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Dominique Lachenal (EFPG)
(05 avril 2004)

III - L'industrie papetière au service de l'environnement

Elle détruit nos forêts et pollue notre atmosphère ? L'image de l'industrie papetière est aux antipodes de la réalité. Petite chasse aux idées fausses.

 

Qui ne s'est pas un jour alarmé de la consommation toujours croissante de papier, responsable de la disparition de nos arbres et de la pollution de notre environnement ? Et si c'était l'inverse ? Quelques faits montrent que nombre d'idées reçues n'ont aucun fondement et "polluent" notre réflexion. Jugez plutôt.

 

III-1- L'industrie papetière et la forêt

La forêt française grandit chaque année malgré les prélèvements imputés aux papetiers. Elle occupe aujourd'hui plus du quart du territoire (deux fois plus qu'à la Révolution). Quant au bois consommé par les papetiers, il ne représente que 10 % de la production annuelle naturelle de nos forêts.

Ce bois provient essentiellement de deux sources : les déchets des scieries et les éclaircies pratiquées pour permettre aux arbres de s'épanouir. En France, on ne plante jamais d'arbre pour faire du papier, mais pour en faire du bois d'oeuvre. L'industrie papetière n'utilise que les déchets de cette filière.

 

III-2- Le papier et l'environnement

Le papier fabriqué aujourd'hui en France (et en Europe), toutes sortes confondues, contient 50 % de papiers recyclés. Le papier est le matériau le mieux recyclé.

De plus, le papier est biodégradable. Son utilisation réduit celle de matériaux concurrents non biodégradables (plastique, verre) et protège donc notre environnement.

Le papier, comme le bois dont il est issu, est le résultat de la réaction du CO2 avec l'eau. Une feuille de papier stocke le CO2 responsable de l'effet de serre.

 

III-3- La fabrication de la pâte

Oui, mais que dire de la pollution générée par les usines de pâte à papier ? Là encore la méconnaissance est grande.

Une usine moderne de pâte à papier brute produit cette pâte à partir de bois sans consommation d'énergie extérieure et de produits chimiques.

Certes, le blanchiment de cette pâte nécessite d'appliquer des réactifs chimiques. Des procédés actuellement mis au point utilisent des réactifs à base d'oxygène. Le gaz oxygène est déjà employé comme agent de blanchiment dans plus de la moitié des usines du monde.

Si un panorama aussi avantageux peut être dressé, c'est que cette industrie dynamique a su constamment innover pour relever les défis technologiques lui permettant de nous accompagner dans notre quête d'un développement durable.

 

III-4- Le blanchiment du papier

A la fin des années soixante, André Robert, professeur à l'INP (Institut Polytechnique de Grenoble), découvre, dans les laboratoires de l'EFPG (Ecole Française de Papeterie et des industries Graphiques), le moyen de blanchir les fibres cellulosiques par l'oxygène, en protégeant la cellulose lors de ce traitement.

Comment ? En introduisant dans le milieu réactionnel des sels de magnésium. Partenaire du projet, Air Liquide s'engage dans le développement industriel du procédé. Le succès est tel qu'aujourd'hui le blanchiment à l'oxygène est appliqué dans plus de la moitié des usines du monde. Et Air Liquide est ainsi devenu le premier fournisseur de gaz industriels dans la plupart des pays du monde, dont les Etats-Unis.

Trente ans plus tard, l'histoire se répète. Constitué des sociétés Air Liquide et Degrémont, de l'EFPG ainsi que du CTP (Centre Technique du Papier), un consortium français entreprend de mettre au point, puis de développer le blanchiment à l'ozone des fibres cellulosiques en complément de l'action de l'oxygène. Objectif : réaliser un blanchiment  complet sans utiliser de réactifs chlorés.

Soutenu par le ministère de l'industrie dans le cadre des grands projets innovants, ce programme a permis de comprendre l'action de l'ozone sur les constituants des fibres, et de maîtriser son effet. Plusieurs thèses ont été préparées sur le sujet, dont l'une a reçu le prix de thèse de l'INP.

Un pilote a été construit, sur lequel sont venues travailler des équipes d'industriels et d'universitaires du monde entier. En quelques années, près de trente chaînes de blanchiment à l'ozone ont été installées. Pour répondre aux énormes quantités d'ozone exigées par cette application (de 5 à 10 tonnes d'ozone pur par jour et par usine), il a fallu améliorer les performances des générateurs industriels d'ozone, dont les deux principaux fabricants sont français (Ozonia, filiale Air Liquide, et Degrémont). Avec l'allemand Wedeco, ils se partagent aujourd'hui plus de 90 % du marché.

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