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          Janvier 1997

Filière Papetière en 1996:
Evolutions ou Révolution

par Gérard COSTE -
Enseignant à l'E.F.P.G.-
Directeur des Programmes IRFIP


Article paru dans France Graphique n°119 - Déc 1996

L'industrie papetière, considérée comme indicateur de conjoncture par excellence et de niveau d'industrialisation, continue à subir ses éternels "cycles", désormais légendaires : l'euphorie succédant au marasme, le marasme à l'euphorie et ainsi de suite.

Depuis quelques années, les papetiers doivent cependant faire face à une nouvelle donne : les cycles sont de plus en plus rapprochés et surtout imprévisibles. Ceci génère un yo-yo permanent qui n'est pas sans conséquence sur les marchés de plus en plus mondialisés et sur l'ensemble de la chaîne graphique, grosse papivore.

En étant sans cesse obligées de "surfer" sur ces vagues imprévisibles, beaucoup d'entreprises y laissent une grande partie de leur énergie et surtout de leur santé.

Les années 1994 et 1995 n'ont pas échappé à cette situation et ont connu deux semestres très contrastés : expansion au premier et régression au second en 1994 ayant entraîné des résultats globaux en recul. Euphorie au premier semestre en 1995 avec forte utilisation des capacités de production, mais de nombreux arrêts de machines à papier au second, qui ont généré de sérieuses difficultés économiques malgré des résultats positifs dans l'ensemble, avec cependant des disparités par sorte et par entreprise. Les années se suivent et se ressemblent, 1996 n'apportera aucune embellie et sera une mauvaise année marquée par la faible activité du premier semestre (demande peu active dans la chaîne graphique malgré le destockage du deuxième trimestre 1995) et par des prix très faibles. Le début de l'été aurait pu ramener l'espoir grâce à une envolée de l'activité enfin retrouvée, mais ce ne sera qu'un feu de paille et de nouveau un ralentissement très net s'est installé à partir de septembre, avec un manque d'activité et des prix toujours catastrophiques pour les papetiers, entraînant une compétitivité très faible et une diminution de la valeur des taux d'utilisation des capacités de production.


· Hausse des prix ?


Qu'en sera-t-il en 1997 ? Certains papetiers annoncent des augmentations du prix de certains papiers pour le début de l'année 1997. Le prix des pâtes à papier restant relativement stable, cela devrait donner un peu d'oxygène aux producteurs, mais on ne prévoit pas d'amélioration sensible pour le taux d'utilisation des capacités de production. L'offre est actuellement supérieure à la demande avec quelques nuances en fonction des sortes. Ceci est dû au niveau exceptionnel des investissements réalisés entre 1988 et 1993. On peut donc s'attendre d'ici 1998 (hormis le sud-est asiatique) à une certaine pose, la préoccupation majeure de l'industrie papetière consistant alors à optimiser l'utilisation de l'outil de production existant pour obtenir une meilleure productivité et compétitivité compte tenu du besoin client et des contraintes environnementales. La relation entre le PIB (qui continue à augmenter, y compris dans les pays traditionnels les plus industrialisés) et la consommation de papier a été, pour la première fois ces dernières années, mise à mal. D'autres paramètres, pour expliquer la croissance, sont désormais mis en avant, tels la confiance et la psychologie des acteurs économiques. Certains observateurs déclarent même qu'à l'heure actuelle, la consommation de papier dépend de 20 % de l'activité économique générale, 40 % de la psychologie des acteurs économiques et 40 % des mouvements des stocks ; stockage et destockage à l'occasion des hausse ou baisse des prix annoncés !


· Interrogations sur le Numérique


En ce qui concerne les produits "support papier", pas de révolution en 1996, mais simplement des évolutions. Les papetiers sont très attentifs à l'évolution des marchés et au partage prévisible, mais non encore totalement défini, entre l'impression traditionnelle et l'impression numérique. Pour le papier journal, compte tenu de l'expansion du sud-est asiatique, le ratio offre/demande sera de l'ordre de 92-92 % d'ici l'an 2000, ce qui est très proche des taux maxima d'utilisation des machines à papier journal qui sont actuellement de l'ordre de 93-94 %.

Les compositions classiques n'évoluent que très peu sur le principe par rapport à l'année précédente, mais se situent selon les cas entre 100 % pâte mécanique (TMP en général) et 100 % recyclés (journaux et magazines désencrés), les compositions classiques restant aux alentours de 50 % pâte mécanique TMP et 50 % pâte recyclée désencrée.

L'évolution se situe plutôt en une augmentation du taux de charge, y compris pour les papiers à base de pâte TMP (10 à 12 % pour certains papiers avec pâte recyclée) et en une amélioration de l'état de surface (lissé) et de l'imprimabilité (amélioration de la tenue à l'arrachage) par surfaçage à l'amidon des deux faces.

Le développement et les performances des soft calandres ont également permis à certaines machines pour papier journal de s'orienter vers les journaux améliorés et les super calandrés (SC), papiers à base de pâte mécanique, chargés, non couchés et calandrés. Ces papiers pour magazines à gros tirages, programmes télé, gratuits... connaissent actuellement un fort développement et usage, compte tenu de leur prix inférieur à celui d'un L.W.C. (couché léger pour magazine) classique. En ce qui concerne l'édition, progression des couchés "mat" avec surface satinée grâce à l'amélioration et à la maîtrise des couches, ainsi que l'utilisation de calandres soft/soft.


Forte demande également des papiers pigmentés possédant un meilleur état de surface, une meilleure blancheur et surtout une meilleure opacité. Dans le domaine des papiers couchés, des efforts importants ont été faits pour analyser, mesurer et maîtriser le phénomène de moutonnage par une meilleure maîtrise du support (épair) de la composition et du comportement de la couche et surtout de son séchage et de son calandrage.


· Les Soho tirent le marché


Les évolutions les plus importantes concernent en fait les papiers bureautiques et en particulier les papiers utilisés dans les SOHO (Small Office, Home Office) : papiers électrophotographiques (laser) et jet d'encre pour ne citer que les plus importants. Si le blanc reste de rigueur, on assiste à un engouement pour l'aspect et le "toucher" et on s'oriente vers des satinés haut de gamme et une reprise de certaines gammes colorées (pastels ou intenses), grâce aux efforts des papetiers pour la décoloration des pâtes issues des fins de fabrication et qui peuvent désormais être recyclées. Des recherches importantes sont également menées pour améliorer la couche et réduire le prix de revient des papiers pour "jet d'encre" en polychromie. En attendant la clarification et le partage naturel entre impression traditionnelle et impression numérique, les papetiers "fourbissent leurs armes" et restent très attentifs pour être prêts lors de l'émergence ou du développement de toute nouvelle technologie. Le papier s'est bien adapté pendant 22 siècles, gageons qu'il continuera à s'adapter à nos besoins.

 
 
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