 ans, la famille Docutech a beaucoup évolué ; les presses numériques y sont représentées par les modèle 6100, 6115, 6135, 6155 et 6180. Toutes ces machines impriment feuille à feuille au format maximal 14"x17", utilisent le procédé électrophotographique, et offrent une résolution de 600 dpi. Elles différent par leur rapidité (de 96 à 180 ppm), et les systèmes de finition qu'on peut leur associer. Pour obtenir plus d'informations sur ces machines, vous pouvez consulter le site web américain de Xerox, et introduire "Docutech" dans la fonction "Search" (patience ! les pages sont souvent longues à charger). Vous pouvez également consulter le site dédié à la famille Docutech 2000, admirer la page d'accueil somptueuse (patience ! une centaine d'images à charger...), et utiliser le sélecteur de produits pour vous informer.

La société Xerox a fait sensation à la Drupa 2000, tant par l'étendue de son stand (un hall entier), que par son intention bien affirmée de devenir un fournisseur majeur d'équipements dans le secteur des arts et industries graphiques.  Nous pensons que, pour y parvenir, cette société devra adapter son message, afin qu'il devienne compréhensible par les imprimeurs (précisons tout de suite que nous n'avons aucune hostilité envers Xerox !). Car le concurrent numéro un dans ce domaine, c'est Heidelberg ; les imprimeurs ont l'habitude de lui faire confiance, et ils comprennent parfaitement son discours.

L'internaute qui s'aventure sur le site web de Xerox pour y chercher des informations sur les presses est désorienté, car le mot "presse" y est très peu utilisé (il est souvent remplacé par "publisher"). Une même famille de produit contient à la fois des copieurs, des imprimantes, et des presses numériques, si bien qu'il est difficile de s'y retrouver. Pour Xerox, en effet, il n'y a pas de frontière bien définie entre un copieur et une presse numérique utilisant tous deux le procédé électrophotographique.

En outre, le document commercial relatif à la série 2000 qui est proposé en ligne par Xerox, est contenu dans un fichier pdf très volumineux, donc très long à charger. Sa lecture est décevante : les imprimeurs, qui sont habitués à un discours très technique, apprécieront sans doute peu son style très... "marketing sucré".

Faire un tour dans la version française du site consacré par Xerox aux industries graphiques n'est pas désagréable du tout : on y trouvera des idées intéressantes, mais on regrettera le manque de données techniques et économiques. À quand le "coin de l'imprimeur" sur les sites web de Xerox ?

En 1998 Xerox a racheté la société Delphax, qui développait une presse basée sur le procédé "Electron Beam Imaging" (EBI), parfois appelé Electron/Ion Charge Deposition. Ce procédé a été inventé il y a une vingtaine d'années, mais sa mise en oeuvre dans les presses est récente. Il consiste à générer des électrons à l'aide d'un courant de haute fréquence, au voisinage d'une plaque percée de trous très fins (quelques centièmes de mm de diamètre) au pas de 600 dpi. Des micro-électrodes permettent d'extraire les électrons au travers de chaque trou, pour les projeter sur un support isolant, créant ainsi une image latente électrostatique. L'image est ensuite révélée à l'aide d'un toner, puis transférée sur le support d'impression et fixée thermiquement, comme dans le procédé électrophotographique. Sur ce dernier, l'EBI présente l'avantage d'aller environ 10 fois plus vite (le support peut défiler à près de 100 mètres par minute), et de s'accommoder de supports variés. C'est la raison pour laquelle l'EBI est généralement présenté comme le procédé d'avenir dans le domaine des presses numériques monochromes, les procédés éventuellement concurrents (magnétographie et jet de toner) se trouvant encore au stade du développement.

Le procédé EBI est utilisé dans les machines récentes de la famille DocuPrint, les premières d'une série destinée aux industries graphiques, les modèles 330, 900 et 1300. La DocuPrint 1300 est alimentée par bobine, offre une résolution de 600 dpi, et  un format maximal de 8,5"x11". Sa caractéristique la plus remarquable est sa rapidité : 1300 ppm en duplex !
La société Digital Print, et diverses autres start-ups, construisent ou développent des presses basées sur le même principe.
 
II-2 Les presses numériques monochromes d'IBM

Bien que le marché des presses numériques monochromes soit dominé par Xerox, IBM est un challenger sérieux, avec certaines machines de la famille InfoPrint. Le modèle 2000 n'est autre que la Digimaster d'Heidelberg (voir plus loin) vendue sous la marque IBM. Le modèle 4000 est principalement destiné à l'impression de livres à la demande. Le modèle 60 représente l'entrée de gamme.

 
II-3 Les presses numériques monochromes d'Océ

Océ est également l'un des concurrents sérieux de Xerox dans le domaine des presses numériques monochromes. On peut consulter la liste des machines commercialisées sur le site web de la société. Mais, comme pour le site de Xerox, l'imprimeur moyen aura du mal à s'y retrouver. Chez Océ, on ne parle pas de presse, mais de "printer". Mais... où finissent les imprimantes, et où commencent les presses numériques monochromes ?

Dans le Product Guide du site américain, à la rubrique "Print-On-Demand Printers", on trouve la famille des machines DemandStream, qui ressemblent fort à ce que les imprimeurs appellent une presse monochrome. Le suffixe "DI" qui accompagne le nom des machines est trompeur : il ne s'agit pas de presses "Direct Imaging" comme celles qui utilisent le procédé Presstek, mais de machines utilisant l'électrophotographie. Leur originalité vient du fait que l'image est créée sur le tambour grâce à une matrice de LED (Light Emitting Diodes) occupant toute la largeur de la laize. Les applications envisagées (impression à la demande et impression personnalisée) correspondent bien à ce que l'on attend d'une presse numérique électrophotographique.

Comme Xerox et IBM, Océ peut fournir une ligne complète de finition permettant de produire des livres ou des opuscules brochés. Le marché du livre à la demande (on-demand book publishing) est décidément très convoité !

 
II-4 La presse Digimaster 9110 d'Heidelberg

Récemment, la presse Digimaster 9110 d'Heidelberg est venue grossir la liste des concurrents des machines Docutech de Xerox. Cette presse feuille à feuille fut d'abord développée par Kodak, qui décida de la commercialiser via Danka. Lorsque ce distributeur connut des difficultés financières, Kodak vendit l'activité à Heidelberg. Cette firme décida à son tour de commercialiser la machine via des canaux multiples, dont Canon (sous le nom imageRUNNER 110), Danka et IBM (InfoPrint 2000, voir ci-dessus). La presse Digimaster se présente ainsi comme une presse numérique noir et blanc bien adaptée au repiquage personnalisé d'imprimés au format A3 et A4, avec une résolution de 600 dpi, et un débit de 110 ppm. Heidelberg, qui est à son aise sur le marché des industries graphiques, a sérieusement entamé les positions de Xerox dans le domaine des presses monochromes : la Digimaster se serait déjà vendue à plus de mille exemplaires dans le monde.

 
II-5 La TruePress V200 de Dainippon Screen

A la Drupa 2000, Dainippon Screen (pas de panique : bien que situé au japon, le site possède une version en anglais) a fait la démonstration d'une machine baptisée TruePress V200. C'est une presse monochrome, capable de ripper les données et d'imprimer soit 400 pages A4 / minute (ou 200 feuilles recto/verso) soit 200 pages A3 / minute (ou 100 feuilles recto/verso). Elle présente par ailleurs une caractéristique intéressante. En effet, grâce à une interface construite sur la base d'un navigateur, elle permet des opérations à distance via un réseau Intranet ou lnternet. Elle est donc bien adaptée à la réalisation de manuels, brochures techniques, rapports d'affaires et livres à la demande.

 
II-6 L'activité Varypress de Nipson revendue

Acteur modeste du domaine des presses numériques monochromes, Nipson a revendu son activité Varypress (magnétographie) à Xeikon.

 
II-7 Un nouvel intervenant sur le marché : Aprion

A la Drupa 2000 toujours, Aprion Digital a annoncé la sortie prochaine d'une presse numérique monochrome baptisée Booknet, spécialisée dans l'impression des livres à la demande pour le grand public, et capable de produire un ouvrage de 600 pages en moins de 10 minutes. On peut en contempler la photo en ligne... mais c'est tout pour l'instant !

 
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