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Jocelyne Rouis (CERIG / EFPG)
(13 Janvier 2000)
 

Les Industries Graphiques n'échappant pas à la règle générale d'Internet, le nombre de sites Web liés à ce secteur d'activités s'accroît selon une courbe exponentielle. Depuis 1996, date de sa création et de sa mise en place sur le réseau Internet, le CERIG recense les sites Web des entreprises du secteur graphique français dans une rubrique de liens.
   Bien entendu, au fil des années, ces sites se sont transformés au gré des évolutions successives du design et des possibilités techniques du Web. Aujourd'hui, le Cerig se propose d'analyser la présence du secteur graphique sur ce média. La démarche de communication des entreprises de ce secteur a ainsi été étudiée sur une sélection au hasard de 150 sites Web parmi la liste de 343 sites d'entreprises référencés par le CERIG.
 

Introduction

En savoir plus sur...

Depuis 1996, le CERIG met en ligne une rubrique de liens classés par thèmes parmi lesquels se trouve une liste des sites Web des entreprises du secteur graphique (imprimeurs, photograveurs, sérigraphes...). Cette liste, créée et tenue à jour par le CERIG, résulte à la fois de l'interrogation régulière et systématique des principaux annuaires et moteurs de recherche français (Yahoo! France, Nomade, ...et Voilà, Ecila... ), internationaux (Nothern Light, Alta Vista, All the Web, Google, etc.) les métamoteurs et méta-index (Metacrawler, Dog Pile, ...) ainsi que de la consultation des annuaires professionnels sur différents sites (Imprimerie-on-line, Imprifrance, GMI, Aire Informatique, ...). Les mots clés les plus couramment employés pour cette recherche sont imprimerie(s), imprimeur(s), pré-presse, finition. Les entreprises peuvent aussi, si elle le désire, se déclarer d'elles mêmes pour figurer sur notre liste, mais cela reste une démarche tout à fait mineure. Cette liste donnait donc accès, fin Décembre 1999, à 343 sites Web d'entreprises. Cependant, nous n'avons peu être pas répertorié à cette date toutes les entreprises actuellement présentes sur le Web. En effet, des sites Web qui n'aurait pas été référencés (ou pas correctement référencés) sur les moteurs de recherche ou les annuaires ont très bien pu nous échapper. Deux ans après une première étude sur les sites Web des entreprises du secteur IG, le CERIG a réalisé une analyse statistique sur 150 sites web (imprimerie, photogravure, sérigraphie,...). Ces sites ont été choisis au hasard parmi les 343 sites qu'il référence à ce jour.

 

Les sites Web des industries graphiques en chiffres

Pour une profession habituée à être le principal vecteur de la diffusion de l'information, il nous a paru intéressant d'analyser la présence des entreprises du secteur graphique sur ce nouveau média. Malheureusement peu d'informations sur ce sujet sont disponibles. La seule donnée chiffrée que nous ayons trouvée concerne l'ensemble des PMI-PME (tous secteurs confondus) et date de Janvier 1999. A cette date, l'UFB Locabail a réalisé une enquête auprès des entreprises entre 6 et 200 salariés qui fait apparaître que le taux de PME françaises connectées à Internet (c'est à dire pouvant consulter Internet et/ou utiliser le courrier électronique : e-mail) était alors de 40 % et que le taux de PME disposant de leur propre site Web était de 13 %.

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Figure 1 : Evolution du nombre des sites Web
au cours des 4 dernières années

En ce qui concerne le secteur spécifique des industries graphiques, le CERIG possède une liste de 343 sites Web (fin décembre 99). Un rapprochement de cette liste avec le classement des 230 premières imprimeries proposé par le magazine Caractère (n° 514 en date du 21 Décembre 1999) fait apparaître qu'approximativement 20 % des 230 premières entreprises possèdent un site Web. Ainsi, même si les entreprises du secteur des industries graphiques ont encore du mal à réellement appréhender tout l'intérêt que présente Internet, il est clair que nous assistons à un éveil des consciences pour ce nouveau média.

La variation du nombre des entreprises présentes dans la liste du CERIG depuis 1996 montre l'évolution de cephénomène (figure 1). Ainsi de 12 sites fin 1996, cette liste est passée à 343 sites fin 1999. Même si ce nombre reste faible en regard de la population concernée, on constate qu'il est pratiquement multiplié par trois chaque année. Cette tendance va probablement se poursuivre dans les prochaines années et même s'amplifier. En novembre dernier, Caractère (n°511 - 9 Novembre 1999) publiait un sondage sur les intentions de création de sites Internet des entreprises du secteur graphique. Parmi les 50 % d'entreprises sondés n'ayant pas de sites Web, 46 % avait l'intention d'en créer un, sans réelle précision sur la date de mise en service. Si ce résultat confirme un fort intérêt du secteur graphique pour ce nouveau média, les chiffres annoncés laissent toutefois sceptique. En effet, il ressort de ce sondage que 50 % des entreprises de ce secteur ont un site Web, chiffre très supérieur à ce que l'on constate dans la réalité. L'écart est probablement à rechercher dans la réalisation de l'échantillonnage des entreprises qui n'a malheureusement pas été précisé dans cet article.

Quelles sont les motivations des chefs d'entreprises de ce secteur pour s'ouvrir une fenêtre sur le monde en créant une page ou un site Web ? 
Il semblerait que la situation ait évolué depuis 1996. En effet si à cette époque, la présence sur le Web était surtout liée à un développement d'activités multimédia  (on-line et/ou off-line) au sein de l'entreprise et concernait plutôt des entreprises de taille moyenne voire des petites entreprises (dossier de veille technologique du CERIG "Internet et les Industries Graphiques" de Février 1997). Actuellement, 20 % des 230 premières entreprises classées par Caractère ont mis en place un site Web avec une démarche différente. Il s'agit pour ces entreprises d'accroître leur visibilité au delà de leurs marchés locaux par le développement de nouveaux marchés à l'extérieur de leur région ou de leur pays.

Quoi qu'il en soit, pour l'ensemble des entreprises concernées, le développement d'un site accueillant est toujours un excellent moyen d'améliorer l'image de marque de sa société. En effet, le Web apparaît aujourd'hui comme un outil d'excellence pour se faire connaître. L'objectif des sites actuels des imprimeurs répond donc en grande majorité à un souci de communication institutionnelle par la présentation de la société, de ses moyens de production et par la mise en valeur de ses produits. Et comme le souligne l'étude des sites Web que le CERIG vient de réaliser, le commerce en ligne ou e-commerce en est seulement au stade du balbutiement dans ce secteur d'activités.

 

Analyse des sites Web du secteur industries graphiques

L'analyse des sites Web sélectionnés pour le secteur des Industries Graphiques est présentée suivant trois volets. Un volet technique portant sur la manière dont le site a été construit, un volet éditorial s'attachant à la description du contenu du site et un volet portant sur les degrés d'interactivité du site avec les visiteurs jusqu'à la mise en place de plate-forme commerciale. Le présentation de cette étude se déroulera selon le plan suivant :

A - Les aspects techniques
B - Le contenu éditorial
C - La démarche commerciale en ligne

A - Les aspects techniques

Sur le plan technique, le premier point analysé concerne la taille des sites. En effet, l'analyse du nombre de pages constituant un site est un élément intéressant. Parmi les sites analysés, nous constatons que la majorité, 86 % d'entre eux, ont entre 1 et 10 pages. Le graphique présenté sur la figure 2 montre clairement deux pics. Un premier pour les sites d'une seule page qui représentent 18 % des sites et un second pic autour de 7 pages correspondant à 45 % des sites étudiés.

distrib.gif (3190 octets)
Figure 2 : Distribution des sites Web
en fonction du nombre de pages

Ces chiffres montrent clairement que la communication est orientée vers une communication de type institutionnel, cela concerne tous les sites possédant moins de 10 pages. Pour les sites de taille plus importante, qui représentent seulement 14 % de l'échantillon étudié, des rubriques originales en lien avec certaines spécificités de l'entreprise ont habilement été développées.
Les sites d'une seule page, représentant 18 % de notre échantillon, sont plus difficile à placer dans des catégories types car ils correspondent à différentes démarches. En effet, soit l'entreprise fait un test vis à vis du média Internet, soit, et malheureusement c'est souvent le cas, il s'agit d'une communication vieillissante qui a été mise en place au démarrage d'Internet ou à un autre moment et n'a jamais ou très peu évoluée depuis. Conserver un tel site est une opération très risquée. En effet sur le Web, plus qu'ailleurs, l'information est une denrée rapidement périssable, elle a besoin d'être continuellement renouvelée et remise à jour quelque soit la taille du site Web. C'est même un élément clé pour une bonne gestion de sa communication sur ce nouveau média.
 

1 - La présentation du site

Le Web est un média et par conséquent, dès que la décision de créer un site est prise, une question devient prioritaire : quel est le public visé par ce site ? Et la réponse n'est pas simple car, généralement, ce public est multiple. Une entreprise présente sur le Web, a toujours au moins deux publics voire trois :

    ses clients ;
  ses actionnaires ;
  et tous les internautes qui viennent chercher de l'information pour s'instruire, suivre les progrès de la technologie et des coûts, connaître les fournisseurs, et pour créer des hiérarchies ;

S'adressant à un public divers, et traduisant des activités multiples, le message à transmettre sur le Web comporte donc plusieurs facettes, qu'il importe de bien déterminer pour réussir sa communication. Quoiqu'il en soit, un contenu riche et des temps de réponse optimum (surtout pour la page d'accueil) seront les garants d'un site visité. Bien entendu, il existe tout un arsenal technique pour développer des sites plus ou moins sophistiqués, mais il faudra faire attention à toujours choisir une technologie adaptée aux besoins de son message.

1 - 1 - L'existence de pages "Tunnel"

Une page "Tunnel" sert à établir un premier contact avec le visiteur, son contenu est souvent très limité ; tout au plus le nom de l'entreprise et son logo. L'utilisation d'une page "tunnel" (une ou plusieurs) qui s'enchaîne(nt) avant d'aboutir à la page d'orientation proprement dite comme point d'entrée d'un site est une technique relativement courante dans les industries graphiques puisque 19 % des sites l'utilisent. Parmi eux, 16 % utilisent une seule page "tunnel" et 3 % utilisent au moins deux pages "tunnel".  Mais attention de telles pages obligent le visiteur à cliquer une ou plusieurs fois et à charger une ou plusieurs pages avant d'accéder aux informations qu'il est venu rechercher. Elles augmentent ainsi considérablement le temps d'attente et génèrent un taux de perte (d'internautes) à l'entrée du site qui peut parfois être très élevé. A priori, il ne semble pas que ce soit la meilleure technique pour développer le trafic sur un site Web.
 

1 - 2 - La page d'accueil : le cœur du site

La page d'accueil est l'élément vital d'un site Web, elle a réellement pour fonction d'accueillir le visiteur et de le diriger vers le contenu. Cette page doit impérativement se charger rapidement. En effet, beaucoup de visiteurs accèdent encore à Internet avec des modems à 33,6 Kbps voir 28,8 Kbps. Si cette page pèse 40 Ko cela représente déjà un temps de chargement d'environ 10 secondes que l'internaute va trouver relativement long.

Cette page doit au minimum indiquer la nature du site, permettre une orientation claire vers son contenu, présenter les nouveautés et indiquer comment contacter l'entreprise (courrier électronique, adresse postale, téléphone, fax). Globalement, nous avons retrouvé la fonction d'accueil sur tous les sites analysés.
 

1 - 3 - Utilisation des cadres

Le principe des cadres consiste à subdiviser la fenêtre d'affichage des navigateurs en plusieurs volets appelés "cadres" ou "frames". La programmation de la page HTML doit alors être adaptée en conséquence. Un fichier d'index définit les positions et les dimensions de tous les cadres de la fenêtre. Il est le premier document à se charger lorsqu'on appelle la page.

Mais pourquoi utiliser des cadres sur une page Web ? Ils répondent à différentes raisons :

    pour montrer son habileté technique et "se faire plaisir " ;
  pour améliorer la mise en page ;
  pour créer des hiérarchies ;
  pour visualiser des index.

Parmi ces raisons, une seule nous semble réellement justifiée, la présentation de l'index d'un annuaire. Pour les autres cas, même si le concept de cadre est bon, il est souvent cité comme source de problèmes par les internautes.

L'impression est compliquée car il faut veiller à cliquer sur le bon cadre avant d'imprimer. La navigation est perturbée car la fonction "back" (ou "précédente") dans les cadres n'est pas géré par tous les navigateurs. L'archivage du contenu "encadré" n'est pas possible car les navigateurs ne prendront souvent en compte que le cadre principal (celui qui charge les autres). Et plus grave, il est probable que le référencement de ces pages ne se fasse pas correctement dans certains moteurs de recherche. La mauvaise perception des cadres par le internautes a d'ailleurs conduit tous les grands portails du Web qu'il soient américains (il y a un an ou deux) ou français (plus récemment) a éliminé pratiquement totalement ce type de mise en page sur leur site.

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Figure 3 : Répartition des cadres

Compte tenu de l'ensemble de ces remarques, on s'attendrait plutôt à ne trouver que très peu de cadres sur les sites que nous avons étudiés. Cependant, la situation est totalement différente. En effet, 53 % des sites visités présentent une mise en page réalisée à l'aide de cadres (38 % avec deux cadres et 15  % avec trois cadres). Ce résultat est très impressionnant, d'autant plus que, aucun des sites visités, ne propose une version différente pour une consultation des documents ou du site sans cadres. Pourtant, même si la réalisation de cette version est contraignante car elle oblige un développement du site ou des pages en double, il est difficilement acceptable de s'en passer.

Du point de vue du HTML, l'utilisation de cadres permet soit une (ou plusieurs) séparation(s) verticale(s) de la fenêtre, soit une (ou plusieurs) séparation(s) horizontale(s) de cette fenêtre avec en plus la possibilité de combiner ces deux effets. Les résultats concernant l'emplacement et la position des cadres sur la fenêtre sont représentés graphiquement sur les figures 4 et 5 et exprimés en pourcentage relatifs pour chacun des cas.

 
76 %
16 %
8 %
Figure 4 : Localisation des cadres - cas 2 cadres présents (38 % du total des sites)
 
46 %
33 %
15 %
6 %
Figure 5 : Localisation des cadres  - cas 3 cadres présents (15 % du total des sites)

Lors de cette étude, nous avons remarqué que les cadres avaient le plus souvent pour fonction de supporter la navigation du site, mais nous avons également rencontré des cas surprenants où le cadre, ayant la plus petite taille avec une largeur non redimensionnable, supportait le contenu textuel du site !

1 - 4 - Présence d'animations

Le monde des industries graphiques semble privilégier l'utilisation des animations sur ses sites Web. Notre étude montre en effet que 20  % des sites analysés présentent au moins une animation, le plus souvent réalisée à l'aide du logiciel Flash de Macromédia. Ce logiciel permet d'inclure dans les sites Web, des animations vectorielles, réactives et/ou sonorisées, pouvant parfois être assez lourdes. Techniquement, cela peut représenter un progrès par rapport à des sites statiques. Le problème vient du fait qu'un module d'exécution (plug-in) est nécessaire pour la consultation des animations. Et bien que celui-ci soit aujourd'hui distribué en standard avec les dernières versions navigateurs de Microsoft (IE) et de Netscape, ce qui le met en bonne place pour devenir demain un standard de fait, de nombreux internautes surfent encore aujourd'hui sur le Web avec des versions de navigateurs beaucoup plus anciennes. Ainsi, lorsqu'ils rencontrent des pages utilisant Flash, ils sont obligés de télécharger ce plug-in particulier pour accéder aux animations voire pour consulter l'ensemble du site. Cette opération, apparemment relativement simple, prend du temps à l'internaute qui en a peu lorsqu'il surfe sur Internet et risque fort de le décourager avant même qu'il est consulté le site. Le taux de perte d'internautes, lié à l'emploi de ces nouvelles technologies surtout lorsqu'elles sont présentes dès la première page, était si important sur les sites à gros trafic(tels que les Échos, ...), que les webmasters n'ont pas hésités à les retirer de leur site. Ils ont ainsi privilégié leur taux de fréquentation aux démonstrations de savoir-faire technique. Devant la chute du trafic, une solution intermédiaire avait pourtant été mise en place. Elle permettait à l'internaute de choisir la consultation du site, avec ou sans animation. Cette solution n'a eu que des effets très modestes sur le retour à une fréquentation normale. Il semble bien que, dès que l'internaute est mis en situation de réfléchir à des choix techniques, il choisisse, très souvent, de ne pas poursuivre la consultation du site. Cette constatation implique que l'on étudie bien son projet avant d'utiliser les techniques disponibles .

Parmi les autres animations présentes sur les sites des imprimeurs, on retrouve des éléments beaucoup plus classiques : des images Gif animées et quelques applets Java. Ces animations sont des éléments intéressants pour rendre le Web un peu plus dynamique, mais là encore, elles doivent réellement répondre à des besoins particuliers. L'objectif visé par ces éléments d'animations devra faire l'objet d'une réflexion minutieuse.

En effet, en général, le visiteur d'un site de présentation d'une entreprise, ne vient pas se distraire, il vient chercher des informations précises concernant le positionnement de cette entreprise par rapport à ses besoins et il a souvent peu de temps à consacrer à sa recherche. Les effets d'animations, deviennent dans ces conditions, parfaitement gênants sur des sites commerciaux ou informationnels et cela pour les raisons suivantes :

    Les animations sont souvent en décalage avec l'objet du site dont ils gênent la consultation,
  l'image animée gêne la consultation du texte, et que dire lorsque plusieurs images sont animés en différents endroits ;
  les temps de téléchargement des pages sont, de ce fait, considérablement augmentés ;
  et l'exécution d'un plug-in, qui nécessite un chargement particulier, représente souvent une contrainte pour le visiteur qui choisira alors de passer son chemin vers des sites plus facilement accessibles.

On se doit toutefois de moduler ces considérations en ce qui concerne les sites Web du secteur des industries graphiques. Dans ce contexte particulier, certains professionnels essayent également de se positionner sur le marché de la réalisation de sites Web et peuvent utiliser ces techniques d'animations comme démonstration de leur savoir-faire en matière de maîtrise des nouvelles technologies. Une utilisation juste de ces animations n'en sera que plus profitable pour l'entreprise.
 

1 - 5 - Mise en page : fixe ou proportionnelle

Dans un passé relativement récent, les sites les plus visibles ont presque tous adoptés une mise en page "standard" pour respecter le format VGA (640 x 480 pixels), espace utile pour un écran de 14 pouces. C'est à dire une largeur d'affichage utile limitée à 480 pixels et une bande verticale à gauche de 100 à 110 pixels contenant le plus souvent les éléments de la navigation. Actuellement,  une large part des internautes accède au web à travers une fenêtre de 15" exploitée à la résolution de 800 x 600 pixels. De ce fait, une nouvelle mode apparaît. La largeur utile à l'affichage du contenu prioritaire est toujours limitée autour de 480 pixels, ceci pour préserver un confort de lecture à l'écran. Par contre, cette largeur centrée dans la fenêtre du navigateur, va être entourée par un décor. Ce décor contenant souvent du texte ou des liens engendre un fort contraste avec le contenu. Il va ainsi obliger l'internaute à focaliser son attention sur le contenu utile. Toutes ces mises en page fixes présentent un inconvénient lorsque l'on contemple le web avec des écrans de tailles supérieures : le contenu parait modeste par rapport à l'espace disponible.

Les sites Web des industries graphiques ont en grande partie adopté une mise en page fixe (à 54 %). Cependant cette mise en page fixe devient un gros défaut lorsque l'écran de référence est un écran 17 pouces. Pour des internautes consultant le Web avec des tailles d'écrans plus petites, ils doivent constamment utiliser les ascenseurs horizontaux et verticaux. Ce qui est très désagréable ! Dans ce cas, il vaudrait mieux opter pour une une mise en page variable s'adaptant au type de matériel des utilisateurs, mais il est clair que cette mise en page est plus délicate à mettre en œuvre. En effet, les 2 principaux navigateurs actuels (NetsCape et Internet Explorer) sur les 2 principales plates-formes (PC ou Mac) n'interprètent pas le code HTML de la même façon. Ainsi, si l'on vise une présentation identique sur toutes les configurations, le recours à des astuces est nécessaire pour pallier ce problème.
 

1 - 6 - La Justification du texte

Aucun des sites que nous avons étudiés utilise la justification. Elle est pourtant interprétée depuis les versions 4 des deux principaux navigateurs, excepté Internet Explorer sur Macintosh y compris la version pour la version 4.
 

2 - Les Utilitaires

2 - 1 - La Navigation

La navigation est un autre élément clé du site. Une navigation claire devrait être l'un des principaux objectifs du concepteur de sites Web. En effet, pour que l'utilisateur apprécie un site et y revienne, il doit rapidement pouvoir se déplacer et atteindre son but. Il est clair que dès qu'un site possède plus de quelques pages, l'internaute aura vite le sentiment de se perdre si une navigation claire n'a pas été mise en place. Cette navigation doit permettre à la fois d'avoir une idée générale sur le site et de localiser une information plus précise.

L'analyse de la navigation des sites Web des industries graphiques, revèle une grande diversité. Dans certains cas, la  navigation que l'on appellera simple ou sur un niveau, s'affiche dans une colonne précise ou une ligne particulière sur l'écran, son emplacement est variable. Dans d'autres cas, la navigation est double ou sur deux niveaux : c'est à dire que 2 emplacements particuliers (ligne et/ou colonne) sont réservés à cette fonction. Dans le cas de la double navigation, il s'agit d'avoir présent à l'écran par exemple en même temps, la navigation dans les grandes rubriques du site et la navigation dans les chapitres d'un document ou dans les sous-parties de la rubrique. Parfois, la navigation est beaucoup plus rudimentaire, un retour au sommaire placé sur chaque page permet de revenir à l'accueil pour se rediriger dans le site.

Les résultats de l'étude conduite sur 150 sites des industries industries graphiques sont présentés dans le tableau suivants.

    66 % des sites présentent une navigation simple (sur 1 niveau) ;
  8 % des sites présentent une navigation double (sur deux niveaux) ;
  5 % des sites présentent une navigation seulement par retour au sommaire ;
  22 % des sites ne présentent aucune navigation, la seule manière de se déplacer dans ces sites c'est d'utiliser la fonction "Back" des navigateurs.

On constate donc que la majorité des sites (66 %) ont optés pour une navigation simple, c'est effectivement le cas le plus courant sur le Web. Certains sites (8 %) présentent une navigation double, placée sur deux niveaux. Étant plus délicate à gérer, on comprend qu'elle soit moins fréquemment employée. D'autres sites (5 %) possèdent une navigation relativement rudimentaire uniquement basé sur un retour au sommaire. Il reste tout de même encore 22 % des sites qui ne présentent aucune navigation. Bien entendu, il faut relativiser ce chiffre en le mettant en rapport avec les 18 % de sites qui ne comportent qu'une seule page. La différence indique tout de même un défaut majeur de conception pour 4 % des sites, c'est à dire pas de navigation en dehors de l'utilisation de la fonction "précédente" ou "back" des navigateurs. Le constat est donc qu'il existe une navigation à revoir sérieusement sur près de 9 % des sites (4 % des sites sans navigation plus 5 % de sites avec une navigation rudimentaire).

Pour les navigations simple et double, les figures 6 et 7 permettent de visualiser les configurations rencontrés et leur fréquence d'observations. Ces résultats sont exprimés en pourcentage relatif de chacun des cas.

 
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  59 %
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21 %

 

20 % ----
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Figure 5 : Navigation simple matérialisée par une zone spéciale sur la page (66 % du total)
 
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37 %
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37 %
 
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13 % ----
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13 % ----
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Figure 6 : Navigation double matérialisée par 2 zones spéciales (8 % du total)

Une comparaison entre le nombre de sites utilisant des cadres : 38 % des sites présentant deux cadres et 15 % présentant trois cadres, soit 54 % des sites et le nombre de sites présentant une navigation claire : 66 % des sites avec une navigation simple, 8 % avec une navigation double fait clairement apparaître le rôle principal des cadres comme support de la navigation. Cependant, de nombreux sites présentent également leur navigation dans zones particulières appelées "faux cadres" et souvent matérialisées par une couleur différente du fond d'écran. Ces zones évitent ainsi les principaux défauts reprochés aux cadres. Leur inconvénient réside alors dans la disparition de la navigation lors de la manipulation de la barre de défilement verticale.

2 - 2 - Le plan du site ou la sitemap

Pour les sites comportant plus d'une dizaine de pages, le développement d'une page spéciale qui supportera le plan du site est un élément très utile à l'internaute. Il lui permettra, grâce à une recherche sur cette page (et si le plan est suffisamment complet et représentatif du contenu), d'identifier rapidement l'endroit où se situe les informations qu'il recherche. Les imprimeurs, dans leur ensemble, ne semblent pas partager cet avis puisque nous n'avons rencontrés que deux plans de site sur les 150 sites que nous avons visités.
  

2 - 3 - Les pages de liens

Un autre élément clé de la navigation sur Internet est la liste de liens vers d'autres sites. En effet, lorsque vous recherchez des informations sur un sujet et que vous arrivez, souvent par hasard, sur des rubriques de liens structurés mises à disposition, soit par des experts d'un domaine ou par des particuliers passionnées par un sujet. C'est alors une vrai chance ! Cela vous permet de gagner un temps appréciable et vous vous empressez d'enregister un favori ou signet de cette page au contenu si riche. Voilà donc une manière toute simple de fidéliser ses visiteurs (qui sont peut être des éventuels futurs clients) et de générer du trafic sur son site, ce qui est en définitive un des objectifs prioritaires des sites Web. Malheureusement, le milieu industries graphiques français n'est que très peu sensible à ce point de vue. En effet, les pages de liens ne sont présentes que sur 4 % des sites étudiés. Et, c'est vraiment très peu !
 

B - Le contenu éditorial des sites Web

Après avoir étudier les points techniques liés au développement des sites Web, il s'agit maintenant de se pencher sur le contenu éditorial. En effet, la première fonction d'un site sera d'offrir des informations intéressantes aux internautes. C'est pourquoi il est très important de construire des pages ayant un réel contenu.

1 - Présentation de l'entreprise

1 - 1 - Le contact avec l'entreprise

On constate une nette amélioration par rapport à 1997, où 50 % des sites avaient omis de mentionner une adresse postale et un courrier électronique. Il reste cependant 9 % des sites qui n'indiquent pas leur adresse postale et leur téléphone et 13 % des sites, ont omis de préciser leur adresse de courrier électronique. Un sérieux effort est donc à effectuer dans ce sens.
   Parcontre, et c'est un élément encourageant, 25 % des sites vont au-delà de la simple adresse. Ils proposent un plan géographique de la région ou de la ville pour situer l'entreprise ce qui est une très bonne initiative.
 

1 - 2 - La présentation des personnes

Après avoir proposé un contact, les sites présentent les personnes travaillant dans la société, une façon d'être moins anonyme. 21 % des sites analysés s'attachent à présenter leurs employés en précisant leurs fonctions, cela apporte de la convivialité à la visite.
  

1 - 3 - Historique de l'entreprise

La présentation d'un historique de la société permet souvent à l'internaute de mieux appréhender le type de société qu'il visite. Cette information est présente sur 9 % des sites que nous avons étudiés.
  

1 - 4 - Les locaux et le matériel

La description des locaux et du matériel semble également être un élément utile à une meilleure connaissance de l'entreprise. En effet, 20  % des sites présentent leurs moyens de production.
 

2 - Présentation des produits et services

Parallèlement aux informations que nous venons d'évoquer, les activités et des services de la société sont des éléments incontournables pour les sites des Industries Graphiques et l'on constate effectivement que 83 % des sites du secteur des industries graphiques offrent une description relativement bien détaillée de leurs activités et de leurs services.

3 - Informations à caractère pédagogique

Pour diversifier le contenu des sites, outre les catégories relativement classiques que nous venons de parcourir, les entreprises ont parfois mis en place des rubriques présentant un intérêt pour l'internaute. Il s'agit de lexique ou glossaire sur les termes d'imprimerie, de photothèque relatif à l'activité particulière d'une entreprise, parfois de "white paper" (dossier) ou "tutorial" (cours) sur des sujets plus ou moins technique en lien avec les métiers, ou bien d'historique relatif à l'imprimerie en général ou à des techniques d'impressions ou encore d'informations sur l'actualité de la société ou de la profession. Cependant sur les 150 sites que nous avons visités, ce type d'information reste fort rare (un seul exemple pour chacun des cas cités).

 

C - La démarche commerciale

Une fois que le site a été construit et mis en ligne, il reste à le faire vivre. En effet, il ne suffit pas de connecter un serveur sur le Web pour assister à une envolée de son chiffre d'affaires. Bien entendu, la convergence entre des produits performants et une qualité de service procureront à la société une base solide pour son commerce, mais le site devra, en plus, proposer un plan de communication original pour séduire les internautes, les fidéliser et les mettre en confiance afin qu'ils passent d'un statut de visiteur à un statut de client. Avant d'arriver à l'acte d'achat en lui-même, il est possible d'établir des relations avec les visiteurs en leur proposant de devenir actif. Il pourra s'agir pour l'internaute de laisser ses coordonnées pour recevoir soit une information régulière soit une information sur les nouveautés de la société, ou bien de remplir des formulaires de demandes d'informations, demandes de devis.... Le suivi de ces interactions va permettre à la société d'établir des structures capables de répondre dans un avenir plus ou moins proche aux besoins du commerce en ligne ou e-commerce.

1 - Formulaires

Après avoir mis en place un site Web proposant un contenu bien ciblé et pertinent, les entreprises peuvent vouloir établir une connectivité plus étroite avec les internautes. Cependant, les sites des entreprises du secteur IG présentent en général assez peu d'interactivité.
On voit tout de même de plus en plus apparaître différents types de formulaires. Ceux relatifs aux demandes de devis sont en forte progression. On retrouve ces formulaires sur 17 % des sites que nous avons analysés. Par contre, nous n'avons pas testé la rapidité avec laquelle les entreprises répondent aux demandes qui leur parviennent. Les formulaires de demandes de renseignements sont présents sur 6 % des sites. Mais seulement 3 sites parmi ceux visités, proposaient une commande d'articles en ligne. Il s'agissait bien entendu de produits finis tels que des cartes postales, des objets sérigraphiés, cartes de visite ....

2 - Échanges de fichiers

Pour les Industries Graphiques, Internet ne représente pas seulement une plate-forme pour créer une vitrine. C'est aussi une nouvelle ressource majeure pour gérer leurs relations avec les clients et faire des affaires. Certains pensent même que d'ici à cinq ans, la majeure partie des communications entre les imprimeurs et leurs clients se fera par ce biais. La transmission des fichiers par Internet est une rubrique que l'on retrouve sur plusieurs des sites étudiés.

 

Conclusion

Malgré une présence sur le Web depuis maintenant plus de trois ans pour certaines entreprises, les industries graphiques semblent vivre actuellement leurs vrais débuts sur Internet. Le nombre de sites représentant cette profession est encore relativement faible, mais Internet n'est plus ce média mal connu que l'on a du mal à appréhender.

Au cours de son étude sur 150 sites Web des industries graphiques, le CERIG a eu l'agréable surprise de découvrir des sites très plaisants, graphiquement réussis et techniquement très performants, même si une analyse plus détaillée fait apparaître encore quelques faiblesses.

Sur le plan du contenu, les sites présentent dans l'ensemble une certaine similarité. La page d'accueil joue, relativement bien, son rôle de pivot donnant accès aux divers rubriques. Les informations générales caractéristiques de l'entreprise sont bien présentes laissant malheureusement peu de place à l'originalité. L'absence quasi générale de rubriques de liens est à notre avis également regrettable.

Sur le plan technique, les industries graphiques semblent bien dotées pour montrer leur originalité. Les dernières techniques de développement des sites sont largement utilisées. Cependant, les développeurs privilégient trop souvent la technique pure au détriment de la clarté du message à diffuser. Si bien que certaines pages au lieu d'attirer les internautes vont les rebuter soit à cause de temps de chargement excessif, soit par le déploiement de technique non standard sur le Web.

Le meilleur moyen d'attirer un maximum de personnes sur son site et de fidéliser les visiteurs est encore de développer un site plaisant facilement et rapidement accessible qui met à la disposition des internautes les informations utiles. Soyez cependant réaliste, la mise en place d'un site web ne provoquera pas immédiatement une explosion de votre chiffre d'affaires. Sur Internet, comme dans la vie courante, la réussite nécessite une bonne alliance entre produits, prix et qualité du service.

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