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Du nouveau dans les télécommunications : l'ADSL
Jean-Claude Sohm - CERIG / EFPG
(novembre 1998)
IV - Conséquences : que font les acteurs du marché ?
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Le projet de norme G.Lite était à peine entériné par l'ITU que les grandes manœuvres commençaient.

Divers fabricants de modems ont annoncé qu'ils n'attendraient pas la sortie de la version définitive de la norme pour lancer des modèles sur le marché. Ces fabricants, en effet, sont en mauvaise posture : le plus célèbre d'entre eux, Hayes, est en faillite, et ses confrères sont presque tous dans le rouge. A cause de la concurrence, le prix des modems analogiques fonctionnant à 33,6 Kbps a beaucoup baissé, laminant les marges. L'existence de deux protocoles distincts, et incompatibles entre eux, a freiné pendant un an les ventes des modems 56 Kbps. Les fabricants de modems fondaient de gros espoirs sur l'interrogation d'Internet via le RNIS, mais les compagnies de téléphone n'ont pas fait l'effort marketing nécessaire pour que cette technique se développe comme elle l'aurait méritée, et les ventes de modem RNIS n'ont pas explosé comme les constructeurs l'espéraient. Ces derniers reportent maintenant leurs espoirs sur le câble et l'ADSL.

Les telcos ont été très promptes à réagir -- une fois n'est pas coutume ! -- parce qu'elles craignent la concurrence du câble. Grâce au câble hybride bi-directionnel, les câblo-opérateurs peuvent étoffer leur offre de télévision en y ajoutant la téléphonie classique et la consultation d'Internet. Pour cette dernière application, le débit descendant vaut 30 Mbps, et le débit montant 1 Mbps, mais ces débits sont partagés entre de multiples utilisateurs. Aux heures de pointe, les chiffres précités sont à diviser par 100 environ, mais le débit résultant reste cependant nettement supérieur à celui d'un modem analogique. On estime qu'à la fin de cette année, 400 à 500.000 foyers américains seront reliés à Internet grâce au câble (pour un coût forfaitaire moyen de 50 $ / mois) -- il y en avait déjà 250.000 au mois de mai dernier. La croissance ne s'arrêtera pas là, car la majorité des foyers américains sont soit raccordés à un câble, soit situés à proximité.

Attaquées dans leur monopole, les telcos locales ont cherché une riposte. Elles pensent l'avoir trouvé dans l'usage de l'ADSL et, une fois n'est pas coutume, elles ont décidé d'aller vite. Un événement récent leur a d'ailleurs rappelé que leur situation de monopole était sérieusement menacée : le numéro un des transporteurs à longue distance (AT&T) a annoncé au mois de juin dernier son intention d'acheter TCI (le principal câblo-opérateur) pour 48 milliards de dollars. Si le gouvernement américain ne bloque pas la transaction au nom des lois anti-trusts (avec les politiciens, on ne sait jamais), AT&T pourra concurrencer la boucle locale en cuivre grâce au câble dans un tiers des foyers américains.

Au Comdex de Las Vegas, la semaine dernière, MCI Worldcom a annoncé de grands projets de déploiement de l'ADSL. Ils sont tellement récents, que sur le site Internet de cette grande telco -- site qui comporte 727 pages -- il n'y a pas un seul mot sur le procédé ADSL !

Enfin, les grands fabricants de micro-ordinateurs, tels Dell ou Compaq, prévoient de livrer en 1999 des machines "ADSL-ready", c'est à dire pré-configurées pour le raccordement à un fournisseur d'accès à Internet via l'ADSL. Ils passent actuellement des accords avec les telcos américaines et les fabricants de matériel téléphonique. Pour eux, la normalisation effective de l'ADSL est une bénédiction : elle leur évite d'avoir à installer une carte modem et à configurer leurs machines de manière différente selon la localisation du client final.

 
 
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