Contrat d'Étude Prospective des Industries de la Communication Graphique en Rhône-Alpes Juillet 1998
Rapport Document du GIRISE, mis en ligne par le CERIG
Chapitre 2 Le processus de production & l'organisation du travail
Une exigence : des délais plus courts & plus de réactivité - une "révolution culturelle" pour les entreprises & leur personnel

De plus en plus, les entreprises sont confrontées à l’exigence de délais plus courts et de réactivité. La réactivité est devenue un enjeu vital pour les TPE ou petites PME typiques de Rhône-Alpes qui doivent offrir des services (délais, qualité) faisant la différence pour rester compétitives.

Le personnel rencontre quelques difficultés à répondre à ces exigences de délais qui bousculent des habitudes. Ces délais impliquent souvent des heures supplémentaires. Cette pratique non maîtrisée des heures supplémentaires introduit finalement plus de rigidité que de "flexibilité" - pourtant nécessaire.

L’implication active des salariés à cet égard dépend d’une information de tout le personnel et d’une concertation. Il restera cependant un problème : les personnels un peu "lents" qui ne peuvent plus suivre le rythme actuel (plus rapide, avec moins de "temps morts"), d’autant plus qu’ils sont souvent également "limités en compétences" - alors que ces délais réduits demandent plus d’initiative et de polyvalence.

Des blocages & des évolutions indispensables : l’impasse des heures supplémentaires

La pratique des "heures supps", très répandue dans les industries de la communication graphique, n’étant plus maîtrisée par les entreprises et leurs salariés est source de surcoûts. Les dépassements d’horaires sont devenus une mauvaise solution qui empêche de rechercher les bonnes réponses (éviter de perdre du temps, travailler mieux pour ne pas avoir à recommencer).

Dans ces conditions, le passage aux 35 heures (avec le plafonnement des heures supplémentaires sous peine de récupération) risque d’être problématique. Bien des entreprises sont déjà aux limites de la réglementation. Comme dans la plupart des autres secteurs (ex : la métallurgie), les entreprises n’ont pas tiré parti des possibilités de la loi quinquennale de 1993.

Enfin, comme d’autres branches, les industries de la communication graphique sont en train de découvrir l’énorme problème des horaires de travail des cadres - très variables, imprévisibles et le plus souvent excessifs. Les solutions ne sont pas évidentes pour des TPE et des petites PME qui n’ont qu’un petit nombre de cadres, peu substituables.

VERS UNE NOUVELLE ORGANISATION DU TRAVAIL & DES HORAIRES PLUS DIVERSIFIÉS

De plus en plus d’entreprises ont été amenées à se poser la question du réaménagement des horaires. Elles se heurtent parfois aux réticences du personnel en place, mais de nombreuses entreprises ont mis en place (en accord avec leur personnel) des horaires à la fois "flexibles"* et personnalisés - voire une sorte d’annualisation, parfois aux limites de la réglementation. Pour leur part, les représentants des salariés sont attentifs à l’"aggravation des conditions de travail des salariés" qui pourrait découler de ces mesures**.

le terme n’a jamais été utilisé par nos interlocuteurs
**  Rapport du congrès FILPAC-CGT de Strasbourg (8 au 12/3/98)

Peu d’entreprises des industries graphiques de Rhône-Alpes ont engagé des expériences de RTT, au titre de la Loi Robien et/ou des aides de la Région, la plupart du temps avec une modulation et une annualisation du temps de travail. Ces opérations impliquent (ou permettent) des embauches, rajeunissant le personnel et l’adaptant aux besoins de qualification - ce que les entreprises devront inévitablement faire lors du passage aux 35 heures.

DE PLUS EN PLUS DE TRAVAIL EN ÉQUIPES

Du point de vue des horaires, la principale tendance actuelle est à l’extension du travail en équipe (2x8, voire 3x8) parallèle à l’installation de nouveaux équipements plus productifs. C’est également un moyen de développer l’activité avec l’équipement existant (ex : travail du samedi ou équipe de nuit). Cela suppose aussi une polyvalence du personnel pour un bon fonctionnement d’équipes de nuit et/ou de week-end, nécessairement plus autonomes.

LE TRAVAIL SAISONNIER : UN PROBLÈME POUR CERTAINES ENTREPRISES, DES SOLUTIONS À TROUVER

Certaines entreprises des industries graphiques ont une activité très saisonnière (ex : catalogues VPC, imprimeurs en zone touristique) impliquant le recours à des CDD et à l’intérim, coûteux. Il serait intéressant de rechercher d’autres solutions : des expériences ont été menées en Rhône-Alpes dans des secteurs encore plus saisonniers, notamment les IAA.

LES 35 HEURES : UNE NOUVELLE OBLIGATION OU UNE OPPORTUNITÉ ?

Bien que le principe du passage aux 35 heures hebdomadaires n’ait été connu qu’en fin d’enquête, quelques enquêtés l’ont mentionné par crainte de son coût. Cela renvoie à la rigidité des horaires et à la pratique extensive des heures supplémentaires à la fois cause et effet de l’organisation du travail actuelle. La FICG vient d’ailleurs de se prononcer pour une réflexion globale sur la durée du travail (durée hebdomadaire, annualisation et flexibilité des horaires, amélioration concertée de l’organisation du travail)* qui devrait normalement déboucher sur un accord paritaire de branche.

* Rapport du Président de la FICG dans la revue "Industries Graphique" de mars/avril 1998.

Pour leur part, les représentants des salariés estiment que cette concertation doit être globale : "notre profession est en danger et a besoin d’un dialogue constructif pour mettre en place : une politique industrielle, une politique de l’emploi, une politique salariale (et) une politique de formation professionnelle"*.

* Rapport du congrès FILPAC-CGT de Strasbourg (8 au 12/3/98).

Le délai d’application (presque 4 ans pour les entreprises employant moins de 20 salariés) devrait permettre aux TPE et petites PME des industries graphiques d’anticiper : les entreprises devront avoir conclu des accords d’ici fin juin 1999 pour bénéficier à plein des allégements prévus.

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