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Du nouveau dans les télécommunications : l'ADSL
Jean-Claude Sohm - CERIG / EFPG
(novembre 1998)
III - La norme G.Lite
 
III-1 Introduction       Précédent      Sommaire      Suite

Jusqu'à présent, le procédé ADSL s'est développé fort lentement, et ce pour les raisons suivantes :

    la norme qui décrit le procédé ADSL ne fixe pas les valeurs des débits : chaque telco a donc adopté ses propres valeurs pour le débit montant et pour le débit descendant. Pour l'instant, l'interopérabilité n'existe pas ;
  le matériel n'est pas normalisé. Un modem prévu pour fonctionner avec une telco donnée ne marche pas avec une autre ;
  les frais de raccordement sont élevés, parce qu'un technicien doit venir installer le splitter au domicile de l'usager, et le configurer ;
  le prix de l'abonnement est trop élevé, du moins pour les particuliers ;
  le personnel des telcos n'est pas familiarisé avec la nouvelle technologie.

Les acteurs des télécommunications ont compris que l'ADSL ne pourrait pas se développer si une normalisation du matériel n'intervenait pas rapidement (le procédé ADSL lui-même est normalisé depuis 1993, sous le numéro ANSI 1.413). Pour ce faire, au mois de février 1998, un organisme de concertation, appelé UAWG (Universal ADSL Working Group), a été créé par Compaq, Intel et Microsoft. Il regroupe aujourd'hui plus de 130 entreprises des secteurs de l'informatique, des réseaux et des télécommunications de divers pays (France Télécom en fait partie depuis le mois de mai dernier). Les travaux de cet organisme ont été menés rapidement, mais dans la discrétion : pas question de laisser les disputes relatives à la paternité du procédé ou des brevets se dérouler sur la place publique, comme ce fut le cas de manière outrancière pour le modem 56 K. Les plus optimistes pensent que la version définitive de la norme sera adoptée au mois de juin 1999, mais l'industrie n'attendra pas cette date pour se mettre à l'œuvre, et l'on trouvera probablement les nouveaux modems dans le commerce d'ici quelques mois.

 
III-2 La norme G.Lite       Sommaire

La norme G.Lite, qui définit la version "légère" de l'ADSL (encore appelée "Universal ADSL", "splitterless ADSL", ou "lite ADSL"), règle les principaux problèmes :

    elle fixe les débits : 1.5 Mbps dans le sens descendant, et 384 Kbps dans le sens montant ;
  elle intègre le splitter au modem (splitterless ADSL) ;
  elle impose un modem auto-configurable (Plug and Play) ;
  elle choisit le procédé de modulation DMT (Discrete MultiTone), de préférence au procédé CAP (Carrierless Amplitude and Phase).
 

III-3 Les débits       Sommaire

Le débit d'une ligne ADSL est fonction :

    du matériel utilisé ;
  de la longueur de la ligne ;
  de la qualité de la ligne.

La figure 5 illustre cette situation dans le cas du débit descendant. La longueur de la boucle locale, qui figure en abscisses, a été limitée à 6 Km, ce qui correspond à près de 80 % des lignes d'usager dans le monde. La droite horizontale bleue représente la limitation du débit par le modem (7 Mbps dans cet exemple). La courbe rouge représente la limitation du débit résultant de l'atténuation du signal par la ligne (loi en inverse du carré la distance) ; si la qualité de la ligne se dégrade, la courbe rouge se décale vers le bas. La courbe verte représente le débit mesuré expérimentalement. La zone des débits possibles est représentée en jaune-vert : comme on peut le voir, le débit descendant prévu par la nouvelle norme (1,5 Mbps) s'y inscrit facilement. Les auteurs de la norme ont donc choisi, avec prudence, une valeur de débit descendant qui permet de faire face à toutes les situations, sans pousser la technique dans ses derniers retranchements.


Figure 5 : Variation du débit descendant avec la longueur de la boucle locale

 

Le débit maximum d'Internet peut dépasser le Mbps si des conditions très particulières sont remplies : heure creuse, serveur web bien dimensionné et relié au backbone le plus proche par une ligne à fort débit, client disposant d'une excellente liaison. Le débit le plus élevé que nous ayons observé sur notre propre poste de travail valait 600 Kbps ; en heures creuses (six heures du matin), nous obtenons couramment plusieurs centaines de Kbps pour des liaisons avec les États-Unis. Il ne faut pas s'attendre à bénéficier de débits plus élevés sous peu : tous les efforts des opérateurs et des fournisseurs d'accès tendent à ajuster la capacité des réseaux à l'augmentation rapide du nombre des internautes, et cette situation durera encore plusieurs années. Enfin, le débit observé par l'utilisateur pendant les heures pleines peut descendre à quelques Kbps seulement -- parfois même moins ! -- par suite de l'encombrement du réseau.

Le débit prévu pour l'ADSL dans le sens descendant (1,5 Mbps) est donc largement dimensionné, ce qui présente les avantages suivants :

    il ne sera pas nécessaire de modifier la norme lorsque le débit d'Internet augmentera ;
  une petite entreprise peut fournir un accès correct à Internet à plusieurs membres de son personnel simultanément, sans avoir à faire les frais d'une ligne T1 ou E1 ;
  la vidéo à la demande reste techniquement possible, même si la marché correspondant n'a pas démarré.

Le débit prévu dans le sens montant (384 Kbps) est plus que suffisant pour l'interrogation d'Internet (l'internaute envoie essentiellement de courtes requêtes vers le serveur), et pour le courrier électronique (les gros attachements sont rares, et souvent prohibés par les webmestres). Cette valeur notable du débit montant sera en outre appréciée :

    des télé-travailleurs, qui peuvent ainsi transmettre des fichiers à leur entreprise à une vitesse trois fois supérieure à celle du RNIS ;
  des organismes qui veulent créer un site Internet, et qui ne peuvent s'offrir le luxe d'une ligne T1 ou E1. On notera cependant qu'un procédé DSL symétrique serait plus indiqué dans ce cas.
 
III-4 Des simplifications attendues       Sommaire

Un procédé splitterless. L'intégration du splitter au modem est un facteur de réduction des coûts, car la transformation d'une ligne ordinaire en ligne ADSL ne nécessite plus l'intervention d'un agent de la telco au domicile de l'abonné. La nouvelle norme rend l'ADSL "splitterless", au grand soulagement de ses partisans, qui avait fait du splitter leur bête noire. Un journaliste a prétendu, sans rire, qu'il avait fallu six visites d'un technicien pour installer et configurer un splitter à son domicile...

Une implantation facile. L'utilisation d'un modem Plug and Play s'impose : aujourd'hui, les utilisateurs de micro-ordinateurs (et plus spécialement les particuliers) n'admettent plus que les périphériques soient difficiles à configurer. "Plug and Play" signifie que le modem doit être automatiquement reconnu et configuré par le système d'exploitation. Le fait que ce dernier soit "ADSL-ready" facilite l'écriture des programmes pilotes par les fabricants de modems (ex : Windows 98), et leur installation par l'utilisateur. On notera que l'utilisation du connecteur USB (pour relier le modem à l'ordinateur) va de pair avec le caractère Plug and Play.

La fin d'une vieille querelle. En choisissant le procédé de modulation DMT, la norme règle une longue et vieille querelle qui freinait le développement des procédés DSL depuis des années. Dans le procédé DMT, les fréquences utilisées pour les trafics montant et descendant sont divisées en bandes de 4 KHz, chacune étant utilisée au mieux compte tenu de son rapport signal/bruit. La norme favorise donc la technique la plus performante, et assure l'interopérabilité au moindre coût.

 
 
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