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         Avril 1998

Le transfert des données via le RNIS

 

par J.C. SOHM - Enseignant à l'EFPG

 


Chapitre X - Conclusion


 

L'accès de base du RNIS est actuellement le meilleur outil de connectivité dont disposent les entreprises ayant des volumes modérés de données numériques à échanger entre elles. Mais son débit maximum de 128 kilobits/sec deviendra rapidement insuffisant au regard des besoins futurs. C'est pourquoi les compagnies de téléphone étudient depuis plusieurs années un "RNIS à large bande" qui, au niveau de la boucle locale en cuivre, utiliserait un procédé DSL.

Sur les lignes à longue distance, toutes les données transitent sur le même support, la fibre de verre ; seuls les protocoles utilisés différent. Mais, comme nous l'avons vu dans le chapitre précédent, la concurrence se fait jour sur la boucle locale, grâce au câble bidirectionnel (là où il est déjà disponible) et aux constellations de satellites (disponibles dans quelques années). Pour répondre à cette menace, les compagnies de téléphone accélèrent le développement des procédés DSL. Le succès foudroyant d'Internet met le procédé ADSL en vedette, mais il faut espérer que d'autres procédés xDSL à débit plus symétrique seront aussi développés, afin de fournir aux entreprises un outil de connectivité plus performant que le RNIS. Le RNIS est donc un procédé de transition, et il en sera sans doute de même pour le procédé DSL qui lui succédera.

 

Le RNIS est aussi le premier exemple de transport intégré de données isochrones et non-isochrones sur un même canal -- un exemple qui risque fort de se généraliser, car il est porteur d'économies. Pour l'instant, seuls les réseaux à commutation de circuit permettent de réaliser cette intégration, parce que les réseaux à commutation de paquet ne transportent pas les données isochrones de façon satisfaisante. Mais la commutation de circuit est intrinsèquement plus onéreuse que la commutation de paquet, ce qui incite de nombreuses entreprises oeuvrant dans le domaine des télécommunications à rechercher une solution autre que la commutation de circuit pour le transport intégré des données. Deux systèmes sont actuellement en compétition :

 

ATM (Asynchronous Transfer Mode) est un protocole de transmission asynchrone fonctionnant en mode connecté, utilisant des "cellules" (c'est à dire des petits paquets de taille fixe défilant de manière continue), et convenant à peu près aux données isochrones. Mais ATM s'est développé lentement, la normalisation a traîné, les matériels nécessaires ne sont apparus que récemment sur le marché, et leur prix reste élevé. Les partisans d'ATM pensaient que ce protocole s'imposerait partout, mais il est désormais certain que les réseaux locaux lui échapperont : il est plus économique pour les entreprises d'améliorer les réseaux Ethernet existants (à l'aide des nouvelles techniques "Fast Ethernet" et "Gigabit Ethernet"), que de reconstruire complètement leur réseau pour le faire fonctionner en ATM. Par contre, les compagnies de téléphone commencent à utiliser ATM pour leurs lignes à longue distance et à très haut débit.

 

Mais ATM a depuis peu un concurrent redoutable : le protocole IP d'Internet. Certes, ce dernier utilise la commutation de paquets, qui a été conçue pour le transport des données non isochrones au débit irrégulier, et non pour la voix dont le débit est relativement uniforme. Mais la technique évolue, et fournisseurs d'accès ou entreprises nouvellement créées (start-ups) se lancent dans la téléphonie sur IP. Pour que cela marche, il faut que les paquets contenant des données isochrones soient prioritaires : les grandes affaires du moment sont donc VoIP (Voice over IP) et IPv6 (Internet Protocol, version 6). Outre qu'il conduit à des coûts moindres, le protocole IP présente l'avantage pour les développeurs d'être plus souple que ses concurrents.

 

Comme on le voit, le monde des télécoms est en pleine effervescence, et il est impossible de pronostiquer de manière sérieuse ce que deviendra l'échange des données entre entreprises, lorsque la boucle locale en cuivre et les procédés DSL deviendront à leur tour obsolètes.

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