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  Vous êtes ici : Accueil > Base de connaissances > Histoire de nos métiers > Grésivaudan, vallée historique de l'industrie du papier (in memoriam) > Papeterie Brotel (Pontcharra) Révision : 21 septembre 2017  
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Grésivaudan, vallée historique de l'industrie du papier
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Gérard COSTE - Ingénieur EFPG

Extraits du Bulletin de La Cellulose
Mise en ligne : Septembre 2017

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X - Papeterie Brotel (Pontcharra)

Une troisième papeterie est créée à Pontcharra au début du 20e siècle. Il n’existe pas d’historique établi de cette usine qui a fonctionné une dizaine d’années environ. Sa présence à Pontcharra est attestée par les listes du recensement de 1906 mentionnant son personnel, alors qu’il n’en existe aucune trace dans le recensement de 1901. Compte tenu de l’engouement pour la papeterie à la fin du 19e siècle, il n’est pas étonnant de trouver à Pontcharra une autre initiative papetière dans le sillage de Moulin Vieux et de la Papeterie des Martinets.

La création de cette papeterie est due à l’initiative de Jules Brotel. Né à Domène le 17 octobre 1854, c'est le fils d’un papetier de Moirans, Étienne Brotel (1825-?), recruté dans les années 1850 par Jules Senequier pour l’implantation et la mise en route de son usine à Domène. Dans les années 1880, Étienne Brotel et son épouse sont fabricants de papier dans la commune de Hauterives (Drôme), au lieu-dit Saint Germain. Ils sont secondés par leur fils Jules, initié ainsi aux techniques papetières. En 1883, Jules Brotel fabricant de papier à Hauterives avec son père, épouse Eugénie Marie Adèle Poncin, ouvrière en soie à Coublevie. À cette date, la famille Brotel possède à Hauterives une machine table plate pour la fabrication de papiers de pliage (emballage) à base de paille. Jules Brotel opte ensuite pour la région de son épouse et devient fabricant de papier au lieu-dit Champy sur la commune de Saint-Egrève, où les recensements de 1896 et 1901 attestent sa présence comme fabricant de papier.

Jules Brotel a donc installé sa papeterie à Pontcharra entre 1902 et 1905 en utilisant les locaux de l’ancien martinet de Pré-Chabert situé sur le canal usinier dit de Pré-Chabert, et dérivé du Bréda. Il utilise également les locaux de l’ancien martinet de Pont-Claret situés un peu en amont sur ce canal usinier, en les transformant en habitations dépendant de l’usine. En 1913, Jules Brotel cède sa papeterie à Joseph Carre (1883-1858) qui la rebaptise Papeterie Bayard en hommage au seigneur Pierre du Terrail (1476-1524), natif de Pontcharra et compagnon d’armes de François 1er, lors de la bataille de Marignan. Pierre du Terrail est plus connu sous le nom du chevalier Bayard, sans peur et sans reproche, immortalisé pour sa bravoure.

Début du 20e siècle : Papeterie Brotel rebaptisée "Papeterie du Chevalier Bayard"
Début du 20e siècle : Papeterie Brotel rebaptisée "Papeterie du Chevalier Bayard"

Joseph Carre, natif de Tullins, n’est pas un inconnu puisqu’il est le petit-fils de Léonce Carre qui a initié la papeterie des Martinets avec Augustin Tournier, et le fils d’Antoine Émile Carre qui a épousé Amélie Julie Tournier, fille d’Henri Philippe Nestor Tournier maître de forges à Renage. Une véritable histoire de famille !

Joseph Carre posséde ainsi les gènes entrepreneuriaux et les fonds pour mener son projet à bien. C’est également l’occasion de faire évoluer le patrimoine familial de la métallurgie en plein déclin dans la région du seuil de Rives, vers la papeterie en plein essor. Malheureusement, la Première Guerre mondiale porte un coup fatal à son projet et sa papeterie n'y survit pas. Loin de se décourager, Joseph Carre achète en 1918 les parts d’une société, et l’ex-papeterie Bayard devient la Société Anonyme des établissements Joseph Carre, Estampage et Ateliers mécaniques du Haut Grésivaudan. En 1928, il crée la Viscamine SA pour la fabrication de viscose et reconvertit son usine dans un projet pharaonique sur le concept du phalanstère cher au philosophe et économiste Charles Fourier (1772-1837). Le démarrage de l’usine a lieu en 1929, suivi d’un dépôt de bilan en 1930, et d’une fermeture en 1931 ! Malgré une nouvelle tentative d’exploitation sous le couvert d’une nouvelle société industrielle La Viscamine, en 1936, la production s’arrête définitivement en 1939. Les locaux sont ensuite repris et affectés à différents usages : fabrication de toiles de pneus pour Michelin lors de la Seconde Guerre mondiale ; colonie de vacances pour les Houillères du Bassin de la Loire en 1947. Ces locaux sont ensuite rachetés par le Ministère de l’Éducation Nationale en 1962 afin d'y installer le Lycée Pierre du Terrail de Pontcharra, dans les années 1980.

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