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          Avril 1997

L'Impression Numérique en Héliogravure

par G. BAUDIN - E.F.P.G.


L'impression numérique a pris son envol dès 1993 pour la production d'exemplaires de format ne dépassant pas, le plus souvent, la taille A3. Certaines machines utilisent pour ce faire, des bandes de papier de faible laize pour des tirages courts (quelques centaines d'exemplaires). Mais, jusqu'à présent, aucune des technologies numériques disponibles ne s'est intéressée à l'impression sur rotative par des procédés classiques (offset ou héliogravure). La seule exception connue en hélio est la "Dicoweb Gravure" de MAN-Roland. Ce constructeur a ouvert la voie en présentant une machine expérimentale à la DRUPA de 1995, utilisant pour l'occasion un savoir-faire attesté par l'exploitation de brevets déposés antérieurement. A l'heure actuelle (avril 1997), la phase de commercialisation de la machine est encore loin d'être atteinte.


Rappelons le principe de cette nouvelle technologie :

Il s'agit de graver puis effacer automatiquement une forme imprimante déjà placée dans la machine en utilisant directement les données numériques du Pré-presse.

Premier aspect innovant : on est en présence d'un véritable système "Computer-To-Press". La forme imprimante est une feuille métallique prégravée à la profondeur d'alvéole maximale, un peu comme dans le cas de la surface d'un rouleau Anilox. Cette feuille est manchonnée sur le cylindre porte-forme, ce qui, deuxième aspect innovant, supprime l'aménagement de l'attache de plaque. Le constructeur annonce qu'une même feuille prégravée peut servir pour une vingtaine de travaux différents avec des possibilités de tirage situées entre quelques centaines et 10 à 20 000 exemplaires par tirage, ce dernier chiffre étant un maximum.


Dans un premier temps, les alvéoles (toutes identiques) sont remplies au moyen d'une cire de couleur noire à base de polymères. La gravure intervient dans la phase suivante: elle utilise un faisceau laser dont l'énergie sert à évacuer la cire en quantité modulable, un peu comme, en son temps, le système "Laser Gravure" de Crosfield (la couleur noire facilite l'absorption de la lumière cohérente). La tête de gravure est donc un système à transfert thermique.
On nous a indiqué que, sur le prototype, la gravure d'un format A3 avec des alvéoles de 30 microns prend 8 minutes.


Quand le tirage est terminé, le polymère restant sur la feuille métallique est éliminé et le processus de remplissage par la cire peut à nouveau intervenir; il est suivi d'une nouvelle gravure en vue du tirage suivant. Il semble que, au niveau du Centre de Recherches de Man-Roland à Augsburg, on s'oriente vers le remplacement de la feuille métallique par une forme imprimante céramique qui présenterait l'avantage d'être quasiment inusable; une telle innovation serait, à notre avis, très intéressante.


Le groupe d'impression Dicoweb (DIgital Change Over WEB) Gravure comporte trois cylindres (cf. figure); le procédé utilisé est donc indirect ("offset-gravure"), avec transfert de l'encre par l'intermédiaire d'un blanchet. Le cylindre "hélio" (porte-forme) est environné par une série d'éléments :

- l'unité de dépôt de la cire de polymère (1) sert au remplissage initial des alvéoles; l'excès de cire est éliminé par une racle chauffée lors d'un deuxième tour de cylindre ;

- le système d'imagerie laser (développé par Créo) "direct to-press" (4) est relié à un réseau informatique pré-presse ;

- l'ensemble encrage+racle (2) est typique de l'héliogravure, les concepteurs du système s'orientent actuellement vers l'utilisation d'encres à l'eau ;

- l'unité d'effacement (3) élimine le polymère en fin de tirage par projection d'eau chaude sous haute pression (pas de solvant non aqueux).

En cours de tirage, l'encre est transmise à un blanchet caoutchoutique dont la présence permet l'impression d'une gamme de papiers plus large que celle de l'hélio classique. Par ailleurs, on peut facilement imaginer que le groupe d'impression existant puisse être extrapolé en largeur (laizes plus élevées) et en groupe blanchet/blanchet (comme en offset) pour l'impression R°/V° en un seul passage.


Une telle accumulation de potentialités fait de ce procédé un objet de veille technologique à surveiller attentivement et montre le type de programme de recherche et développement dans lesquels sont engagés les constructeurs pour la conquête de parts de marché dans le domaine du court tirage. Nous ne manquerons pas de faire état de nos informations au fur et à mesure de leur disponibilité.

Schéma d'un groupe d'impression

Quelques références:
1) L. Emeriau : Caractère n°408, page 28, septembre 1995
2) J. Schneider : World Wide Printer n°5, page 26, 1995
3) M. Bruno : What's New in Graphic Communications n°127, page 3, mars 1997 - L'impression

Pour plus d'informations, vous pouvez nous contacter

 
 
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