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         Novembre 1996

 

CD-ROM et MULTIMEDIA

par Jean-Claude SOHM - E.F.P.G.



7 - Le Marché du CD-ROM





Comme nous l'avons déjà souligné plus haut, le marché du CD-ROM présente deux segments bien distincts. Le marché professionnel remonte à 1985, ce qui fait qu'il est resté longtemps orienté vers les données textuelles. Le marché des particuliers n'a que quelques années d'âge, et il s'est d'emblée tourné vers le multimédia.


Le marché professionnel



Les bases de données documentaires ont fourni une première application au CD-ROM, lorsque ce dernier est apparu sur le marché en 1985. Aujourd'hui, elles constituent environ la moitié du marché professionnel du CD-ROM, et leur part va en déclinant. Leur histoire mérite d'être brièvement racontée, car elle illustre bien la manière dont s'est développée l'information numérique.

Lorsque les premières bases documentaires apparurent au milieu du 19ème siècle, elles furent diffusées sous forme de publications périodiques imprimées, appelées revues analytiques. A la fin des années 60, certaines bases avaient pris une telle ampleur que leurs producteurs durent recourir à des moyens informatiques pour les gérer. Mais à partir du moment où les informations furent stockées sur ordinateur, il devint tentant d'utiliser aussi des moyens informatiques pour les imprimer : les bases documentaires bénéficièrent ainsi des premiers pas de la PAO. Puis les producteurs s'avisèrent que certains de leurs clients étaient dotés de moyens informatiques puissants, et qu'au lieu de leur envoyer du papier, on pouvait leur transmettre l'information sous forme de bandes magnétiques. Le coût élevé des ordinateurs limita cependant ce mode de diffusion aux très grosses entreprises.

Au cours des années 70, lorsque les réseaux de transmission de données numériques commencèrent à se développer, il devint tentant pour les producteurs de les utiliser pour diffuser l'information numérique contenue dans leurs bases. Ainsi, en dialoguant en ligne avec un centre serveur, l'utilisateur peut sélectionner l'information dont il a besoin, et la recevoir immédiatement.
Au milieu des années 85, les micro-ordinateurs étaient déjà largement diffusés dans les entreprises. Lorsque le CD-ROM apparut sur le marché, les producteurs purent l'utiliser pour diffuser leurs bases avec beaucoup plus de succès qu'avec la bande magnétique. D'un point de vue économique, l'utilisateur s'aperçut qu'il avait intérêt à consulter en ligne une base utilisée de manière épisodique, et sur CD-ROM une base interrogée régulièrement : un équilibre s'établit donc entre les deux moyens de diffusion numérique.


Les choses, bien sûr, n'allaient pas s'arrêter là. La vitesse de transmission des réseaux d'une part, et la taille de la mémoire des ordinateurs d'autre part, ne cessant de croître, il devint possible d'introduire dans les bases des documents complets, au lieu de leur seul résumé. De ce fait, les producteurs de bases de données trouvent aujourd'hui que la capacité du CD-ROM est un peu faible, et ils attendent avec intérêt l'arrivée du DVD-ROM. Confronté à la double concurrence des médias numériques en-ligne et hors-ligne, le produit imprimé fait pâle figure : la diffusion des revues analytiques a baissé, et certaines d'entre elles ont bel et bien disparu. Certes le papier, en tant que support d'information, n'est pas menacé de disparition comme le prétendent quelques fanatiques, mais certains de ses marchés le sont effectivement.


Au début des années 90, les entreprises commencèrent à s'adresser à des sociétés de service pour remplacer certains de leurs produits imprimés par des CD-ROM multimédia, considérés comme de meilleurs outils d'information et de communication. Les domaines les plus cités sont :

la présentation de l'entreprise (pour les employés, les grossistes, et les clients),
la réalisation du catalogue des produits et services,
la documentation commerciale à l'attention de la force de vente,
la formation du personnel,
l'information du personnel, des actionnaires, et de la presse,
la documentation technique interne,
la publicité pour les nouveaux produits et services.


On notera que, comme moyen de communication externe de l'entreprise, le CD-ROM est concurrencé par Internet.


Les entreprises utilisent de plus en plus le CD-ROM pour l'archivage électronique de leurs documents. Le développement de cette fonction est lié à l'apparition du CD-R en 1991, à la baisse progressive du coût des graveurs, au coût très bas de l'octet stocké sur CD, au fait qu'on ne peut effacer l'information par mégarde... et à la pagaïe qui règne dans les procédés concurrents, pour lesquels des standards communs n'ont jamais été définis. Le succès a été tel cette année, que pendant près de six mois, la pénurie a régné sur le marché des CD-R!

Le CD-ROM est aussi utilisé comme un moyen de transmission de l'information numérique. On nous parle beaucoup des autoroutes de l'information, mais nous ne disposons pour l'instant que de chemins vicinaux : à la vitesse actuelle de fonctionnement d'Internet en France, il faudrait plusieurs jours pour transférer 650 Mo sur ce réseau... en supposant qu'aucun incident ne vienne interrompre le processus, et sans trop de garantie sur l'intégrité des données ainsi transmises. Rien de plus facile, par contre, que de glisser un CD qui pèse 40 grammes dans une enveloppe matelassée, et de l'expédier par la poste.

La publication de logiciels constitue une autre application professionnelle du CD-ROM, lequel remplace avantageusement les jeux de disquettes pléthoriques, caractéristiques des suites Bureautique et des systèmes d'exploitation récents. On peut en outre ajouter au disque des banques de données multimédia utilisables par le logiciel, une présentation et/ou une formation animées, des exemples, etc.



Dans le domaine professionnel particulier des établissements d'enseignement, où l'EAO (Enseignement Assisté par Ordinateur) ne s'est pas beaucoup développé, le CD-ROM aura du mal à s'introduire de manière significative.



Le marché grand public




Examinons d'abord l'offre : il y avait 6.000 titres disponibles dans le monde en 1994, 8.000 en 1995, et il y en aura environ 10.000 à la fin de cette année. Le sens du mot titre mérite d'être précisé : si la même oeuvre donne naissance à un CD-ROM et à un CD-I (par exemple), elle compte pour deux titres. Dans un domaine où l'exagération est de mise, le chiffre de 10.000 titres en 1996 parait raisonnable, car on trouve sur Internet des revendeurs qui mettent plus de 7.000 titres en ligne - et ils ne sauraient tout avoir.

Il a été annoncé que 3.000 titres étaient disponibles en France cette année, mais ce chiffre parait désormais sous-estimé, car un distributeur parisien (spécialisé dans les produits pour adultes) vient d'annoncer fièrement plus de 3.500 titres disponibles en magasin pour Noël... la plupart en anglais d'ailleurs, et fraîchement importés.


Examinons ensuite l'ampleur du marché : l'association des éditeurs américains de logiciels (Software Publishers Association) prévoit un chiffre d'affaires de deux milliards de dollars pour les ventes de CD-ROM destinés au grand public, par l'ensemble de ses adhérents, en 1996. Comme cette association représente environ 80% des éditeurs américains, le chiffre précédent constitue une valeur par défaut : d'autres estimations atteignent trois milliards de dollars. Si nous admettons que le coût moyen d'un CD-ROM est 30$, nous arrivons au chiffre de 100 millions de CD-ROM vendus aux particuliers aux USA en 1996. Ce chiffre parait constituer un ordre de grandeur prudent, si on le compare à celui de 70 millions souvent cité pour 1994.

Si nous rapprochons le nombre de titres (10.000) du nombre de disques écoulés sur le marché (100 M), nous trouvons qu'un titre se vend en moyenne à 10.000 exemplaires. Ce chiffre n'a guère de sens en fait, car les top se vendent à plusieurs millions d'exemplaires, alors que d'autres titres connaissent l'échec presque complet. Les éditeurs reconnaissent que le taux de réussite varie entre un titre rentable sur cinq et un sur dix.

Les chiffres avancés pour la France varient dans des proportions considérables. Cette année, de 0,5 à 1 million de CD-ROM auraient été importés des USA, et 1 à 3 millions vendus aux particuliers dans notre pays.


Examinons enfin l'équipement des utilisateurs. Pour se servir d'un CD-ROM, il faut posséder un micro-ordinateur multimédia, c'est à dire équipé d'un lecteur de CD-ROM et d'une carte son. On connaît le chiffre des ventes de lecteurs aux USA et en France, mais on ignore la répartition entre les particuliers et les entreprises. De plus, certains modèles d'ordinateurs sont systématiquement vendus équipés, ce qui n'implique pas que l'utilisateur se serve du lecteur pour autre chose que charger le système d'exploitation. On ignore enfin quelle est la part du premier équipement et celle du remplacement de lecteurs plus anciens. On ne sait donc pas quelle conclusion tirer du fait qu'il y avait au début de l'année 60 millions de lecteurs aux USA et 1,2 millions en France... si ce n'est que la France est en retard, dans le domaine du multimédia, sur les USA (sur l'Angleterre et l'Allemagne également).
Les ventes d'ordinateurs multimédia aux USA progressaient au début de l'année au rythme de 8 millions d'unités/an, et le cumul des ventes au cours des deux années précédentes atteignait 6 millions d'unités. Affirmer aujourd'hui que 20 millions de foyers sont équipés (le tiers de ménages américains) parait donc légèrement exagéré. Si l'on adopte néanmoins ce chiffre, on arrive à 5 CD-ROM achetés par ménage et par an, ce qui n'est pas déraisonnable.
Le chiffre d'un million de ménages français équipés d'un ordinateur multimédia parait exagéré d'un bon facteur trois. Le taux d'équipement des ménages, en France, n'atteint probablement pas 3%, soit le dixième du taux américain. Compte tenu du rapport des populations, les ventes de CD-ROM aux particuliers en France peut effectivement se situer entre 2 et 3 millions d'unités pour cette année.


Que contiennent les CD-ROM achetés par les particuliers? Pour guider sa clientèle, chaque producteur et chaque distributeur a sa propre classification des CD-ROM, et nous n'avons pas résisté au plaisir de créer la nôtre. A l'exception des jeux, chacune des catégories définies ci-dessous représente environ 10% du marché.



Les jeux -


Les jeux constituent à eux seuls un tiers du marché, aux Etats-Unis comme en Europe. La société américaine NPD (études de marchés) vient de publier des chiffres qui montrent que les jeux sur ordinateur ont presque rattrapé les jeux sur console. Rappelons que, depuis plusieurs années, le chiffre d'affaire des jeux a dépassé celui du cinéma en salle aux USA.
Les jeux sur CD-ROM ont succédé aux jeux sur disquette, dont l'origine remonte presque aux débuts de la micro-informatique. Un abîme sépare ces ancêtres de leurs descendants : personnages mieux dessinés (voire même acteurs célèbres filmés), décors 3D réalistes ou somptueux, vitesse d'exécution fulgurante, imagination débordante, durée beaucoup plus longue... et coût de réalisation parfois comparable à celui d'un film de série B.

On trouve des jeux de toutes sortes : jeux d'action (dont les fameux &laqno; shoot th'm up », tuez-les tous!), jeux d'arcade (aussi anciens que la micro-informatique), jeux d'aventure, jeux de réflexion ou de stratégie, jeux de rôle, jeux de simulation (de plus en plus réalistes), jeux de tableau (flipper), jeux de société, jeux de cartes et, pour les nostalgiques, compilations d'anciens jeux publiés autrefois sur disquette... Certains jeux ont remporté un remarquable succès commercial : ce sont les jeux-cultes. Ainsi, la première version du jeu d'action Doom s'est vendue, en deux ans, à deux millions d'exemplaires à travers le monde. Les jeux Doom et Myst ont donné naissance à toute une littérature, y compris un livre chacun! Qu'on aime jouer à l'ordinateur ou que l'on n'aime pas, on se doit de reconnaître que les jeux ont eu le double mérite favoriser les ventes d'ordinateurs domestiques, et de faire progresser leur technologie.

Il existe une certaine osmose entre l'industrie du jeu sur CD-ROM et celle du cinéma. Pour les séquences vidéo, on fait jouer des acteurs professionnels devant un fond neutre qui est ensuite remplacé par un décor de synthèse ; inversement, on utilise des images de synthèse pour les effets spéciaux de certains films. Certains jeux sont issus de films (tel Wing Commander, qui reprend les thèmes de la Guerre des Etoiles), et certains producteurs de cinéma attendent un effet de synergie de la sortie simultanée du film et du jeu issus du même scénario. Même phénomène dans le domaine de la télévision, où l'on voit apparaître les premiers jeux sur CD-ROM issus d'émissions ayant connu le succès (Fort Boyard et les Guignols de l'Info, par exemple). Cependant, il n'est pas certain que les bonnes vielles recettes qui font le succès des films made in Hollywood (gros budget et grandes vedettes) fassent aussi celui des jeux sur CD-ROM. Le joueur n'est pas un spectateur passif, avachi devant son écran TV : il veut avant tout que son jeu le passionne, et le fait d'y retrouver une vedette connue ne constitue sans doute pas un argument décisif.



Eveil -

Le public visé est celui des enfants de 4 à 14 ans. Les CD-ROM pour enfants ont connu un très grand développement cette année, et ce secteur représenterait déjà 10% du marché. Ainsi, l'éditeur Coktel a vendu à travers le monde un million et demi d'exemplaires de son CD-ROM de géographie pour les jeunes! La plupart des produits d'éveil ont pour but de développer les connaissances de l'enfant tout en l'amusant.



Loisirs -

Ce secteur représente environ 15% du marché. On y trouve des titres relatifs à des sujets très divers : vie pratique, voyages, sports, automobile, gastronomie, tourisme, voyages, magazines interactifs, catalogues électroniques. Cartes, atlas, visites virtuelles de lieux touristiques, listes d'hôtels et de restaurants, permettent ainsi de préparer ses vacances à l'ordinateur... et de partir virtuellement si l'on n'a pas les moyens de faire autrement! Les périodiques sans support papier sont encore rares (le plus connu, en France, est La Vague Interactive) et difficiles à trouver en kiosque. La presse traditionnelle, par contre, encarte de plus en plus un CD-ROM dans chaque produit (livre ou périodique). Certains organismes de vente par correspondance commencent à joindre un CD-ROM à leur catalogue sur support papier.



Education et connaissances -

Ce secteur comprend d'abord les dictionnaires et les encyclopédies, dans lesquels l'accès direct associé à l'hypertexte facilite les recherches. Aujourd'hui, le dictionnaire devient multimédia : au nom d'un oiseau on peut associer son chant, au nom d'un film un extrait vidéo, etc...
Ce secteur comprend aussi les produits pour l'autoformation : apprentissage des langues, de l'histoire, de la géographie, des instruments de musique, etc...pour les enfants comme pour les adultes. Dans ces produits, le CD-ROM a de sérieux atouts : l'interactivité, l'aspect ludique et convivial, la nouveauté. Avec l'arrivée du CD-ROM, les produits d'autoformation ont fait de sérieux progrès. L'apprentissage des langues, qui faisait déjà appel aux méthodes audiovisuelles, bénéficie du fait que le même support contient toutes les informations. L'imagination des éditeurs n'a pas de limites : on peut aujourd'hui apprendre une langue en jouant à un jeu bilingue, par exemple. Ce secteur est souvent appelé ludo-éducatif, ou edutainment en anglais.



Culture -

On trouve dans ce secteur des produits relatifs aux différents arts (peinture, musique, photo, cinéma), aux musées, aux grands artistes et compositeurs, aux sciences et aux religions. Les CD-ROM consacrés à l'art (et plus spécialement ceux permettant la visite virtuelle d'un musée) ont connu un développement récent, et les éditeurs français se sont illustrés dans ce domaine. Les CD- Extra permettent de suivre la partition et de voir opérer l'orchestre, tout en écoutant une oeuvre musicale avec un son de bonne qualité. Certains éditeurs tentent d'associer livre et CD-ROM : au premier la qualité des images, au second l'atout multimédia et l'interactivité.



Produits pour adultes -

e terme désigne les CD-ROM réservés aux personnes âgées de 18 ans ou plus. On trouve dans ce secteur des produits appelés : charme, interactif, mangas, images, et vidéos. Le terme &laqno; charme » désigne souvent les produits érotiques au sens exact du terme, le reste de la production étant plutôt de caractère pornographique. Les mangas sont des bandes dessinées japonaises, au style assez particulier.
L'industrie du sexe adopte toujours rapidement les innovations techniques, et le CD-ROM n'a pas fait exception. Les disques d'images contiennent des photos déjà publiés dans les revues pour adultes, et leur intérêt est bien mince : la qualité de l'image affichée par un moniteur est tellement inférieure à celle d'une bonne quadrichromie sur papier glacé! Les disques de vidéo contiennent des séquences de films pornographiques déjà commercialisés : mieux vaut les visionner à l'aide de son magnétoscope! En fait, le consommateur n'est pas resté pas dupe très longtemps, et ce type de produit fait de moins en moins recette. C'est pourquoi les disques pour adultes portent de plus en plus souvent la mention &laqno; interactif ». Contrairement à ce qui s'est passé dans d'autres domaines (chaînes TV cryptées, magnétoscopes, minitel), les produits pour adultes ne semblent pas avoir dynamisé sérieusement le marché du CD-ROM.



Semi-professionnel et divers -

Nous mettons dans cette rubrique des produits de Bureautique, PAO, multimédia, gestion de patrimoine, des utilitaires, etc... dont les fonctionnalités sont plus limitées que celles trouvées dans les produits professionnels correspondants, et qui sont destinés à des amateurs éclairés. Certains de ces produits se présentent sous forme de sharewares et de freewares.



Le développement du marché grand public



L'expansion du marché du CD-ROM est freinée par plusieurs facteurs : le coût unitaire trop élevé, l'absence d'un réseau de distribution préexistant, la présence de deux plates-formes, et les problèmes de portabilité d'une configuration à l'autre.

Le coût -

Le coût d'un CD-ROM varie de 100 à 500 francs environ, mais certaines encyclopédies atteignent parfois plusieurs KF. Les CD-ROM anciens (les versions précédentes des jeux en particulier) coûtent souvent moins de 150 F, mais le prix courant d'un CD-ROM récent est de l'ordre de 350 F. Pour un même produit, le coût en France est nettement supérieur au coût américain, parce que le marché francophone est nettement plus étroit, et à cause du taux élevé de la TVA. Les éditeurs se plaignent du fait qu'un produit de qualité ne peut pas être amorti sur le marché français s'il est vendu moins de 200 F.


La distribution -

Produit nouveau, le CD-ROM souffre de l'absence d'un circuit de distribution qui lui soit propre. Le premier mode de distribution a consisté à joindre des disques lors de la vente de matériel neuf. Maintenant, on trouve des CD-ROM dans certaines librairies, dans les boutiques d'informatique, sur les rayons de certaines grandes surfaces, et dans de rares magasins spécialisés. On s'attend à trouver bientôt le Vidéo-CD dans les magasins dédiés aux produits vidéo. Quelques entreprises vendent des CD-ROM par correspondance, mais le consommateur hésite à acheter un produit dont le coût moyen est 350 F, sans pouvoir se faire au préalable une idée sérieuse sur son contenu.
Comme pour tout nouveau produit, les débuts sont donc difficiles : les éditeurs se plaignent de l'étroitesse du marché, qui les oblige à vendre au-dessus de 300 F l'unité ; les distributeurs ne veulent pas faire une place appréciable à ce nouveau produit dans leurs rayons, si le prix est tel que peu de clients achètent et que le rayon n'est pas rentabilisé.

Internet représente peut-être le meilleur moyen de diffusion du CD-ROM et, aux Etats-Unis, les revendeurs se multiplient sur le web. Des moteurs de recherche spécialisés permettent au consommateur de trouver les disques de son choix, et d'être orienté vers les détaillants qui peuvent les lui fournir. Certains éditeurs envisagent de mettre systématiquement un extrait de chacun de leurs produits à la disposition du consommateur, qui pourra ainsi le télécharger et l'examiner à loisir, avant de prendre, en connaissance de cause, sa décision d'achat.
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Les plates-formes -

L'existence de deux plates-formes (Macintosh et PC) renchérit également les coûts et complique la distribution. En France, en 1995, les micros de la marque Apple représentaient la moitié du parc de machines équipées d'un lecteur de CD-ROM. Cela provient de la politique de cette firme, qui commercialise depuis plusieurs années des machines équipées en standard d'un lecteur intégré. Il ne faudrait pas en conclure, comme on l'a fait un peu vite, que dans notre pays, le marché du CD-ROM est partagé de manière égale entre les deux plates-formes! Ce n'est pas le parc de lecteurs installés qui compte, mais celui des lecteurs utilisés. Les statistiques des organismes de vente par correspondance montrent que 80% des acheteurs de CD-ROM sont équipés de PC en France, et près de 90% aux Etats-Unis.

La plupart des producteurs de CD-ROM, qui connaissent ces chiffres, développent donc en priorité leurs produits pour PC. Lorsque le produit n'est pas trop volumineux, la solution souvent adoptée consiste à éditer un CD-ROM bi-plate-forme, conforme à la norme ISO 9660. Dans le cas contraire, la version pour PC sort généralement la première, et la version pour Macintosh est publiée plus tard, en cas de succès commercial suffisant. Résultat : les titres pour Macintosh n'ayant pas leur équivalent pour PC représentent une part négligeable du marché, contre 45% environ pour les titres en situation inverse.


La portabilité -


Le particulier qui introduit un nouveau CD-Audio dans le lecteur de sa chaîne hi-fi ne se fait a priori aucun souci : il est certain d'obtenir du son. Mais le particulier qui introduit un nouveau CD-ROM dans le lecteur de son micro-ordinateur ne sait pas ce qui l'attend... Les CD-ROM que l'on trouve encartés dans les périodiques sont souvent produits dans la hâte et à bas prix : ne pas pouvoir les utiliser correctement est monnaie courante, et l'on peut s'estimer heureux s'ils ne contiennent pas de virus, ou s'ils ne dégradent pas le système d'exploitation au point de nécessiter son rechargement. Les CD-ROM provenant d'éditeurs sérieux sont beaucoup plus fiables, parce que les producteurs multiplient les essais avant que les titres ne soient commercialisés. Mais le nombre de configurations possibles des systèmes microinformatiques est tel que l'utilisateur n'est jamais certain de pouvoir utiliser le disque qu'il vient de se procurer. La cause peut être d'origine logicielle (exemple : la version de QuickTime n'est pas la bonne) ou matérielle (exemple : la carte son du PC n'est pas compatible Sound Blaster). Ce problème, qui se manifeste sur toutes les plates-formes, empoisonne la vie des distributeurs de CD-ROM, et les plus sérieux mettent à la disposition de leurs clients un numéro de téléphone spécialisé.

Le problème vient de ce que, si le CD-ROM est un produit bien défini et normalisé, le micro-ordinateur ne l'est pas. Le micro multimédia a fait l'objet des recommandations MPC (Multimedia Personal Computer), mais ces dernières ne rentrent pas assez dans le détail, et tous les constructeurs ne les respectent pas. Il est cependant probable que le développement du marché du CD-ROM dans le grand public entraînera la création de normes de fait pour les micro-ordinateurs multimédia domestiques.

Conclusion



Le CD-ROM a réussi son introduction dans le grand public, depuis 2-3 ans déjà aux Etats-Unis, et maintenant en Europe. Certes les ventes sont loin d'atteindre celles des CD-Audio, des cassettes et des VHS, mais elles croissent rapidement.

Ce sont les produits les plus soignés et les plus interactifs qui domineront le marché.

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