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Jocelyne ROUIS - Jean Claude SOHM (CERIG / EFPG)
(31 Mars 2003)

 

Le 27 mars 2003, France Télécom présentait en avant première la nouvelle version du réseau privé de la communauté graphique, Trans E-Graph, dans les les locaux de l'EFPG, au cours d'une réunion thématique du S.P.I.C.G. réunissant environ 70 professionnels de la région Rhône Alpes. Officialisé le 4 Janvier 2002 à Paris par la signature d'un accord entre le SICOGIF, la FICG, France Télécom et Transpac, ce réseau entre aujourd'hui dans une phase de développement industriel. Commune à l'ensemble des acteurs des industries graphiques, cette infrastructure ouverte vise à optimiser les échanges de fichiers entre entreprises. Elle garantit une offre d'accès à différents débits (de 64 kbps à 10 Mbps) sur l'ensemble de la France et est financièrement accessible au plus grand nombre d'entreprises grâce à un système de péréquation.

 

Introduction

En savoir plus :

Les entreprises du secteur graphique ont toujours échangé des informations entre elles. Initialement ces informations se trouvaient sous forme analogique (écrits, photos ...). Avec la numérisation du prépresse, les données s'échangent de plus en plus sous forme numérique, grâce à divers supports (cartouches, CD-ROM, disques durs amovibles, etc.). Cependant aujourd'hui tous les ordinateurs sont reliés en réseau : en interne dans les entreprises c'est le réseau LAN (Local Area Network) sur lequel transite le flux numérique, et des liaisons sont créées entre les entreprises pour relier les réseaux LAN entre eux.
 

1 - Les liaisons

Pour réaliser les liaisons entre les LAN des entreprises, il existe différentes techniques :

    La ligne téléphonique classique (RTC ou Réseau Téléphonique Commuté) ;
  La ligne téléphonique numérique RNIS (Réseau Numéris à Intégration de Services). Le nom commercial est Numéris (France Télécom), la dénomination anglaise est ISDN ;
  La ligne spécialisée (LS), maintenant appelée ligne louée (LL) ;
  La ligne ADSL ;
  La liaison satellite ;
  Le Wi-Fi (Wireless Fidelity) ;
  La boucle locale radio ;
  Le câble.

La ligne téléphonique analogique ou RTC est une liaison "point à point" ou en mode "connecté". Elle peut être utilisée pour relier un internaute à Internet, mais le débit est trop faible pour envisager de l'utiliser pour relier entre eux des réseaux locaux d'entreprises. La téléphonie classique ne laisse passer que les fréquences inférieures à 4 kHz et la boucle locale n'est pas exempte de bruit. De ce fait, le débit des informations reste inférieur à 56 kbps (kilobits par seconde) dans le sens descendant.

La téléphonie numérique RNIS utilise le même support que la téléphonie analogique (la paire de fils de cuivre de la boucle locale), mais elle fournit deux canaux de communication de 64 kbps de données. Ces canaux peuvent être regroupés pour transporter 128 kbps de données, soit presque 1 Mo par minute. De plus, il est possible de grouper plusieurs lignes RNIS (quatre au maximum, soit huit canaux) et d'atteindre ainsi 512 kbps. De tels débits paraissent généralement satisfaisants pour les petites et moyennes entreprises du secteur graphique. La facturation des lignes Numéris se calcule en fonction du temps et de la distance, comme pour le téléphone analogique.

Les entreprises qui ont de gros volumes de données à transférer ou des besoins en débits plus importants, ont intérêt à louer une ligne spécialisée LS ou LL. La facturation s'établit en fonction de la distance et du débit par tranche de 64 kbps. Cependant l'installation d'une telle ligne requiert souvent la pose d'un câble spécial (opération très coûteuse).

L'ADSL, comme les autres procédés DSL, fonctionne sur la paire de cuivre de la boucle locale, à condition que celle-ci ne soit pas trop longue (2-3 km environ entre le central téléphonique et l'abonné). Ce procédé offre des débits bien supérieur à ceux du RNIS, tout en permettant de téléphoner et de transmettre des données simultanément pour un coût forfaitaire. Cependant, comme son nom l'indique (ADSL signifie "Asymmetric Digital Subscriber Line"), ce procédé est asymétrique. Le débit descendant (c'est à dire vers l'usager) est très supérieur au débit montant. Les principales caractéristiques de ce procédé sont :

    La téléphonie traditionnelle et le transfert des données numériques empruntent simultanément la même ligne ;
  Pour le transfert des données, la ligne est toujours connectée ("always on").

Une fois la connexion établie, tout se passe comme si l'utilisateur utilisait un poste de travail relié à un réseau local. Dans quelques jours, le 7 avril 2003, France Télécom annoncera l'ouverture du SDSL (Symmetric DSL), beaucoup plus adapté aux échanges entre les professionnels des industries graphiques. Par contre, le principal problème de l'ADSL ou du SDSL est la couverture du territoire. Pour l'ADSL, France Télécom estime que le coût d'équipement des centraux téléphoniques n'est pas rentable lorsque ces centraux desservent des zones géographiques de moins 5000 habitants.

Il reste aux différents utilisateurs d'autres moyens de communications pour l'échange des données, comme les liaisons satellites. Auparavant, elles n'étaient utilisées que dans le sens descendant. Dans le sens montant, elles nécessitaient un équipe spécial très onéreux ou l'usage du RTC. Depuis quelques semaines, il est possible de recevoir et d'émettre avec des débits de 512 kbps. Le coût de l'installation d'une antenne satellite reste néanmoins supérieur à celui de l'installation de l'ADSL.

Le Wi-Fi est un réseau local de type Ethernet à accès sans fil. Actuellement, les débits sont de 2 à 11 Mbps dans la bande de fréquence de 2,4 GHz. Comme il s'agit de la même bande de fréquence que la téléphonie mobile ou les fours micro-ondes, cela peut provoquer des interférences. Avec la prochaine version de la norme IEEE 802.11g qui sera publiée en Juillet 2003, il sera possible d'obtenir des débits de 54 Mbps dans une bande de fréquence de 5 GHz. Couplé à des antennes satellites, ce réseau local (limité à un bâtiment ou à un regroupement d'entreprises sur une zone géographique limitée) pourrait permettre à des secteurs non couverts par l'ADSL de profiter de débits plus importants.

La boucle locale radio (BLR) vise des entreprises ayant des besoins en débits permettant de concurrencer les lignes spécialisés à moindre coût d'exploitation. Cependant les contraintes restent là encore liées à l'éloignement d'un relais (3 à 10 km). Seules les grandes agglomérations sont actuellement dotées des antennes nécessaires. Les débits garantis s'échelonnent de 128 kbps à 4 Mbps. Au forfait de connexion s'ajoute un coût d'installation de l'antenne de réception des données.

Les opérateurs du câble offre un accès rapide à Internet. Ils sont plutôt orientés vers les particuliers et vers les zones géographiques à forte concentration de population.
 

2 - Les opérateurs de télécommunications

La multiplicité des moyens de transports des données permet aux acteurs de la chaîne graphique d'utiliser un éventail de techniques de communication adapté à leurs besoins en terme d'échanges de données. Cependant, pour utiliser ces réseaux, il faut passer par les opérateurs de télécommunications qui offrent divers services comme la téléphonie, le transport de données sur les réseaux publics de transmission de données, et les réseaux privés virtuels (VPN : Virtual Private Network). L'accès à Internet passe lui par des opérateurs spéciaux, les FAI (Fournisseur d'Accès à Internet) que l'on rejoint par un PoP (Point Of Presence) situé le plus près possible du point de connexion pour diminuer les coûts de communication.

Le transport de données via Internet présente des avantages (coût, ubiquité, simplicité), mais également deux inconvénients majeurs :

    le débit est irrégulier (facteur inhérent au protocole IP) ;
  la sécurité des données est mal assurée durant le transport.

Afin de garantir le débit et la sécurité, les entreprises ont recours à l'utilisation de réseaux privés virtuels VPN (Virtual Private Network). Ces réseaux sont constitués autour d'un nombre d'entreprises déterminé, et chaque entreprise doit avoir un identifiant.
 

3 - Les fournisseurs d'applications (ASP)

Au delà de l'offre en terme de télécommunications ou réseaux de communication, les entreprises et particulièrement celle du secteur graphique ont besoin de contrôler l'état des fichiers à l'envoi comme à la réception. Elles ont également besoin de connaître si un fichier a été envoyé, s'il est bien arrivé au destinataire, etc. Ainsi, l'entreprise qui veut développer sa connectivité vers l'extérieur peut :

    soit s'adresser directement aux opérateurs de télécommunications présents dans sa zone géographique et choisir elle-même son matériel et son logiciel pour le transfert et la validation des envois de fichiers ;
  soit s'adresser à un fournisseur d'applications de services (Application Service Provider : ASP) qui se chargera de toutes les négociations avec les opérateurs de télécommunications, et fournira un service clé en main pour le transfert des données entre entreprises distantes.

Dans le domaine de la connectivité pour entreprises du secteur graphique, trois ASP américaines ont beaucoup fait parler d'elles ces dernières années : DAX (Digital Art Exchange) non présent en France, VIO et Wam!Net disponibles en France dans les années 1999/2000. A la gestion de la transmission des données entre entreprises, elles ont ajouté des services tels que le stockage centralisé des données, la maîtrise des flux de production, l'épreuvage, etc. Cependant, la tempête qui a soufflé sur la nouvelle économie en 2000/2001, couplée à des coûts bien trop élevés (modèle de facturation au volume transféré), les a fortement déstabilisées. Ainsi, Wam!Net a disparu du paysage français. Malgré quelques déboires et des annonces de disparition, la société Vio a assuré son avenir grâce au fait que ses propriétaires (British Telecom et Scitex) l'ont vendue à Citizen Limited en juin 2000. De ce fait, Vio fait toujours partie du paysage français. Pendant cette tourmente, l'acteur français Vee-pee a réussi à se faire une place sur le marché national en apportant une approche différente de la gestion des flux et de la facturation de ses services.

La présence de plusieurs ASP présente l'inconvénient d'obliger les imprimeurs à souscrire un abonnement auprès de chacun d'entre eux pour être capable de recevoir des données d'un large éventail de donneurs d'ordre.
 

4 - Le réseau Trans e-Graph

La problématique du transfert des fichiers numériques entre les prestataires du secteur graphique (photographes, agences de communication, éditeurs, photograveurs, imprimeurs) est un élément essentiel du processus de production des imprimés. Délais de production stricts, volumes d'échanges importants, traçabilité des échanges, et surtout besoin de travailler avec des partenaires stables, ont été à l'origine de la naissance du réseau Trans e-Graph. En effet, les incertitudes relatives à la pérennité des sociétés ASP agissant dans le secteur graphique en France ont conduit le SICOGIF et la FICG à mettre en place en 2001, un groupe de réflexion sur les besoins des professionnels pour le transfert de leurs données. Trois facteurs essentiels ont conditionné ce projet :

    le développement d'un réseau performant, modulaire, évolutif et sécurisé pour le transfert des fichiers entre les différents acteurs de la chaîne graphique ;
  l'accès à ce réseau en tout point du territoire français avec un système de tarification adapté ;
  la souplesse d'utilisation entre tous les partenaires.

Après consultation du groupe de réflexion fin 2001, la solution de France Télécom (le réseau Trans e-Graph) a été retenue. Au cours de l'année 2002, ce réseau a été testé dans le cadre d'une opération pilote réunissant une trentaine de clients (éditeurs, photograveurs et imprimeurs) ayant pour but la validation technique de l'architecture mise en oeuvre. Courant 2002, France Télécom en accord avec le SICOGIF et la FICG a souhaité apporter au réseau Trans e-Graph des services à forte valeur ajoutés tels que automatisation, notification, traçabilité, etc. Deux sociétés ont alors été sélectionnés comme partenaires :

    Maximicro pour l'échange de fichiers sécurisés en direct grâce à sa solution logicielle Mass Transit qui permet de gérer intégralement et de façon totalement sécurisé les processus de transfert de fichiers entre des sites distants (dossiers d'émission et de réception des documents) ;
  Vee-Pee pour les échanges de fichiers indirects, grâce à ses solutions avec espace de stockage : VeePeePost (transfert de fichier sécurisé), VeePeeTransfer (service FTP évolué permettant de créer un flux de production administrable, VeePeeView (service de base de données documentaire personnalisable). Toutefois ce partenariat n'est pas encore, à ce jour, complètement finalisé.

La solution Trans e-graph est construite sur l'architecture IP/VPN-MPLS de France Télécom. Le MPLS (Multi Protocol Label Switching) est un protocole qui améliore le fonctionnement et la sécurité des VPN. Cette architecture IP/VPN-MPLS a d'ailleurs reçu le label de Sécurité "Critères Communs" de la Direction Centrale de la Sécurité des Systèmes d'Information, dépendant du Secrétariat Général de la Défense Nationale.

Le réseau retenu par les représentants des professionnels des Arts Graphiques repose sur le principe d'un réseau Extranet de type "any-to-any" (plusieurs à plusieurs) comme le réseau téléphonique. Toute entreprise connectée à Trans-e-graph peut voir et être vue des autres entreprises également connectées. Il incombe donc à chaque entreprise de protéger son propre réseau local. Pour ce faire, différentes solutions sont possibles :

    dédier des machines à l'utilisation Trans e-Graph ;
  cloisonner le réseau ;
  exploitater des solutions en propre, de type pare-feu ;
  avoir recours aux services managés de France Télécom (solutions pare-feu).

 
5 - Conclusion

La version actuelle de Trans e-Graph est plutôt configurée pour des sociétés ayant de très gros volumes d'informations à échanger comme dans le monde de la presse quotidienne régionale ou nationale, la presse magazine ou l'édition de catalogues. La nouvelle version de Trans e-Graph proposera dès Avril une offre plus adaptée aux petites et moyennes entreprises grâce à des accès via Internet.

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