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          Révision : juin 1999
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Jean-Claude Sohm (CERIG / EFPG)
(04 juin 1999)
 

Le W3C a normalisé le successeur du HTML 4 sous le nom XHTML 1. C'est un langage ouvert, qui reprend toutes les balises de son prédécesseur. Que vont faire les deux grands éditeurs de navigateurs, Microsoft et Netscape, qui sont maintenant au coude à coude, tant sur le marché que sur le plan technique ?
 

Introduction

En savoir plus sur...

  • l'usage du HTML : l'exposé du Cerig
  • la normalisation du HTML par le W3C
  • Internet Explorer 5 : le site de Microsoft
  • Communicator 4.6 : le site de Netscape

Le HTML (Hyper Text Markup Language) est le langage de description de page utilisé pour coder l'information que l'on trouve sur les sites web. Si vous ne le connaissez pas, et si vous avez la curiosité de regarder à quoi ressemble une page html, utilisez la fonction "Affichage / Source" de votre navigateur pour examiner la présente page du Cerig. En plus du texte que vous pouvez lire ici, vous trouverez dans le code source du texte entre crochets <......>, que l'on appelle "balise". Par exemple, <p> désigne le début d'un paragraphe, et </p> la fin. Texte et balises sont écrits en code ASCII, et le code source peut donc être lu à l'aide de n'importe quel éditeur de texte. Les balises indiquent à votre navigateur comment il doit présenter les informations contenues dans la page web qu'il affiche.

Le HTML est un sous-ensemble du SGML (Standard Generalized Markup Language), un langage de description de page extrêmement complet, mais si lourd à manipuler qu'il est resté peu utilisé, malgré sa normalisation en 1986. C'est un chercheur du MIT (Massuchusetts Institute of Technology), Tim Berners-Lee, qui eut l'idée en 1989, alors qu'il travaillait au CERN (Centre Européen de Recherche Nucléaire), d'utiliser un langage simplifié de description de page permettant aux chercheurs du monde entier d'échanger des informations via Internet. On sait ce qu'il en est advenu : 10 ans plus tard, les chercheurs ne constituent plus qu'une toute petite fraction des usagers du web, lesquels sont devenus pour l'essentiel les entreprises et le grand public.

Avant de continuer, rappelons le sens des termes les plus utilisés :

    le HTML  est le langage de description de page web ;
  un serveur web est un serveur de fichiers qui met des pages web à la disposition des clients, les internautes ;
  pour interroger les serveurs web, les internautes utilisent un logiciel appelé navigateur, implanté sur un micro-ordinateur ;
  le protocole HTTP permet le dialogue entre les navigateurs et les serveurs web ;
  le Web (abréviation de World Wide Web, ou W3) est une utilisation particulière du réseau Internet, constituée de serveurs web et de clients utilisant un navigateur ; aujourd'hui, le web représente 80 % du trafic du réseau Internet.

 
L'évolution du HTML

Depuis sa première version en 1992, le HTML a connu de multiples perfectionnements, que la concurrence entre Microsoft et Netscape (dans le domaine du logiciel pour navigateur) a fait naître à une cadence accélérée. Le HTML est normalisé par une association appelée W3C (World Wide Web Consortium). La norme en usage est le HTML 4, que les versions 4 des deux navigateurs (Internet Explorer de Microsoft et Communicator de Netscape) respectent à peu près.

L'évolution du HTML intéresse tous les concepteurs de sites, dont le CERIG fait partie. Trois facteurs importants de cette évolution ont changé, ce qui rend les prévisions très difficiles.

   

Il y a quatre ans, la société Netscape détenait 80 % du marché des navigateurs. Elle possédait une sérieuse avance technique sur son concurrent Microsoft, et elle pouvait imposer ses solutions au marché. Chacun se rappelle, par exemple, que Javascript (langage de script côté client) a devancé VBScript, le produit de Microsoft, lequel n'est pratiquement pas utilisé dans le pages web. De même, lorsque Netscape introduisit les cadres, le concurrent Microsoft fut bien obligé de suivre, et le W3C normalisa la nouvelle technique. Enfin, Netscape boude toujours la technologie ActiveX de Microsoft, technologie que Communicator ignore superbement, et qui ne se développe guère.
   Mais aujourd'hui, la situation a fortement évolué : l'avance technique de Netscape semble avoir disparu et, sur le marché des navigateurs, Microsoft fait jeu à peu près égal avec son concurrent. L'éditeur de Redmond est-il en mesure d'imposer à son tour ses solutions au marché ?

 

Probablement pas, car le rachat de Netscape par AOL, le numéro un mondial des ISP (Internet Service Provider, prestataire de service Internet), a bouleversé une nouvelle fois la donne. Netscape se trouve maintenant dans le giron d'une entreprise qui peut tenir tête à Microsoft. Certes, deux cadres supérieurs d'AOL ont fait au procès anti-trust de Microsoft des déclarations retentissantes, affirmant que la guerre des navigateurs était terminée, et que le logiciel Communicator n'avait pesé d'aucun poids dans l'acquisition de Netscape. Mais nous pensons, comme une bonne partie de la presse, qu'il s'agit là d'une action purement tactique, sans rapport avec la réalité des faits.
   On est donc tenté de penser que les deux grands vont être obligés de s'entendre tant soit peu avant d'introduire des nouveautés dans leurs navigateurs. A moins que...

 

A moins qu'un troisième larron ne profite de la situation pour imposer ses vues. Nous pensons au W3C, qui agissait jusqu'à présent avec lenteur, et avait tendance à suivre l'événement (exemple : les cadres) -- mais il est d'usage, dans le monde professionnel, que la normalisation suive les réalisations. Aujourd'hui, le W3C semble vouloir aller plus vite que les éditeurs de logiciel.
   Le W3C parviendra-t-il à imposer ses normes ? Ce n'est pas certain : une norme n'est pas une loi, les entreprises ne sont pas obligées de les suivre et, dans le domaine du logiciel, elles ne se privent pas d'en faire à leur guise ! En dernier ressort, ce sont les éditeurs de navigateur qui auront le dernier mot : ce qu'ils n'implémenteront pas aura beau être dans la norme, personne ne pourra s'en servir sur le web. Quand aux concepteurs de sites, ils continueront comme par le passé à n'introduire dans leurs pages que du code que les deux navigateurs, dans leur version actuelle, savent interpréter.

Selon le W3C, la version suivante du HTML 4 sera le XHTML 1, c'est à dire un hybride de HTML et de XML. Cela donne un langage :

   

comportant toutes les balises du HTML 4, avec des modifications mineures, ce qui assurera la compatibilité ascendante ;

 

ouvert comme le XML : chacun pourra rajouter ses propres balises. Mais... faudra-t-il décharger un plug-in pour que le navigateur sache que faire des balises définies spécifiquement par le site que l'on consulte ? En fait, l'avenir des langages ouverts comme le XML se situe plus probablement dans le traitement des bases de données internes aux entreprises, et à leur utilisation dans le commerce électronique, que dans l'écriture des pages web.

Le HTML ne va pas disparaitre comme par enchantement...

L'avenir du XML sur le web n'est pas encore très clair.

On peut être surpris que le W3C soit si pressé de faire évoluer le HTML vers le XML. On fait beaucoup de bruit autour du XML, mais qui s'en sert effectivement aujourd'hui sur le web ? Consultez un livre consacré au XML, et allez directement au chapitre "Applications" (s'il existe !) : vous n'y trouverez pratiquement rien qui concerne Internet. Ceci dit, Microsoft a pris ses précautions : la version 5 de son navigateur, récemment publiée, supporte le XML et son complément le DOM (Document Object Model). Qu'en sera-t-il de la version 5 de Communicator, qui doit être publiée au mois de décembre prochain ?
 

Conclusion

Il est toujours très dangereux de faire des prédictions, mais je ne pense pas que l'évolution du HTML vers le XML provoque une révolution sur le web dans un avenir proche. Par contre, les concepteurs de sites doivent surveiller de près l'évolution des feuilles de style, qui devraient à l'avenir être de plus en plus utilisées.

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