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  Vous êtes ici : Accueil > Base de connaissances > Histoire de nos métiers > Industrie des extraits tannants de châtaignier en France > Implantation et développement Révision : 28 novembre 2017  
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Gérard COSTE - Ingénieur EFPG

Extraits du Bulletin de La Cellulose
2017, n°73 et 74

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V - Implantation et développement

À la suite des premières initiatives dédiées uniquement à la fabrication d’extraits tanniques pour l’industrie tinctoriale, notamment à Génolhac, diverses usines s'installent dans les régions – en particulier parisienne et lyonnaise – disposant d'une large clientèle potentielle. Elles sont créées essentiellement dans des zones proches des sources d’approvisionnement en bois. La proximité d’un port ou d’un fleuve navigable, pour l’importation des bois et l’exportation du tanin, ou encore la présence d’une châtaigneraie conséquente contribuent à la multiplication et à la dispersion des sites de production. L'expansion du réseau ferroviaire français durant la deuxième moitié du 19e siècle s’avère également primordial pour l’implantation de ces usines.

Dès les années 1870, l’industrie des extraits tanniques végétaux se développe dans la région parisienne pour fournir les ateliers locaux. Le port du Havre et le transport fluvial sur la Seine permettent d'importer du bois de quebracho, de sumac et de campêche en provenance d’Amérique du Sud. En 1870, Paul Gondolo, fils de teinturier et gendre d’un marchand de bois, crée une fabrique d’extraits de teinture à Suresnes. En 1872, il fonde une seconde usine au Havre, port d’importation des bois nécessaires à son activité. En 1879, il met au point un procédé de décoloration des extraits utilisant le sang. Son affaire est rachetée par deux cousins, Edmond Sordes et Alphonse Huillard (1852-1929). Ce dernier devient le dirigeant effectif de l’affaire après le décès prématuré d'E. Sordes. En 1892, il construit une usine d’extraits tannants au lieu-dit Villejoubert sur la commune de Saint-Denis-des-Murs dans la Haute-Vienne afin de traiter le bois de chêne et de châtaignier. Cette usine cesse son activité en 1953.

Usine Huillard de Saint-Denis-des-Murs (87)
Usine Huillard de Saint-Denis-des-Murs (87)
[Photo carte postale ancienne]

En 1905, Huillard & Cie, qui exploite trois usines, regroupe son site du Havre avec d’autres entreprises locales spécialisées dans l’extraction de produits tinctoriaux issus des bois d’importation. Ce regroupement donne naissance à la Compagnie Française des Extraits Tinctoriaux et Tannants (CFETT) et associe plusieurs maisons dont Dubosc Frères, Oesinger & Cie, Jules Siegfried fils & Cie et Coez-Langlois & Cie. La CFETT, dont le siège est au Havre, peut ainsi dès sa fondation réunir un capital de 7.500.000 francs qui lui assure une assise financière confortable. Parmi les autres usines exploitant les bois d’importation, citons Watrigant & Fils à Marquette-lez-Lille dans le Nord.

Les années 1870 sont difficiles pour les fabriques textiles, en particulier à partir de 1876 avec l’importation massive des soies d’Asie à la suite du désastre subi par la sériciculture française à cause de la pébrine, maladie du ver à soie. Ce ralentissement a un fort impact sur l’industrie des extraits tanniques végétaux, d’autant que ces derniers sont de surcroît concurrencés par les colorants chimiques. L’industrie tinctoriale à base de châtaignier se trouve plus touchée que celle à base de quebracho, ce qui incite certains industriels à se reconvertir dans la fabrication d’extraits tannants. Les tanneurs, d'abord réticents quant à l’utilisation des extraits tannants de châtaignier à cause de son astringence et de sa couleur, changent peu à peu d’avis en raison de quelques améliorations apportées : par exemple, la décoloration du tanin par le sang, mise au point par Paul Gondolo.

À partir des années 1880, de nombreuses usines s'installent au cœur des châtaigneraies importantes pour être au plus près de leur approvisionnement. Cette nouvelle industrie connaît dès lors un essor fantastique qui atteint son apogée à la veille de la Première Guerre mondiale. D’après Louis Crégut, une quarantaine d’usines sont en activité en France en 1914 pour une production proche de 150.000 tonnes d’extraits tannants, alors que 50.000 tonnes sont suffisantes pour couvrir les besoins hexagonaux.

Comme pour toute activité nouvelle jugée potentiellement lucrative, les débuts de cette industrialisation sont jalonnés par des initiatives d’ingénieurs ou de notables affairistes. L’Ardèche et la Corse, bien pourvues en châtaigneraies, ont le privilège de co-détenir le record départemental de création de sites avec au moins cinq usines répertoriées et bien identifiées pour chaque département.

V-1 - Industrie des extraits tannants en Ardèche

Usine des Tanins Gaulois (Lalevade)

Créée en 1896-1897 par MM. Philippe & Cie, elle est reprise en 1909 par les Tanins Gaulois qui la modernisent puis par Progil en 1960. Elle est fermée en 1963. Ses actifs sont transférés à l’usine Isogil (Isorel-Gillet) de Labruguière dans le Tarn.

Usine des Tanins de l'Ardèche (Lalevade)

Fondée en 1900 par MM. Roubin & Cie, elle absorbe les activités du site de Joyeuse lors de sa fermeture, puis ferme à son tour en 1955.

Usine Roubin & Cie à Lalevade
Usine Roubin & Cie à Lalevade
[Photo carte postale ancienne]

Usine de Saint Sauveur (Montagut)

Son histoire et son fonctionnement sont détaillés plus loin. Créée en 1906 par MM. Noyer et Sarny, elle est reprise en 1910 par MM. Antoine Germain et Henri Villez, puis par Progil en 1932. Elle ferme en 1962.

Usine des Tanins de l’Ardèche (Joyeuse)

Créée en 1910 par MM. Roubin & Cie, elle est fermée en 1933-1934 et son activité est transférée sur l’autre usine des tanins de l’Ardèche à Lalevade.

Usine Roubin de Joyeuse (Ardèche) créée en 1910
Usine Roubin de Joyeuse (Ardèche) créée en 1910
[Photo carte postale ancienne]

Usine de Sarras

Créée en 1918 par M. Jacques Drevet, elle est acquise en 1922 par M. André Franc, tanneur à Annonay et fermée en 1933-1934.

Enfin, une sixième création d’usine, éphémère et pour laquelle on ne dispose pas d’élément, aurait eu lieu à La Voulte dans la première décennie du 20e siècle.

Tableau 2

(*) À noter : les usines créées tardivement sont les premières à cesser leur activité.

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